jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL PINTAT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 5 septembre 2024, le préfet d'Eure-et-Loir demande au juge des référés du tribunal sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales de suspendre l'exécution de la délibération n° 2024-178 du 24 juin 2024 adoptée par la communauté de communes du Grand Châteaudun relative à l'acquisition des deux parcelles cadastrées section AD n° 682 et n° 683 pour une superficie totale de 5.080 m2 pour un montant de 355.600 € situées au 26, rue de Mottereau sur le territoire de la commune de Brou destinées à la construction de la future piscine communautaire.
Il soutient que la délibération est entachée d'une illégalité manifeste en raison de l'écart de prix trop important entre celui acté et celui estimé par le service des domaines dès lors que l'établissement n'est pas en mesure de justifier le prix de vente accepté qui correspond au triple de la valeur du bien estimé par le service d'évaluation domaniale de la direction départementale des finances publiques (DDFiP) et que le seul emplacement à proximité d'équipements publics ne peut justifier une telle différence et est de nature à ôter au projet tout intérêt public local.
Vu la requête n° 2403580 enregistrée le 23 août 2024 par le préfet d'Eure-et-Loir tendant à l'annulation de la délibération sus-citée du 24 juin 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2024, la communauté de communes du Grand Châteaudun, représentée par Me Pintat, conclut au rejet de la requête et à ce que mise à la charge de l'Etat une somme de 2.000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'il n'y a pas de doutes sérieux sur la légalité de la délibération dont s'agit :
- en raison de la situation des deux parcelles situées à proximité d'équipements et installations sportifs et scolaires offrant la possibilité de mutualiser les places de stationnement avec la salle des sports communale et de nature à éviter tout transport véhiculé des élèves,
- du prix d'acquisition finalement retenu et pour lequel les estimations réalisées par les services de l'Etat sont discutables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 5 décembre 2016,
- le code civil,
- le code général des collectivités territoriales,
- le code général de la propriété des personnes publiques,
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Deliancourt pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu, au cours de l'audience publique du 17 septembre 2024, :
- le rapport de M. Deliancourt, juge des référés,
- les observations Me Estene, représentant la communauté de communes du Grand Châteaudun.
Le préfet d'Eure-et-Loir n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le conseil communautaire de la communauté de communes du Grand Châteaudun a décidé l'acquisition amiable par délibération n° 2024-178 adoptée le 24 juin 2024 de la parcelle cadastrée section AD n° 682 d'une superficie de 4.705 m2 ainsi qu'une partie à hauteur de 375 m2, correspondant à une bande de 3 mètres de largeur sur 125 mètres de long, de la parcelle cadastrée section AD n° 683 auprès de la SCI La Pépinière pour un montant total de 355.600 €, ce qui représente pour cette surface totale de 5.080 m2 un montant unitaire de 70 €/m2.
2. Selon l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. () / L'appel des jugements du tribunal administratif ainsi que des décisions relatives aux demandes de suspension prévues aux alinéas précédents, rendus sur recours du représentant de l'Etat, est présenté par celui-ci. ".
3. Il appartient au juge des référés qui rejette une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision administrative au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision, d'analyser soit dans les visas de son ordonnance, soit dans les motifs de celle-ci, les moyens développés au soutien de la demande de suspension, afin, notamment, de mettre le juge de cassation en mesure d'exercer son contrôle.
4. Le préfet d'Eure-et-Loir demande au juge de référés du tribunal administratif de céans de suspendre l'exécution de cette délibération en raison de l'écart de prix qu'il estime trop important avec celui estimé par la DDFiP qui a évalué dans un avis du 15 mai 2024 ces deux parcelles à hauteur de 115.000 €, montant auquel doit s'ajouter une indemnité d'emploi pour cet emplacement réservé de 10.200 €, soit une valeur unitaire de 24,65 €/m2.
Sur les conclusions à fin de suspension des effets de la délibération communautaire du 24 juin 2024 :
5. Selon l'article L. 1111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les personnes publiques mentionnées à l'article L. 1 acquièrent à l'amiable des biens et des droits, à caractère mobilier ou immobilier./ Les acquisitions de biens et droits à caractère immobilier s'opèrent suivant les règles du droit civil. ".
6. Selon l'article L. 1311-9 du code général des collectivités territoriales, " Les projets d'opérations immobilières mentionnés à l'article L. 1311-10 doivent être précédés, avant toute entente amiable, d'une demande d'avis de l'autorité compétente de l'Etat lorsqu'ils sont poursuivis par les collectivités territoriales, leurs groupements et leurs établissements publics. () ". L'article L. 1311-10 dispose : " Ces projets d'opérations immobilières comprennent : () 2° Les acquisitions à l'amiable, par adjudication ou par exercice du droit de préemption, d'immeubles, de droits réels immobiliers, de fonds de commerce et de droits sociaux donnant vocation à l'attribution, en pleine propriété, d'immeubles ou de parties d'immeubles, d'une valeur totale égale ou supérieure à un montant fixé par l'autorité administrative compétente, ainsi que les tranches d'acquisition d'un montant inférieur, mais faisant partie d'une opération d'ensemble d'un montant égal ou supérieur () ". L'article 2 de l'arrêté du 5 décembre 2016 relatif aux opérations d'acquisitions et de prises en location immobilières poursuivies par les collectivités publiques et divers organismes précise : " Les montants prévus au 2° de l'article L. 1311-10 du code général des collectivités territoriales () sont fixés à 180 000 euros. ".
7. Il est loisible à l'autorité administrative, sous le contrôle de légalité du préfet, de procéder à l'acquisition d'un bien en retenant un prix différent de celui évalué par les services fiscaux de l'Etat. Dans ce cas de figure, le montant de l'acquisition du bien sera déterminé en fonction à la fois de sa valeur foncière et de l'intérêt public local que revêt son acquisition pour la collectivité.
8. Aucun des moyens tels que mentionnés dans les visas de la présente ordonnance n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la délibération attaquée. Par suite, les conclusions à fin de suspension de son exécution doivent être rejetées.
Sur les frais en litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.000 euros à verser à la communauté de communes du Grand Châteaudun en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La demande de suspension du préfet d'Eure-et-Loir est rejetée.
Article 2 : L'Etat versera à la communauté de communes du Grand Châteaudun une somme de 1.000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la communauté de commune du Grand Châteaudun.
Copie en sera adressée au préfet d'Eure-et-Loir.
Fait à Orléans, le 19 septembre 2024.
Le juge des référés,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026