vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403562 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DA SILVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 août 2024, M. A B, représenté par Me Da Silva, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Cher en date du 16 août 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 5 ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Cher en date du 16 août 2024 l'assignant à résidence dans le département du Cher pour une durée de 45 jours ;
3°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros verser à son conseil en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise en violation du droit à être entendu ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il est arrivé en France à l'âge de 15 ans, travaille et vit en concubinage ;
S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur de fait et méconnait l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) car s'il a été interpellé pour délit routier il a été convoqué pour une audience en 2025, n'a pas été condamné et il ne peut être regardé comme une menace à l'ordre public ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait les articles L.612-7 et L.612-12 du CESEDA ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- dès lors qu'il n'existe aucune certitude sur son pays d'origine, le préfet du Cher ne pouvait désigner la Tunisie ;
S'agissant de l'assignation à résidence
- elle n'est pas justifiée car il présente des garanties de représentation ;
- elle porte atteinte à sa liberté d'aller et venir.
Par un mémoire enregistré le 2 septembre 2024, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lefebvre-Soppelsa pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa ;
- et les observations de Me Da Silva pour le requérant qui a conclu aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Le préfet du Cher n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, et alors que le requérant justifie avoir présenté une demande d'aide juridictionnelle le 21 août 2024, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur la compétence de la signataire des arrêtés en litige :
2. Les arrêtés attaqués en date du 16 août 2024, ont été signés par Mme C D, sous-préfète de Saint-Amand-Montrond, qui bénéficiait d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet du Cher du 13 mai 2024, publié sous la forme électronique au recueil des actes administratifs de la préfecture " pour l'ensemble du département, à l'effet de prendre toute décision nécessitée par une situation d'urgence lorsqu'elle assure le service de permanence, y compris les samedis, dimanches et jours fériés ". Par ailleurs, il ressort du tableau transmis en défense des permanences préfectorales que Mme C D assurait le service de permanence du 14 août 20 heures au 19 août 8 heures. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des arrêtés en litige doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, si aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.
4. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
5. En l'espèce, le requérant soutient que l'obligation de quitter le territoire a été prise à la suite d'une procédure irrégulière en violation du droit à être entendu et des droits de la défense et en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Toutefois, il a été entendu lors de son interpellation et de son audition par les services de police du commissariat de Bourges et a pu faire valoir tous éléments ou documents qui pouvaient avoir une influence sur le sens de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la violation des droits de la défense et de la méconnaissance du principe précité doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) : " La décision portant obligation de quitter le territoire est motivée. ".
7. En l'espèce, l'obligation de quitter le territoire attaquée vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord franco-tunisien, la convention de Schengen, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne les éléments de fait propres à la situation du requérant, notamment relatifs à sa situation familiale, sur lesquels l'auteur de cette décision a entendu se fonder. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. En se prévalant de ces stipulations, le requérant soutient qu'il est arrivé en France à l'âge de 15 ans, travaille et vit en concubinage. Toutefois, s'il justifie avoir été pris en charge par les services d'aide sociale à l'enfance du département des Yvelines du 9 août 2018 au 24 novembre 202, d'une adresse commune en avril 2024 avec une ressortissante française qui a alors déclaré l'héberger et produit un bulletin de salaire en qualité d'employé polyvalent dans la restauration rapide pour le mois de juin 2024 ainsi qu'une attestation selon laquelle il a travaillé comme manutentionnaire dans le cadre de deux missions d'intérim d'un jour chacune en juin 2023, ces quelques éléments ne suffisent pas à établir ses allégations. D'autre part, le requérant ne conteste pas les mentions de la décision en litige aux termes de laquelle il " a commis vingt-huit infractions entre 2019 et 2024 " et conserve ses parents dans son pays d'origine. Par suite, l'obligation de quitter le territoire attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale et ne méconnait pas les stipulations précitées.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
10. Aux termes de l'article L. 721-4 du CESEDA : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions citées au point précédent, indique que M. B est de nationalité tunisienne. Cet arrêté, en tant qu'il fixe le pays de destination de la mesure d'éloignement, est ainsi suffisamment motivé.
12. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant qui se borne à alléguer qu'il n'existe aucune certitude sur son pays d'origine est entré sur le territoire français sous couvert d'un passeport tunisien attestant de sa nationalité. Par suite, contrairement à ce qu'il soutient c'est sans erreur de fait que le préfet a fixé la Tunisie comme pays de renvoi.
Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français :
13. D'une part, aux termes du 1er alinéa de l'article L.612-1 du CESEDA : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Aux termes de l'article L.612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".
14. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-6 du CESEDA : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ( ". et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 621-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
15. Enfin, aux termes de l'article L. 613-2 du CESEDA : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
16. Il ressort des termes mêmes des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du CESEDA que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs, cette motivation devant attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi.
17. L'arrêté en litige s'il indique que l'intéressé ne démontre aucun signe d'intégration sur le territoire français et multiplie les infractions et actes illicites, se borne à mentionner qu'" après avoir procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de M. B, de l'ensemble des déclarations de l'intéressé et des éléments produits et en l'absence de circonstances particulières, justifie qu'il soit obligé de quitter le territoire sans délai " puis prononce en son article 2 une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. Ainsi, il ne comporte aucune motivation ni de la décision refusant un délai de départ volontaire ni de l'interdiction du territoire français. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens, il y a lieu d'annuler ces deux décisions.
Sur l'assignation à résidence :
18. Aux termes de l'article L614-17 du CESEDA : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification. " et aux termes de l'article L.614-18 du même code : " Si la décision d'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 est annulée, il est immédiatement mis fin à cette mesure et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français. ".
19. En application des dispositions précitées de l'article L614-17 du CESEDA, il résulte du point 17 que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les moyens soulevés contre l'arrêté du 16 août 2024 par lequel le préfet du Cher a assigné M. B à résidence, celui-ci est fondé à en demander l'annulation.
20. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet du Cher fixe le délai dans lequel M. B devra exécuter la décision d'obligation de quitter le territoire français dont il est l'objet dès lors que la fixation du délai de départ volontaire relève d'une obligation légale pour l'administration en vertu des textes cités au point 18.
21.Il est rappelé à M. B son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative.
Sur les frais liés au litige :
22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en mettant une somme à la charge de l'État sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : M. A B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du préfet du Cher en date du 16 août 2024 refusant à M. A B l'octroi d'un délai de départ volontaire est annulée sans que M. A B soit dispensé de son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui sera fixé par l'autorité administrative.
Article 3 : La décision du préfet du Cher en date du 16 août 2024 faisant à M. A B interdiction de retour sur le territoire français est annulée.
Article 4 : L'arrêté du préfet du Cher en date du 16 août 2024 assignant M. A B à résidence est annulé.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet du Cher et à Me Da Silva.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
Le greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet du Cher, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2403562
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026