jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | HAJJI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 2, 5 et 6 septembre 2024, M. B D, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prononcé une prolongation de son interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
M. D soutient, dans le dernier état de ses écritures, que la décision contestée :
- est entachée d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité du refus de délai de départ volontaire sur laquelle elle est fondée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;
- les observations de Me Hajji, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens tout en abandonnant le moyen tiré de l'illégalité de la décision contestée en raison de l'illégalité du refus de délai de départ volontaire sur laquelle est fondée dès lors que cette dernière est définitive ;
- et M. D qui indique être innocent et qu'il souhaiterait pouvoir se soigner avant de repartir dans son pays d'origine.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 14h11.
Considérant ce qui suit :
1. M. D est un ressortissant algérien, né le 30 juillet 1991 en République algérienne démocratique et populaire. Par arrêté du 3 septembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or a obligé l'intéressé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de trois ans. Par arrêté du 1er septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime a prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français précitée pour une durée d'une année. M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 1er septembre 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Si, dans le cadre d'une délégation générale, la charge de la preuve de l'absence ou de l'empêchement, éventuellement en cascade, de l'autorité administrative repose d'abord sur le requérant, tel n'est pas le cas dans le cas des permanences du corps préfectoral pour lesquelles, à l'instar de l'intérim, la charge de la preuve repose sur l'autorité administrative. En l'espèce, la décision attaquée a été signée le 1er septembre 2024 qui est un dimanche. Si le préfet de la Seine-Maritime a, par l'arrêté n° 24-009 du 14 février 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 76-2024-028 du surlendemain et produit en défense, donné délégation à Mme C A, sous-préfète, secrétaire générale adjointe, aux fins de signer " pour l'ensemble du département, pendant les services de permanence du corps préfectoral, dont les jours de fermeture de la préfecture : / () les décisions prises en application des livres VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le cadre de l'éloignement des étrangers en situation irrégulière ; (). ", force est de constater que le préfet de la Seine-Maritime ne justifie pas que l'auteure de la décision attaquée était de permanence le dimanche 1er septembre 2024, date de ladite décision. Un tel tableau de permanence n'étant pas disponible librement, le préfet de la Seine-Maritime ne met ainsi pas le juge en l'état de pouvoir vérifier que Mme A disposait de la compétence pour signer la décision contestée le dimanche 1er septembre 2024. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de la décision contestée doit, en l'état du dossier, être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision du 1er septembre 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a prolongé la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français décidée par l'arrêté du 3 septembre 2022 du préfet de la Côte-d'Or.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. (). ".
5. Le présent jugement, qui annule la décision du 1er septembre 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a prolongé la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français décidée par l'arrêté du 3 septembre 2022 du préfet de la Côte-d'Or prise à l'encontre de M. D, implique nécessairement que l'administration efface uniquement la prolongation d'un an annulée inscrite dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de prendre toute mesure propre à mettre fin à ce signalement de ladite prolongation.
6. Enfin, l'annulation prononcée n'implique aucune autre injonction.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 1er septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français édictée par l'arrêté du 3 septembre 2022 du préfet de la Côte-d'Or est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de la prolongation d'un an de l'interdiction de retour sur le territoire français dans le système d'information Schengen procédant de l'arrêté du 1er septembre 2024 ci-dessus annulée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Gaëtan GIRARD-RATRENAHARIMANGA
Le greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026