vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403819 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ESNAULT-BENMOUSSA |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête n° 2403819 et des pièces enregistrées les 12 et 19 septembre 2024, M. B C, représenté par Me Esnault-Benmoussa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de réexaminer sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. C soutient que :
- les décisions litigieuses :
* méconnaissent les articles R. 425-9 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* méconnaissent les articles R. 425-11 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'état de santé de son enfant D ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
* est insuffisamment motivée ;
* est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Par une décision du 23 août 2024 du bureau d'aide juridictionnelle d'Orléans, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C.
II°) Par une requête n° 2403820 et des pièces, enregistrées les 12 et 19 septembre 2024, M. B C, représenté par Me Esnault-Benmoussa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 août 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a assigné à résidence ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ainsi que les dépens.
M. C soutient que la décision portant assignation à résidence :
* est entachée d'incompétence ;
* est insuffisamment motivée ;
* est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
* est disproportionnée ;
* est illégale en raison du défaut d'interprète lors de sa notification.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
III°) Par une requête n° 2403821 et des pièces enregistrées les 12 et 19 septembre 2024, Mme A C, représentée par Me Esnault-Benmoussa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher lui a refusé le séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de réexaminer sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme C soutient que :
- les décisions litigieuses :
* méconnaissent les articles R. 425-9 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* méconnaissent les articles R. 425-11 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'état de santé de son enfant D ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
* est insuffisamment motivée ;
* est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.
Par une décision du 23 août 2024 du bureau d'aide juridictionnelle d'Orléans, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme C.
IV°) Par une requête n° 2403822 enregistrée le 12 septembre 2024, Mme A C, représenté par Me Esnault-Benmoussa, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 août 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a assignée à résidence ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ainsi que les dépens.
Mme C soutient que la décision portant assignation à résidence :
* est entachée d'incompétence ;
* est insuffisamment motivée ;
* est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
* est disproportionnée ;
* est illégale en raison du défaut d'interprète lors de sa notification.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale (refonte) ;
- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1, L. 776-2 et R. 776-1 à R. 776-34, L. 777-2 et R. 777-2 à R. 777-2-5 du code de justice administrative dans leur rédaction antérieure au 15 juillet 2024 ainsi que sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga.
M. et Mme C et le préfet de Loir-et-Cher n'étaient ni présents ni représentés.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 10h47.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C, ressortissants tunisiens, nés respectivement les 22 octobre 1983 et 19 septembre 1987 à Bizerte (République tunisienne), entrés en France le 2 décembre 2019 munis chacun d'un passeport revêtu chacun d'un visa Schengen de court séjour de type C valables du 8 novembre 2019 au 8 janvier 2020 prorogés jusqu'au 28 février 2020, ont sollicité l'asile qui leur a été refusé par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) du 9 mars 2022 contre laquelle les conclusions en annulation ont été rejetées par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 21 septembre 2022. Suite à leur demande d'admission exceptionnelle au séjour, par deux arrêtés du 24 juin 2024, le préfet de Loir-et-Cher leur a refusé le séjour, refus assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Le 20 juin 2023, ils ont sollicité pour leur enfant D une admission au séjour au titre de son état de santé. Par deux arrêtés du 24 juin 2024, le préfet de Loir-et-Cher a refusé aux intéressés leur demande d'admission au séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée d'un an. Par arrêté du 30 août 2024, la même autorité les a assignés à résidence. M. et Mme C demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés du 24 juin 2024.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2403819, 2403820, 2403821 et 2403822 présentent à juger à titre principal de la légalité d'un refus de séjour et d'une décision d'éloignement prise à l'encontre d'un couple de ressortissants étrangers et d'une mesure d'assignation à résidence des intéressés en vue de l'exécution de cette décision d'éloignement. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle (requêtes nos 2403820 et 2403822 relatives aux assignations à résidence) :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. et Mme C, de prononcer l'admission provisoire des intéressés à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de séjour :
4. M. et Mme C demandent l'annulation des décisions par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher leur a refusé le séjour, décisions contenues dans les mêmes arrêtés que ceux contenant les décisions portant obligation de quitter le territoire français contestées et donc notifiées au même moment. Lorsqu'un ressortissant étranger fait l'objet d'une assignation à résidence, il appartient seulement au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il a désigné de se prononcer, en application de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, applicable au contentieux de la présente décision qui est antérieure au 15 juillet 2024, sur les conclusions tendant à l'annulation de cette décision d'assignation à résidence ainsi que sur celles dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination, refusant d'accorder un délai de départ volontaire et, le cas échéant, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et non sur les conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour dont la formation collégiale demeure saisie. Par suite, les conclusions des requêtes de M. et Mme C présentées aux fins d'annulation des décisions, figurant aux arrêtés du 24 juin 2024, par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher leur a refusé le séjour, celles à fin d'injonction qui s'y rattachent ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal.
Sur les conclusions à fin d'annulation des autres décisions demeurant en litige :
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français :
5. En premier lieu, le moyen tiré de l'article R. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français en l'espèce dès lors qu'il n'est pas fait état dans les requêtes de la situation d'un étranger victime de traite des êtres humains ou de proxénétisme ou engagé dans un parcours de sortie de la prostitution.
6. En deuxième lieu, les requérants ne sauraient utilement invoquer un vice de procédure tiré de l'absence de preuve de l'existence de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. En tout état de cause, le préfet de Loir-et-Cher produit l'avis du collège de médecin de l'Ofii rendu le 1er mars 2024 qui permet l'identification de chacun des médecins ayant composé le collège de médecins et qui vise la procédure prévues articles R. 425-11 à R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire en sorte que l'avis doit être considéré comme ayant été rendu selon une procédure régulière.
