jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404206 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | COFFIGNAL CHARLINE |
Vu la procédure suivante :
I°) Par une requête n° 2404204, enregistrée le 4 octobre 2024, M. F D, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2024 par lequel le préfet de la Vendée l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de cent euros par jour de retard, et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
M. D soutient que les décisions litigieuses :
- sont entachées d'incompétence ;
- sont insuffisamment motivées ;
- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire " en demande " et des pièces, enregistrées le 15 octobre 2024, M. F D, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet, représenté par Me Coffignal, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2024 par lequel le préfet de la Vendée l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, l'a interdit de retour pour une durée de trois ans ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2024 par lequel le préfet de la Vendée l'a placé en rétention administrative ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour jusqu'au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. D doit être considéré comme soutenant soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français :
* est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* viole l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* méconnaît l'article L. 631-1du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
* est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
* est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* est illégale pour les mêmes motifs que ceux entachant d'illégalité la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
* est illégale par la voie de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
* méconnaît l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* est entachée d'une erreur de droit, d'une violation de la loi et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* viole son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
* viole l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, un mémoire complémentaire et des pièces, enregistrés respectivement les 10, 16 et 11 octobre 2024, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.
II°) Par une requête n° 2404206, enregistrée le 5 octobre 2024, M. F D, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2024 par lequel le préfet de la Vendée a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention administrative.
M. D soutient que l'arrêté portant maintien en rétention :
- est entaché d'incompétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 9 octobre 2024, M. F D, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet, représenté par Me Legrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2024 par lequel le préfet de la Vendée a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention administrative ;
2°) d'ordonner la fin de la mesure de rétention dont il fait l'objet ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D doit être considéré comme soutenant que l'arrêté portant maintien en rétention :
- est entaché d'incompétence ratioane personae ;
- est entaché d'incompétence ratioane materiae ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des critères fixés par l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire " en demande " et des pièces, enregistrés le 15 octobre 2024, M. F D, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet, représenté par Me Coffignal, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2024 par lequel le préfet de la Vendée a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention administrative.
M. D soutient que :
- la décision portant refus d'admission au séjour au titre de l'asile :
* méconnaît l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant maintien en rétention est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des critères fixés par l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, un mémoire complémentaire et des pièces, enregistrés respectivement les 10, 16 et 11 octobre 2024, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale (refonte) ;
- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;
- les observations de Me Cattan, substituant Me Coffignal représentant M. D assisté de Mme E, interprète assermentée en langue arménienne, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens tout en abandonnant la conclusion dirigée contre le placement en rétention administrative dès lors que la juridiction administrative est incompétente pour en connaître ;
- et M. D, assisté de Mme E, interprète assermentée en langue arménienne, qui indique en langue française, souhaiter une deuxième vie.
Le préfet de la Vendée n'était ni présent ni représenté.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 15h19.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant arménien, né le 16 octobre à Erevan (République d'Arménie), est entré en France le 2 mai 2012 muni d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour où il est demeuré jusqu'en 2016. Mineur à l'époque, ses parents ont sollicité l'asile qui leur a été refusé par des décisions du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) du 24 août 2012 contre lesquelles les conclusions en annulation ont été rejetées par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 8 juillet 2013. La famille a, selon ses déclarations, quitté la France en 2016 pour la République fédérale d'Allemagne puis pour son pays d'origine avant de revenir sur le territoire français le 30 mai 2019 selon leurs déclarations. Une fois en France, leur demande de réexamen a été rejeté par des décisions d'irrecevabilité de l'Office du 11 février 2020 contre lesquelles les conclusions en annulation ont été rejetées par des ordonnances de la Cour du 4 novembre 2020 notifiées le 12 suivant. L'intéressé a sollicité, le 30 septembre 2021, le réexamen de sa demande d'asile qui a été rejeté par une décision d'irrecevabilité de l'Office du 8 octobre 2024 notifiée le surlendemain. Parallèlement, il a sollicité son admission au séjour au titre du travail le 30 septembre 2021, demande rejetée par un arrêté de la même autorité du 22 mars 2022, rejet assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, décisions contre lesquelles les conclusions à fin d'annulation ont été rejetées par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 20 juin 2022. M. D a été interpellé lors d'un contrôle d'identité puis placé en garde à vue le 3 octobre 2024. Par arrêté du 3 octobre 2024, le préfet de la Vendée a obligé l'intéressé à quitter le territoire français sans délai en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de trois ans. Par arrêté du même jour, la même autorité l'a placé en rétention administrative, placement prolongé par une ordonnance du juge de la chambre des libertés du tribunal judiciaire d'Orléans du 7 octobre 2024 confirmée par une ordonnance de la cour d'appel d'Orléans du surlendemain. Alors qu'il était en rétention administrative, M. D a sollicité l'asile. Par arrêté du 4 octobre 2024, le préfet de la Vendée a refusé le séjour au titre de l'asile à M. D et l'a maintenu en rétention administrative en application de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette demande d'asile a fait l'objet d'un rejet par une décision d'irrecevabilité du directeur général de l'Ofpra du 8 octobre 2024 notifiée au et par le centre de rétention administrative d'Olivet le 11 octobre 2024. M. D demande au tribunal d'annuler ces arrêtés du 3 octobre 2024 ainsi que celui du 4 octobre 2024.
