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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2403840

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2403840

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2403840
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGOUJON CÉCILE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée sous le numéro 2403840 le 13 septembre 2024, un mémoire en réplique et des pièces enregistrées le 20 septembre 2024, M. A B, assigné à résidence, représenté par Me Goujon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour pour une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire l'a assigné à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet de sa résidence de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai d'un mois suivant la décision à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans le même délai et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- les décisions en litige sont entachées d'incompétence ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français :

* est insuffisamment motivée ;

* viole le droit d'être entendu et est entachée d'un défaut d'examen réel, complet et sérieux de sa situation ;

* est entachée d'une erreur de droit ;

* viole l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;

- les décisions portant refus d'un délai de départ volontaire, fixation du pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant assignation à résidence :

* est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

* est entachée d'une erreur de fait révélant le défaut d'examen réel, complet et sérieux de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;

- et les observations de Me Goujon, représentant M. B, absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

Le préfet de la Seine-Maritime et le préfet d'Indre-et-Loire n'étaient ni présents ni représentés.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 10h47.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain, né le 20 mars 1984 à Boumaâmane (Royaume du Maroc), est entré en France le 8 octobre 2021 muni d'un passeport revêtu d'un visa Schengen de type C valable du 9 août 2021 au 8 août 2024. Par arrêté du 4 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime a obligé l'intéressé à quitter le territoire français sans délai en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée d'un an. Par arrêté du même jour, le préfet d'Indre-et-Loire l'a assigné à résidence. M. B demande au tribunal d'annuler ces arrêtés du 4 septembre 2024.

Sur les moyens communs aux différentes décisions :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 24-035 du 12 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 76-2024-119 non produit en défense, le préfet de la Seine-Maritime a donné à Mme C, agente contractuelle chargée de mission auprès de la cheffe du bureau de l'éloignement, délégation de signature aux fins de signer les décisions litigieuses portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de ces décisions attaquées doit être écarté.

3. En second lieu, par un arrêté n° 37-2024-07-08-00014 du 8 juillet 2024, régulièrement au recueil des actes administratifs n° 37-2024-07015 du lendemain, le préfet d'Indre-et-Loire a donné délégation à M. Xavier Luquet, secrétaire général de la préfecture d'Indre-et-Loire, aux fins de signer la décision litigieuse portant assignation à résidence. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cette décision attaquée doit être écarté.

Sur spécifiquement la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; ()°. ".

5. En premier lieu, le premier alinéa de de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".

6. D'une part, M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration à l'appui du moyen tiré du défaut de motivation de la décision litigieuse dès lors que la motivation des obligations de quitter le territoire français est explicitement prévue au premier alinéa de l'article L. 613-1 précité.

7. D'autre part, la décision querellée du 4 septembre 2024 du préfet de la Seine-Maritime mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement attaquées et notamment cite la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne des éléments de la situation personnelle de M. B et indique que la décision prise ne contrevient pas aux stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'autorité préfectorale n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation de l'intéressé, mais seulement ceux sur lesquels elle a fondé sa décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (). ". Aux termes de l'article 51 de la Charte : " 1. Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union (). ".

9. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ni sur chacune des décisions qui l'assortissent dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été entendu notamment le 4 septembre 2024 à 10 heures 55 par les forces de police alors qu'il était encore en placé en retenue administrative. Il résulte du procès-verbal de cette audition, signé par lui sans réserve, que l'intéressé a été entendu sur sa situation familiale, l'irrégularité de sa situation administrative et les perspectives de son éloignement. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ni qu'il ait été empêché de s'exprimer avant que ne soit pris l'arrêté litigieux. Il n'est par ailleurs ni établi, ni même allégué, que M. B aurait disposé d'autres informations pertinentes à cet égard qui auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de cette décision. Dès lors, d'une part, M. B ne saurait être regardé comme ayant été privé du droit d'être entendu qu'il tient du principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. D'autre part, pour les mêmes motifs, l'intéressé n'est pas davantage fondé à soutenir que le principe du contradictoire aurait été méconnu.

10. En troisième lieu, M. B soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif qu'il est entré régulièrement sur le territoire français, sa situation relevant ainsi du 2° du même article cité au point 8. Si une telle erreur aurait pu relever de l'erreur de droit, tel n'est pas le cas en l'espèce dès lors que la décision en litige vise l'article " L. 611-1 " et que les motifs de cette même décision portent très clairement mention de son entrée régulière sur le territoire français en sorte que la décision en litige, eu égard à ses motifs, a été prise sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté (voir par exemple CAA Toulouse, ordo, n° 24TL01031).

