vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403893 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | WOLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 17 septembre 2024 et le 1er octobre 2024, la SARL TT Alimentation, représentée par la SCP d'avocats Sorel et Associés, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté n° 2024-1465 du 30 août 2024 par lequel le préfet du Cher a prononcé la fermeture administrative, pour une durée de deux mois, du magasin d'alimentation générale qu'elle exploite 70 boulevard de Juranville à Bourges ;
2°) de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SARL TT Alimentation soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en l'espèce : la fermeture contestée, eu égard à la perte de chiffre d'affaires qu'elle entraîne, est de nature à mettre son activité en péril ;
- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux : la procédure contradictoire prévue par l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas été respectée ; le signataire de l'arrêté contesté n'avait pas reçu délégation à cet effet ; l'arrêté est entaché de détournement de procédure, dès lors que le préfet s'est fondé sur le 2 de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique alors qu'il entendait lui reprocher d'avoir méconnu les dispositions de l'article L. 3342-1 de ce code ainsi que celles de l'arrêté municipal du 28 mars 2019 ; l'arrêté est entaché d'erreur de fait, dès lors qu'elle conteste avoir été à l'origine de la vente d'alcool ayant précédé l'accident évoqué ; l'arrêté est également entaché d'erreur de droit, faute pour le préfet d'établir l'existence, d'une part, d'un trouble à l'ordre public en relation avec la fréquentation de l'établissement, d'autre part, de risques de réitération ; subsidiairement, la fermeture litigieuse, eu égard à sa durée, porte une atteinte disproportionnée à la liberté du commerce et de l'industrie.
Par un mémoire enregistré le 27 septembre 2024, le préfet du Cher conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : la société requérante, qui n'a saisi le juge des référés que plus de quinze jours après la notification de l'arrêté litigieux, ne fournit pas d'éléments probants sur les pertes alléguées et ne démontre pas que sa trésorerie ne serait pas suffisante pour faire face à la période de fermeture ;
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2403892, enregistrée le 17 septembre 2024, par laquelle la SARL TT Alimentation demande l'annulation de l'arrêté du 30 août 2024 susvisé.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, en qualité de juge des référés présentés sur le fondement des dispositions des articles L. 521-1 à L. 521-4 de ce code.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 à 10h30, le juge des référés a présenté son rapport et entendu les observations :
- de Me Woloch, représentant la SARL TT Alimentation,
- et de M. A, directeur des sécurités et de la communication à la préfecture du Cher, représentant le préfet du Cher.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 11h20.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. En application de ces dispositions, la SARL TT Alimentation demande la suspension de l'exécution de l'arrêté du 30 août 2024 par lequel le préfet du Cher a prononcé la fermeture administrative, pour une durée de deux mois, du magasin d'alimentation générale qu'elle exploite 70 boulevard de Juranville à Bourges.
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce, en tenant compte notamment de l'intérêt public qui s'attache, le cas échéant, à l'exécution de la décision en litige.
4. Si l'arrêté en litige ne prive pas la SARL TT Alimentation de tout chiffre d'affaires, dès lors que cette société gère, outre le magasin d'alimentation générale dont le préfet du Cher a prononcé la fermeture, un établissement de restauration rapide sur place et à emporter, il la prive néanmoins d'une part importante de son chiffre d'affaires pendant une longue période, dont près de quatre semaines restent encore à courir à la date de la présente ordonnance. Dans ces conditions, alors même que la pérennité de l'activité ne serait pas compromise par la fermeture litigieuse et nonobstant la circonstance que la société requérante n'a saisi le juge des référés que plus de quinze jours après la notification de l'arrêté, la SARL TT Alimentation justifie d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à ses intérêts. Par ailleurs, si l'arrêté du 30 août 2024 est motivé par l'existence d'un trouble à l'ordre public, le préfet du Cher n'invoque toutefois aucune circonstance de nature à caractériser l'existence d'un intérêt public qui imposerait l'exécution immédiate de cette décision en dépit de l'atteinte portée aux intérêts de la société requérante. Par suite, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux :
5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la procédure contradictoire prévue par l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas été respectée est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.
6. Il résulte de ce qui précède que la SARL TT Alimentation est fondée à demander la suspension, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur les conclusions de la requête au fond n° 2403892, de l'arrêté n° 2024-1465 du 30 août 2024 par lequel le préfet du Cher a prononcé la fermeture administrative, pour une durée de deux mois, du magasin d'alimentation générale qu'elle exploite 70 boulevard de Juranville à Bourges.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SARL TT Alimentation sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté n° 2024-1465 du 30 août 2024 par lequel le préfet du Cher a prononcé la fermeture administrative, pour une durée de deux mois, du magasin d'alimentation générale exploité par la SARL TT Alimentation 70 boulevard de Juranville à Bourges est suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué sur les conclusions de la requête n° 2403892 tendant à l'annulation de cet arrêté.
Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL TT Alimentation et au préfet du Cher.
Fait à Orléans, le 4 octobre 2024.
Le juge des référés,
Frédéric B
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026