Sur le jugement unique pour les deux requêtes :
2. Il est statué sur les requêtes nos 2404204, relative à la mesure d'éloignement, et 2404206, relative au maintien en rétention, par une seule décision en application du troisième alinéa du L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration : " Si l'étranger a formé un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet et que le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné n'a pas encore statué sur ce premier recours, il statue sur les deux contestations par une seule décision. ".
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle (requête n° 2404204) :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". En concluant à ce qu'il soit mis à la charge de l'État une somme au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, le conseil du requérant doit être, au regard de la nécessaire préservation des droits du requérant dans la procédure administrative contentieuse et en l'absence de toute décision prise par un bureau d'aide juridictionnelle ou de conclusion explicite d'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle, nécessairement regardé comme demandant au juge l'admission, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle de son client. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête n° 2404204 de M. D, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux différentes décisions (requête nos 2404204) :
4. Par un arrêté n° 2024-DCL-BCI-140 du 9 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 85-2024-034 du même jour, le préfet de la Vendée a donné à M. C B, directeur de la citoyenneté et de la légalité, délégation de signature aux fins de signer les décisions litigieuses. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour sur le territoire français et refus de séjour au titre de l'asile :
5. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d'un délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français et refus de séjour au titre de l'asile qui n'ont pas pour objet ni pour effet de fixer le pays à destination duquel M. D pourra être éloigné d'office, lequel est déterminé par une décision distincte. Le moyen tiré de l'" erreur manifeste d'appréciation " tiré des risques encourus en cas de retour soulevé à l'encontre des décisions précitées est inopérant pour le même motif que précédemment exposé.
En ce qui concerne spécifiquement la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; (). ". Le premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".
7. En premier lieu, la décision querellée du 3 octobre 2024 du préfet de la Vendée mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et notamment cite la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne des éléments de la situation personnelle de M. D et indique que la décision prise ne contrevient pas aux stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'autorité préfectorale n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation de l'intéressé, mais seulement ceux sur lesquels elle a fondé sa décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté comme manquant en fait.
8. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile selon lequel " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3. " tiré de l'erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public que constituerait le comportement de M. D est inopérant à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dès lors que les dispositions concernées n'ont vocation à s'appliquer qu'au cas de l'expulsion ce qui n'est pas le cas en l'espèce.
9. En troisième lieu, si un étranger ne peut faire l'objet d'une mesure prescrivant à son égard une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui dispose que " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié', "travailleur temporaire' ou "vie privée et familiale', sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ", qui ne prévoient pas la délivrance de plein droit d'un titre de séjour aux étrangers qui en remplissent les conditions, ne saurait être utilement invoquée par l'étranger à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, si M. D soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance de l'article L. 435-1 précité, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait sollicité du préfet une admission au séjour au titre de cette disposition. Le moyen doit donc être écarté.
