lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403688 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AUBRY |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête n° 2403687 et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 et 10 septembre 2024, M. B I H, assigné à résidence, représenté par Me Aubry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé son admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros hors taxes en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. H soutient que :
- la décision portant refus de séjour :
* est entachée d'un défaut d'examen approfondi ;
* est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français viole les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de Loir-et-Cher qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
II°) Par une requête n° 2403688 et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 et 10 septembre 2024, Mme E J F épouse H, assignée à résidence, représenté par Me Aubry, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a refusé son admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros hors taxes en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme H soutient que :
- la décision portant refus de séjour :
* est entachée d'un défaut d'examen approfondi ;
* est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français viole les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de Loir-et-Cher qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1, L. 776-2 et R. 776-1 à R. 776-34, L. 777-2 et R. 777-2 à R. 777-2-5 du code de justice administrative dans leur rédaction antérieure au 15 juillet 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la juridiction est susceptible de prononcer d'office une mesure d'injonction tendant à ce qu'il soit mis fin aux mesures de surveillance dont font l'objet les requérants ;
- et M. H et Mme H, non représentés.
Le préfet de Loir-et-Cher n'était ni présent ni représenté.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 14h42.
M. H a communiqué deux notes en délibéré enregistrées le 13 septembre 2024 et une note en délibéré enregistrée le 15 septembre 2024.
Mme H a communiqué deux notes en délibéré enregistrées le 13 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme H, ressortissants malgaches, nés respectivement les 23 septembre 1959 à Mahabibo-Majunga et 16 décembre 1963 à Arnbohibary-Antsirabé, tous les deux en République de Madagascar, sont entrés en France le 11 décembre 2019 munis chacun d'un passeport revêtu d'un visa Schengen de type C valable du 9 décembre 2019 au 11 janvier 2020. Par deux arrêtés du 9 juillet 2024, le préfet de Loir-et-Cher a refusé le séjour à M. et Mme H, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office. Par deux arrêtés du 26 août 2024, la même autorité les a assignés à résidence en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. et Mme H demandent au tribunal d'annuler les arrêtés du 9 juillet 2024 les concernant.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2403687 et n° 2403688 présentent à juger à titre principal de la légalité des décisions prises à l'encontre d'un couple de ressortissants étrangers et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de séjour :
3. M. et Mme H demandent l'annulation des décisions par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher leur a refusé le séjour, décisions contenues dans les mêmes arrêtés que ceux contenant les décisions portant obligation de quitter le territoire français contestées et donc notifiées au même moment. Lorsqu'un ressortissant étranger fait l'objet d'une assignation à résidence comme en l'espèce, il appartient seulement au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il a désigné de se prononcer, en application de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, applicable au contentieux des présentes décisions qui sont antérieures au 15 juillet 2024, sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et non sur les conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour dont la formation collégiale demeure saisie. Par suite, les conclusions des requêtes de M. et Mme H présentées aux fins d'annulation des décisions, figurant aux arrêtés du 9 juillet 2024, par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher leur a refusé le séjour, celles à fin d'injonction qui s'y rattachent ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme G épouse C, mère de M. H et belle-mère de Mme H, vit en France et, contrairement à ce qu'affirme le préfet de Loir-et-Cher, malgré en avoir été informé bien avant d'édicter la décision en litige, est de nationalité française et non malgache en situation irrégulière. M. et Mme H ont également en France leur fille, Mme B épouse A D, qui est également de nationalité française. Il ressort des pièces du dossier que le couple réside chez Mme G épouse C depuis son arrivée régulière sur le territoire français. Il ressort également des pièces du dossier et notamment des attestations médicales, certes postérieures aux décisions en litige mais révélant une situation préexistante et confirmant leurs dires constants, que la présence de M. et Mme H est " vitale " auprès de Mme G épouse C eu égard à la pathologie dont cette dernière souffre, consistant en une " maladie grave et handicapante avec une perte d'autonomie importante dans la vie courante ", étant noté que la fille du couple réside dans un autre département donc loin de sa grand-mère. Dans ces conditions, M. et Mme H sont fondés à soutenir que le préfet de Loir-et-Cher, qui n'a au demeurant produit aucun élément en défense, a entaché ses décisions contestées d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle des intéressés.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. et Mme H sont fondés à demander l'annulation des décisions du 9 juillet 2024 par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des autres décisions attaquées, privées de base légale, par lesquelles cette autorité a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office.
Sur les injonctions :
7. En premier lieu, aux de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles () L. 741-1 (). ". Selon l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (). ". Il appartient au juge, saisi de conclusions sur le fondement des dispositions précitées, de statuer sur ces conclusions, en tenant compte, le cas échéant après une mesure d'instruction, de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision.
8. Eu égard aux termes des articles L. 614-16 et L. 731-1 précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'annulation des obligations de quitter le territoire français implique nécessairement qu'il soit mis fin aux mesures de surveillance dont M. et Mme H font l'objet à la date du présent jugement dès lors que les arrêtés portant assignation à résidence sont fondés sur les obligations de quitter le territoire français annulées.
9. Enfin, les annulations prononcées n'impliquent aucune injonction.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de M. H tendant à l'annulation de la décision du 9 juillet 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et les conclusions accessoires dont elles sont assorties sont renvoyées en formation collégiale.
Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme F épouse H tendant à l'annulation de la décision du 9 juillet 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et les conclusions accessoires dont elles sont assorties sont renvoyées en formation collégiale.
Article 3 : Les décisions du 9 juillet 2024 par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher a obligé M. H à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office sont annulées.
Article 4 : Les décisions du 9 juillet 2024 par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher a obligé Mme F épouse H à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office sont annulées.
Article 5 : Il est mis fin aux mesures de surveillance dont fait l'objet M. H.
Article 6 : Il est mis fin aux mesures de surveillance dont fait l'objet Mme F épouse H.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B I H, à Mme E F épouse H et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Gaëtan GIRARD-RATRENAHARIMANGA
Le greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2403687
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026