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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2404145

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404145

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404145
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGREFFARD-POISSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2024, M. C A, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.

M. A soutient la décision fixant le pays de destination :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée ;

- elle viole l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;

- les observations de Me Greffard-Poisson, représentant M. A assisté de M. B, interprète assermenté en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- et M. A, assisté de M. B, interprète assermenté en langue arabe, qui indique souhaiter une deuxième chance pour partir au Royaume d'Espagne où il a sa famille et un travail.

Le préfet de la Loire-Atlantique n'était ni présent ni représenté.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 14h32.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, né le 29 janvier 1994 à Aïn Tedles (République algérienne démocratique et populaire), a été condamné le 22 avril 2020 par la cour d'appel de Toulouse à une peine d'emprisonnement de huit mois pour des faits de vol par effraction dans un local d'habitation aggravée par une autre circonstance ainsi qu'à la peine complémentaire d'interdiction définitive du territoire français et a été écroué à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas dont il est sorti libre. L'intéressé a été interpellé le 27 septembre 2024 lors d'un contrôle routier et placé le jour même en garde à vue pour des faits de pénétration non autorisée sur le territoire national après interdiction judiciaire du territoire. Pour l'exécution de cette interdiction judiciaire du territoire français, par arrêté du 30 septembre 2024 notifié le jour même, le préfet de la Loire-Atlantique a fixé le pays à destination duquel M. A pourra être éloigné d'office. Par arrêté du 28 septembre 2024 notifié le jour même, la même autorité l'a placé en rétention administrative en application de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, placement prolongé par une ordonnance du juge de la chambre des libertés du tribunal judiciaire d'Orléans du 2 octobre 2024 confirmée par une ordonnance de la cour d'appel d'Orléans du 4 suivant. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 30 septembre 2024.

2. L'alinéa premier de l'article R. 922-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " Les décisions attaquées sont produites par l'administration. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A n'a, ainsi qu'il a été précisé par son conseil à l'audience, pas produit à l'appui de sa requête l'arrêté attaqué dans son entièreté, ne produisant que la première page de ce dernier, qu'il appartenait donc au préfet de la Loire-Atlantique de produire en application des dispositions précitées de l'article R. 922-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile cité au point précédent qui, en défense, produit exactement le même document que le requérant. Dans ces conditions, en l'absence de production par l'autorité administrative de la décision attaquée dans son entièreté, et notamment la page portant la signature de l'autorité ayant édicté ledit arrêté, alors que cette obligation lui incombait, M. A est fondé à soutenir que cette décision, défendue en défense, est entachée d'incompétence et doit, par suite, être annulée.

4. L'annulation prononcée n'implique aucune injonction.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 30 septembre 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a fixé le pays à destination duquel M. A pourra être éloigné d'office est annulé.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Gaëtan GIRARD-RATRENAHARIMANGA

Le greffier,

Sébastien BIRCKEL

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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