10. En quatrième lieu, M. D fait valoir que ses parents se trouvent en France où il est arrivé en 2012 et où il a été scolarisé. Il indique encore que s'il est reparti entre 2016 et 2019, c'est uniquement parce que, mineur, il devait suivre ses parents mais que, sans ce départ, il aurait pu prétendre à sa majorité à un titre de séjour de plein droit au motif de son entrée en France avant l'âge de treize ans. Par ailleurs, il travaille et bénéfice de plusieurs attestations en sa faveur prouvant son intégration. Enfin, il indique être en couple avec une ressortissante française potentiellement en état de grossesse selon ses indications à l'audience, atteinte d'une leucémie, qu'il aide dans la vie quotidienne et notamment pour les différents rendez-vous médicaux. Toutefois et de première part, la circonstance que s'il n'avait pas quitté la France avec ses parents il aurait pu prétendre à un titre de séjour de plein droit est sans incidence dès lors qu'il n'est pas contesté qu'il est parti en 2016 et revenu en France en 2019 sans démontrer au demeurant la date de son retour. De deuxième part, si Mme A, dont il ne fait mention que dans le cadre du présent recours, dans une attestation non datée, indique être la " copine " du requérant et que ce dernier l'aide dans le cadre de sa grave maladie, aucun document ne vient corroborer la maladie indiquée, la notification de la maison départementale pour les personnes handicapées de la Vendée étant insuffisante à cet égard, mais, surtout et principalement, aucun document n'est apporté quant à la réalité de la communauté de vie et sur l'aide que M. D lui apporterait. De troisième part, il ressort des bulletins de paie de 2022 à 2024 que le revenu procuré est inférieur au salaire minimum et uniquement sous la forme de l'intérim en sorte que qu'ils ne permettent pas de considérer l'intéressé comme justifiant d'une intégration professionnelle suffisante en France. De dernière part, il est constant que les parents de l'intéressé ont également vu leurs demandes d'asile définitivement rejetées par la CNDA et font chacun l'objet d'une mesure d'éloignement édictée en 2020 ce qui n'est d'ailleurs pas contesté. Dans ces conditions, et bien que M. D fasse manifestement des efforts d'intégration, en édictant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Vendée n'a, en l'espèce, commis aucune erreur manifeste d'appréciation des conséquences que sa décision emporte sur la situation personnelle de l'intéressé.
11. En dernier lieu, il ressort de ce qui vient d'être dit, des termes de la décision contestée et des pièces du dossier que le préfet de la Vendée n'a entaché la décision attaquée d'aucun défaut d'examen de la situation de M. D.
En ce qui concerne spécifiquement la décision portant refus de délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). ". L'article L. 612-2 de ce code dispose que " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Selon l'article L. 612-3 du même code " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (). ". Enfin, l'article L. 613-2 du même code dispose " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
13. En premier lieu, pour refuser à M. D le bénéfice d'un délai de départ volontaire, le préfet de la Vendée a estimé que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public et qu'il existait un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet. Par suite, la décision est suffisamment motivée. En outre, il ne ressort ni des termes de cet arrêté, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet de la Vendée n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
14. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition de police du 3 octobre 2024 à 9 heures 45 que M. D a déclaré ne pas vouloir quitter la France et qu'il reconnaît être entré irrégulièrement en 2019 et ne pas avoir de passeport. Il ressort également des pièces du dossier que, à la date de la décision contestée, M. D ne pouvait justifier d'une adresse stable reconnaissant dans le procès-verbal précité être logé par la préfecture ou le " 115 ". Le préfet justifie en défense la mesure d'éloignement qu'il a prise en 2022 contre laquelle les conclusions en annulations ont été rejetées tant par le tribunal administratif de Nantes que la cour administrative d'appel de Nantes. Certes, si le préfet de la Vendée ne justifie pas dans la décision attaquée quelles dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile il retient en application du 3° de l'article L. 612-2 du même code, il ressort des écritures en défense que le préfet se fonde sur celles citées au point 12 qui peuvent alors être retenues par le juge (mutatis mutandis CE, Sec., 6 février 2004, n° 240560 et CE, 4 février 2013, n° 346584) dès lors que les écritures ont été mises au contradictoire (CE, 19 mai 2021, n° 435109), ce qui est le cas en l'espèce. Dès lors, le risque de fuite pouvant être regardé comme établi au sens des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Vendée a pu légalement lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. En ne retenant pas de circonstances particulières de nature à renverser cette présomption, cette autorité n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux considérations qui précèdent sur la durée et les conditions de séjour en France, ainsi que sur la situation familiale de l'intéressé.
En ce qui concerne spécifiquement la décision fixant le pays de destination :
15. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français (). ". Le dernier alinéa de l'article L. 721-4 du même code prévoit qu'" Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées (). ".
16. En premier lieu, la décision querellée du 3 octobre 2024 du préfet de la Vendée mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et notamment vise la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la circonstance que la mesure envisagée ne contrevient pas à l'article 3 de cette convention et que l'intéressé pourra être reconduit dans le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays où il est légalement admissible à l'exception d'un État membre de l'Union européenne, de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté comme manquant en fait.
