vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2403940 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SEGIF - d'Astorg,Frovo et Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2024, la société LaborizonCentre, représentée par Me Adrienne Ducos, avocate, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 19 septembre 2024 du préfet d'Indre-et-Loire portant réquisition de trois sites du laboratoire de biologie médicale Laborizon Centre ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Laborizon Centre soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite en l'espèce, dès lors que l'arrêté en litige est de nature à faire échec à la grève prévue notamment par les biologistes et personnels des sites du laboratoire Laborizon Centre : de Saint-Cyr/Loire, de Chinon et de Loches ;
- l'arrêté contesté porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit de grève qui présente le caractère d'une liberté fondamentale : la réquisition présente un caractère injustifié et disproportionné, dès lors qu'elle prévoit le maintien d'un service normal au lieu d'un service minimum de santé en matière d'offre minimale de biologie, ne justifie pas l'absence d'alternative tenant à la réorganisation du service et à la mobilisation des ressources disponibles dans l'ensemble du département, sachant que les centres hospitaliers universitaires de Tours et de Chinon, qui disposent de toutes les infrastructures techniques et logistiques de traitement des analyses, ne participent pas au mouvement de grève ; le laboratoire Laborizon Centre a informé les établissements de santé, dont la clinique Saint-Gatien, qu'il maintiendrait son activité pour l'ensemble des établissements de soins avec lesquels il est sous contrat, afin d'assurer la continuité du service, sans risque d'atteinte à l'ordre public ; les motifs de l'arrêté attaqué sont vagues, imprécis et non étayés par des éléments factuels et chiffrés ; l'arrêté ne précise pas les modalités de la réquisition.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, notamment son Préambule ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Aux termes de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale est assurée par le maire, toutefois : () ; 4° En cas d'urgence, lorsque l'atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publiques l'exige et que les moyens dont dispose le préfet ne permettent plus de poursuivre les objectifs pour lesquels il détient des pouvoirs de police, celui-ci peut, par arrêté motivé, pour toutes les communes du département ou plusieurs ou une seule d'entre elles, réquisitionner tout bien ou service, requérir toute personne nécessaire au fonctionnement de ce service ou à l'usage de ce bien et prescrire toute mesure utile jusqu'à ce que l'atteinte à l'ordre public ait pris fin ou que les conditions de son maintien soient assurées. L'arrêté motivé fixe la nature des prestations requises, la durée de la mesure de réquisition ainsi que les modalités de son application. Le préfet peut faire exécuter d'office les mesures prescrites par l'arrêté qu'il a édicté. /(). ".
3. Le droit de grève présente le caractère d'une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Si le préfet, dans le cadre des pouvoirs qu'il tient des dispositions du 4° de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales, peut légalement requérir les agents en grève d'un établissement de santé, même privé, dans le but d'assurer le maintien d'un effectif suffisant pour garantir la sécurité des patients et la continuité des soins, il ne peut toutefois prendre que les mesures imposées par l'urgence et proportionnées aux nécessités de l'ordre public, au nombre desquelles figurent les impératifs de santé publique.
4. Il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés du tribunal qu'en raison d'un préavis de grève déposé le 30 août 2024 par les syndicats représentatifs des laboratoires de biologie médicale appelant à un mouvement de mobilisation à compter du vendredi 20 septembre 2024 et jusqu'au lundi 23 septembre 2024, le préfet d'Indre-et-Loire a décidé, par un arrêté du 19 septembre 2024, pris en application des dispositions du 4° de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités territoriales, mentionnées au point 2, de réquisitionner, pour assurer la réalisation des examens urgents les 20 et 23 septembre 2024 aux horaires habituels d'ouverture au public de la structure, les laboratoires de biologie médicale suivants : Selas Laborizon : 1. Site de Saint-Cyr/Loire-NCT+ ; 2. Site de Loches ; 3. Site de Chinon - Selas Cerballiance Centre Val-de-Loire Tours Nungesser. La société Laborizon Centre demande, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 19 septembre 2024 du préfet d'Indre-et-Loire portant réquisition des trois sites ci-dessus du laboratoire de biologie médicale Laborizon Centre.
5. Pour justifier la réquisition décidée, le préfet d'Indre-et-Loire s'est fondé sur les circonstances que le mouvement de grève portant sur la fermeture des laboratoires aura pour conséquence la suspension des activités de réalisation des examens de biologie médicale pour les patients non hospitalisés, que les examens biologiques considérés comme urgents par le prescripteur doivent pouvoir être assurés, sans délai, pour la sécurité du patient, qu'il est contraire à la bonne organisation des soins et à l'ordre public de réorienter les patients vers les services d'urgences médicales à seule fin de se voir réaliser des examens de biologie médicale et que la réquisition ne concerne, d'une part, qu'un nombre limité de laboratoires, permettant d'assurer une desserte minimale à l'échelle du département d'Indre-et-Loire, et, d'autre part, que la réalisation des examens mentionnés comme étant urgents par le prescripteur.
6. Alors même que les centres hospitaliers universitaires de Tours et de Chinon, dotés des infrastructures techniques et logistiques de traitement des analyses, ne participent pas au mouvement de grève, et que le laboratoire Laborizon Centre justifie avoir informé deux établissements de santé, la clinique Saint-Gatien et la société Vivalto Santé qu'il maintiendrait son activité à leur bénéfice afin d'assurer la continuité du service, le préfet d'Indre-et-Loire, en prononçant la mesure de réquisition contestée qui, déterminant la nature des prestations requises, la durée de la mesure de réquisition et les modalités de son application, porte sur une durée limitée, ne vise que trois établissements de la société requérante et permet d'ailleurs une répartition géographique équilibrée des sites laboratoires disponibles durant la grève, n'a pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit de grève. Par suite, la demande de suspension présentée par la société Laborizon Centre doit être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par application des dispositions, mentionnées au point 1, de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Laborizon Centre est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Laborizon Centre.
Copie en sera adressée au préfet d'Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 20 septembre 2024.
Le juge des référés,
Benoist GUÉVEL
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026