7. En dernier lieu, si M. et Mme C soutiennent une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de l'état de santé de leur enfant D, il est constant que l'avis cité au point précédent indique que l'état de santé de l'enfant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et que ce même état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Par ailleurs, les documents notamment médicaux présentés au dossier par les parents du jeune D indiquant que ce dernier présente un trouble du neurodéveloppement (TND) prédominant sur le langage avec des difficultés langagières expressives sévères induisant une prise en charge orthophonique hebdomadaire en libéral, qu'une aide humaine lui a été accordée par la maison départementale pour les personnes handicapées de Loir-et-Cher, et qu'un suivi multidisciplinaire est nécessaire ne remettent pas en cause l'avis émis par le collège de médecins de l'Ofii. Si le certificat médical du 22 août 2024, au demeurant postérieur aux décisions restant en litige, indique que la prise en charge multidisciplinaire précitée " n'est pas possible en Tunisie par manque de moyens et absence de personnes qualifiées ", force est de constater que le dossier ne contient aucun document attestant de cette situation en République tunisienne. Dans ces conditions, en l'état du dossier, le préfet de Loir-et-Cher ne peut être considéré comme ayant entaché chacune des décisions restant en litige d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'état de santé du jeune D. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'arrêté d'assignation à résidence :
8. Aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement () pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français. / La décision d'assignation à résidence peut être prise pour l'étranger accompagné d'un mineur. ".
9. En premier lieu, par un arrêté n° 41-2023-08-21-00023 du 21 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 41-2023-08-015 du même jour, le préfet de Loir-et-Cher a donné à M. Faustin Gaden, secrétaire général de la préfecture de Loir-et-Cher, délégation de signature aux fins de signer les arrêtés litigieux. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des arrêtés attaqués doit être écarté.
10. En deuxième lieu, il ressort des termes des arrêtés litigieux que M. et Mme C sont assignés à résidence pour une durée de 45 jours dans le département de Loir-et-Cher qu'ils ne peuvent quitter sans autorisation et qu'ils devront se présenter les lundis, mardis et vendredis, y compris les jours fériés, à la brigade de gendarmerie de Romorantin-Lanthenay. Ces arrêtés mentionnent les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et citent des éléments personnels. Dans ces conditions, les arrêtés contestés sont suffisamment motivés.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. / () Les dispositions du présent article s'appliquent sans préjudice des possibilités d'assignation à résidence () prévues au présent livre. " Aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré () ".
12. Il résulte de ces dispositions que l'obligation de quitter le territoire français ne peut faire l'objet d'une exécution d'office avant l'expiration du délai de départ volontaire ou, si aucun délai n'a été accordé, avant l'expiration du délai de recours contentieux, et, s'il est saisi, avant que le tribunal administratif n'ait statué. Ces dispositions n'ont en revanche ni pour objet, ni pour effet, d'empêcher l'assignation à résidence d'un étranger qui s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui a été accordé. Il s'ensuit que la circonstance que M. et Mme C ont formé un recours contre les arrêtés du 24 juin 2024 leur faisant obligation de quitter le territoire français est, à supposer le moyen soulevé, sans incidence sur la légalité des arrêtés du 30 août 2024 les assignant à résidence (voir par exemple CAA Versailles, 28 mai 2024, n° 23VE02086).
13. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'arrêté litigieux que M. et Mme C sont assignés à résidence pour une durée de 45 jours dans le département de Loir-et-Cher qu'ils ne peuvent quitter sans autorisation et qu'ils devront se présenter les lundis, mardis et vendredis, y compris les jours fériés, à la brigade de gendarmerie de Romorantin-Lanthenay. Si les requérants font valoir que les limites géographiques de l'assignation à résidence, l'interdiction de sortie de cet espace sans autorisation ainsi que la fréquence du pointage apparaissent disproportionnées au regard de l'objectif poursuivi précisant qu'ils prennent en charge leur cinq enfants qu'ils doivent accompagner, ils n'apportent aucun élément justifiant une difficulté quelconque dans la gestion de leurs cinq enfants alors même que la brigade de gendarmerie se trouve, selon des sites Internet publics, entre 8 à 10 minutes à pied de leur domicile. Dans ces conditions, ils ne sont pas fondés à soutenir que les mesures contestées sont disproportionnées.
14. En cinquième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative n'ont d'incidence que sur les voies et délais de recours contentieux et sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité des arrêtés contestés portant assignation à résidence en raison de l'absence de leur notification par l'intermédiaire d'un interprète ne peut qu'être écarté.
15. Enfin, il résulte de ce qui précède, des termes des arrêtés attaqués et des pièces des dossiers que le préfet de Loir-et-Cher n'a entaché les arrêtés litigieux d'aucun défaut d'examen de la situation de chacun des intéressés.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions, contenues dans les arrêtés du 24 juin 2024, par lesquelles le préfet de Loir-et-Cher les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ainsi que des arrêtés du 30 août 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher les a assignés à résidence.
D E C I D E :
Article 1er : M. et Mme C sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans les instances nos 2403820 et 2403822.
Article 2 : Les conclusions des requêtes nos 2403819 et 2403821 de M. et Mme C tendant à l'annulation des décisions du 24 juin 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour et les conclusions accessoires dont elles sont assorties sont renvoyées en formation collégiale.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requête nos 2403819, 2403820, 2403821 et 2403822 de M. et Mme C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme A C et au préfet de Loir-et-Cher.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Gaëtan GIRARD-RATRENAHARIMANGA
Le greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°s 2403819
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026