17. En deuxième lieu, si M. D, en soulevant le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation à l'encontre de la décision fixant le pays de destination a entendu soulever le même moyen que celui cité au point 10, il y a lieu, à le supposer opérant, de l'écarter pour les mêmes motifs.
18. En dernier lieu, en soulevant le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation à l'encontre de la décision fixant le pays de destination M. D peut être considéré comme ayant entendu en réalité soulever le moyen tiré de l'erreur d'appréciation (CE, 6 novembre 1987, n° 65590, A). À cet égard, il fait valoir encourir un risque en cas de retour en République d'Arménie en raison de son opposition au service militaire c'est-à-dire au regard de son insoumission ajoutant la situation de guerre actuelle ainsi que les effets de la révolution de 2018 sur la politique mise en place par les autorités arméniennes relativement au service militaire. Toutefois, alors qu'il indique dans le procès-verbal d'audition cité au point 14 être retourné dans son pays d'origine, soit la République d'Arménie, au moins un moment entre 2016 et 2019 mais en tout état de cause en 2019, il n'apporte aucun élément relativement aux procédures d'inscription militaire obligatoire à compter de l'âge de 16 ans mentionnées dans le document transmis dans les écritures du requérant. Il ne produit non plus aucun document relatif à une éventuelle procédure ouverte à son encontre. Par ailleurs, l'intéressé se borne à indiquer sans l'expliquer qu'il est réfractaire au service militaire en sorte que cette circonstance ne peut être tenu pour établie (par exemple Cour européenne des droits de l'homme, 12 octobre 2017, Req. n° 75604/11, §63). Ainsi, le seul document produit à savoir l'article intitulé Service militaire et affaires pénales militaires publié par les autorités belges le 27 juin 2024 qui demeure un document général, est insuffisant pour caractériser une crainte personnelle et actuelle pour M. D au regard du service militaire dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de la Vendée ne peut être considéré comme ayant entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des risques encourus. L'autorité administrative n'a davantage pas, à supposer le moyen soulevé, méconnu les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
19. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". L'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Enfin, selon l'article L. 613-2 de ce même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
20. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
21. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées que l'autorité compétente doit, en cas de refus de délai de départ volontaire, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf circonstances humanitaires. La motivation de la durée de l'interdiction doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi. Il incombe ainsi à l'autorité compétente de faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe la durée de sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
22. Contrairement à ce que soutient M. D, la motivation de la décision attaquée, rappelée précédemment, en sus de la citation de l'article L. 612-10 précité, atteste de la prise en compte par l'autorité préfectorale, au vu de la situation de l'intéressé, des quatre critères énoncés à l'article L. 612-10 précité. En outre, il ressort de la lecture de la décision attaquée que le préfet s'est prononcé sur chacun des quatre critères. Par ailleurs, en ne retenant pas de circonstances humanitaires justifiant qu'il ne prononce pas d'interdiction de retour à l'encontre de M. D, le préfet de la Vendée n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation eu égard aux considérations qui précèdent sur la durée et les conditions de séjour en France, ainsi que sur la situation familiale de l'intéressé. Enfin, en fixant la durée de cette interdiction de retour sur le territoire français à trois ans, cette autorité n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation eu égard à ces mêmes considérations. L'autorité préfectorale n'a davantage commis aucune erreur de droit.
23. En dernier lieu, même si le préfet de la Vendée a cité à tort dans les visas l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est constant que cet article n'a pas été appliqué au cas d'espèce mais que le préfet s'est explicitement fondé sur les dispositions de l'article L. 612-6 du même code cité au point 19. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-8 précité est inopérant.
En ce qui concerne spécifiquement la décision portant refus de la demande d'admission provisoire au séjour au titre de l'asile :
24. Aux termes de l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'enregistrement de sa demande d'asile a été effectué, l'étranger se voit remettre une attestation de demande d'asile dont les conditions de délivrance et de renouvellement sont fixées par décret en Conseil d'État. La durée de validité de l'attestation est fixée par arrêté du ministre chargé de l'asile. / La délivrance de cette attestation ne peut être refusée au motif que l'étranger est démuni des documents et visas mentionnés à l'article L. 311-1. Elle ne peut être refusée que dans les cas prévus aux c ou d du 2° de l'article L. 542-2. / Cette attestation n'est pas délivrée à l'étranger qui demande l'asile à la frontière ou en rétention. "
25. À titre liminaire, il y a lieu de noter qu'en refusant d'admettre à titre provisoire M. D au séjour au titre de l'asile, par l'arrêté contesté du 3 octobre 2024 décidant concomitamment de le maintenir en rétention administrative sur le fondement de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Vendée, qui a dûment saisi l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) de la demande d'asile de l'intéressé, doit être regardé comme ayant refusé de lui délivrer l'attestation valant autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L. 521-7 de ce code cité au point 27 infra. Par suite, l'autorité administrative n'a entaché à cet égard cette décision, à supposer le moyen soulevé, d'aucune erreur de droit.
