vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404054 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ESNAULT-BENMOUSSA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Esnault-Benmoussa, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 septembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la cessation des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B soutient que la décision en litige :
* est insuffisamment motivée ;
* est entachée d'un défaut d'examen individuel ;
* est entachée d'une erreur de droit ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article 21 de la directive 2013/33/UE.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme B n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale (refonte) ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga.
Mme B et l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étaient ni présents ni représentés.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 15h57.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante syrienne, née le 21 mai 2005 à Idlib (République arabe syrienne), a enregistré sa demande d'asile le 26 juin 2024. Par une décision du 10 septembre 2024, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) a prononcé la cessation des conditions matérielles d'accueil. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision du 10 septembre 2024.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme B, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressée à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. ".
4. En premier lieu, la décision contestée vise les articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la circonstance que l'intéressée a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Ofii le 26 juin 2024 qui lui a notifié son intention de mettre totalement fin auxdites conditions matérielles au motif qu'elle a refusé une proposition d'hébergement, que la requérante disposait d'un délai de quinze jours pour faire valoir ses observations sans que l'Ofii n'en ait reçu la moindre, que ,compte tenu des faits qui lui sont reprochés et après examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale, l'Office a décidé de mettre totalement fin à ses conditions matérielles d'accueil à compter de la date de la décision en litige et qu'en conséquence elle devait quitter son logement. Dans ces conditions, la décision en litige est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, si Mme B fait valoir que l'Ofii n'aurait pas procédé au moindre examen individuel, notamment en tenant compte de la vulnérabilité de la requérante comme le prévoient les dispositions précises et inconditionnelles de l'article 20 de la directive alors qu'elle est mère d'un jeune enfant âgé à peine de quatre mois, force est de constater qu'il ressort de l'attestation sur l'honneur qu'elle a signée le 9 juillet 2024 et qu'elle a fait parvenir à l'Ofii le même jour qu'elle a refusé une deuxième proposition de logement. Il ne ressort pas de cette attestation qu'elle ait fait part à l'Ofii d'une difficulté particulière au regard des soins de l'enfant. Par conséquent, à cet égard, la directrice territoriale de l'Ofii n'a entaché sa décision d'aucun défaut d'examen individuel.
6. En dernier lieu, si Mme B fait valoir que l'Ofii n'a pas pris en compte sa situation et notamment le fait qu'elle est mère d'un enfant en bas âge, il ressort de la fiche d'évaluation de vulnérabilité, établie et signée le 26 juin 2024 sans réserve par l'intéressée, qu'elle a fait l'objet d'une telle évaluation. Par ailleurs, il ressort également de l'attestation sur l'honneur citée au point précédent que son refus d'un hébergement n'est aucunement motivé ne permettant ainsi pas à l'Office d'en connaître les raisons alors que l'entretien d'évaluation avait déjà eu lieu. Dans ces conditions, et alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le refus contesté fasse obstacle à ce que la requérante puisse avoir accès à d'autres dispositifs d'aide conformes à la directive du 26 juin 2013 susvisé, l'Ofii n'a entaché sa décision d'aucune erreur manifeste d'appréciation ni d'aucune erreur de droit.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 10 septembre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a prononcé la cessation des conditions matérielles d'accueil. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée à la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Gaëtan GIRARD-RATRENAHARIMANGA
Le greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026