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. M. B fait valoir que sa vie privée et familiale se trouve en France dès lors qu'il justifie résider en France de manière ininterrompue et stable depuis le mois d'octobre 2021, soit près de trois années consécutives, qu'il a développé un cercle amical proche et s'est inséré professionnellement depuis avril 2022, qu'il justifie avoir travaillé tous les mois depuis cette date, et exercer une activité déclarée à temps complet depuis le mois de janvier 2024. Toutefois, le travail en tant que tel ne relève pas, selon une jurisprudence constante de la Cour européenne des droits de l'homme des stipulations citées au point précédent ce qui n'est pas le cas en revanche des relations sociales nées de ce travail relevant alors de la notion de vie privée. Or, à cet égard, il n'apporte aucun élément à l'appui de ses dires. Par ailleurs, il n'apporte aucun élément d'existence d'une vie familiale. À cet égard, s'il indique avoir de la famille à Rouen, il ne l'établit pas. Enfin, M. B, célibataire et sans enfant à charge, ne saurait être regardé comme dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 37 ans et où il déclare avoir au moins sa sœur et son frère. Ainsi le requérant ne justifie pas, à supposer même établie la durée de séjour qu'il invoque, avoir en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions doit être écarté.

13. En cinquième lieu, M. B présente des fiches de paie montrant une ancienneté au 5 janvier 2024 à temps plein ainsi que d'autres fiches de paie montrant une ancienneté de travail du 4 avril 2022 à décembre 2023 pour un salaire moyen inférieur à 600 euros avant impôt ainsi que le contrat à durée indéterminée y afférant. La demande d'autorisation de travail est signée du 19 septembre 2024 soit postérieurement à la décision en litige. Le dernier emploi, s'il est à temps plein, est récent et celui précédent générait un faible revenu. Dans ces conditions, ces documents ne permettent pas de considérer l'intéressé comme justifiant d'une intégration professionnelle suffisante en France. Par suite, et compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences que la décision emporte sur la situation personnelle de M. B doit être écarté.

14. En dernier lieu, il résulte d ce qui précède, des termes de l'arrêté contesté et des pièces du dossier que M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Seine-Maritime n'aurait pas procédé ç un examen réel, complet et sérieux de sa situation.

Sur spécifiquement les décisions portant refus de délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. D'une part, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). ". L'article L. 612-2 de ce code dispose que " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français (). ". Enfin, selon l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français (). ".

16. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité des décisions portant refus d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.

Sur l'arrêté d'assignation à résidence :

17. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / (). ".

18. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision portant assignation à résidence est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

19. En second lieu, Il ressort des termes de l'arrêté litigieux que M. B est assigné à résidence pour une durée de 45 jours renouvelables deux fois dans le département d'Indre-et-Loire, qu'il ne peut quitter le département sans autorisation, qu'il devra se présenter les lundis, mardis, mercredis et jeudis à 10 heures hors les jours fériés à la brigade de gendarmerie de Langeais. L'arrêté en litige mentionne également que l'intéressé se déclare né le 20 mars 1984 à Boumaâmane au Royaume du Maroc, qu'il est de nationalité marocaine, qu'il a été interpellé par les services de police de la Seine-Maritime le 4 septembre 2024 et placé en retenue administrative pour vérifications de ses droits au séjour, qu'il fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai assorti d'une interdiction de retour d'une durée d'un an du 4 septembre 2024 par le préfet de la Seine-Maritime et notifié le jour même par voie administrative, qu'il déclare être entré régulièrement en octobre 2021 sous couvert d'un visa mais s'est maintenu sur le territoire sans justifier de démarches en vue de régulariser sa situation administrative et s'y maintient dès lors de façon irrégulière, qu'il déclare être célibataire, sans enfant, sans ressources ni profession, et qu'il n'allègue pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet d'Indre-et-Loire a correctement examiné la situation de M. B qui n'est donc pas fondé à soutenir que ce même préfet a entaché sa décision portant assignation à résidence d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen réel, complet et sérieux de sa situation. Le moyen doit donc être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 4 septembre 2024, par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ainsi que l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire l'a assigné à résidence. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Seine-Maritime et au préfet d'Indre-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

Gaëtan GIRARD-RATRENAHARIMANGA

Le greffier,

Sébastien BIRCKEL

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime et au préfet d'Indre-et-Loire chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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