26. Par ailleurs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant à l'encontre de la décision attaquée pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9.
En ce qui concerne la décision portant maintien en rétention administrative :
27. Aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13. ". L'article L. 754-3 du même code précise que " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. / Cette décision de maintien en rétention n'affecte ni le contrôle ni la compétence du magistrat du siège du tribunal judiciaire exercé sur le placement et le maintien en rétention en application du chapitre III du titre IV. La décision de maintien en rétention est écrite et motivée. / A défaut d'une telle décision, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7. ". L'article L. 754-4 de ce code dispose que : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif l'annulation de la décision de maintien en rétention prévue à l'article L. 754-3 dans les quarante-huit heures suivant sa notification afin de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement. / Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction, ou les magistrats honoraires inscrits sur la liste mentionnée à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, statue après la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides relative au demandeur, dans un délai qui ne peut excéder quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours, dans les conditions prévues aux articles L. 614-7 à L. 614-13. (). ". Enfin, l'article L. 754-6 du même code indique que " La demande d'asile présentée en application du présent chapitre est examinée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides selon la procédure accélérée, conformément au 3° de l'article L. 531- 24. ".
28. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-DCL-BCI-140 du 9 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 85-2024-034 du même jour, le préfet de la Vendée a donné à M. C B, directeur de la citoyenneté et de la légalité, délégation de signature aux fins de signer les décisions litigieuses. En se prononçant sur les éléments objectifs prévus à l'article L. 754-3 cités au point précédent, l'autorité administrative, c'est-à-dire le préfet, ne se prononce aucunement sur la demande d'asile mais uniquement sur la question consistant à déterminer si ladite demande d'asile a pour objet de faire échec ou non à l'exécution de la mesure d'éloignement. Ce faisant, l'autorité administrative ne porte aucune appréciation sur le fond de la demande d'asile dont il n'a d'ailleurs pas à connaître sous réserve de violer le secret de la demande d'asile, garantie fondamentale, sauf pour l'intéressé de l'en informer volontairement, en sorte que le préfet, et en l'espèce, le préfet de la Vendée avait compétence et, par voie de conséquence dans les conditions prévues par l'arrêté du 9 février 2024 précité, M. C B. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.
29. En deuxième lieu, pour prononcer le maintien en rétention administrative de M. D, le préfet de la Vendée a relevé que l'intéressé a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 3 octobre 2024, qu'il ne ressortait d'aucun élément ni d'aucune des déclarations antérieures de l'intéressé qu'il risquerait d'être persécuté en cas de retour dans son pays d'origine, qu'il est entré en France avec ses parents, une première fois le 2 mai 2012 à l'âge de 10 ans et que ses parents ont effectué une demande d'asile le 25 juin 2012 rejetée par une décision du 24 août 2012 de l'Ofpra confirmée par la CNDA le 8 juillet 2013, que lors de la seconde entrée en France de la famille, il a effectué une demande de réexamen au titre de l'asile clôturée par l'Office le 16 décembre 2019, qu'il ne possède aucun document de voyage en cours de validité et a déclaré, dans son audition du 3 octobre 2024, ne pas avoir de domicile fixe et stable sur le territoire français, qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français édictée le 22 mars 2022 par le préfet de la Vendée, notifiée le 31 mars 2022, confirmée par le tribunal administratif de Nantes par un jugement du 20 juin 2022 et que, de plus, lors d'une tentative d'éloignement contraint en date du 21 juin 2022, l'intéressé a refusé de suivre les forces de l'ordre qui devaient l'acheminer à l'aéroport de Nantes pour prendre un vol vers l'Arménie, et que sa demande d'asile, faite en rétention administrative, n'a été présentée que dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. D, l'autorité administrative ne s'est pas fondée uniquement sur la circonstance que la demande d'asile avait été présentée postérieurement à son placement en rétention. Dès lors, ces faits objectifs sont de nature à établir que la demande d'asile qu'il a présentée au centre de rétention administrative l'a été dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet au sens de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet de la Vendée n'a à cet égard ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, ni insuffisamment motivé sa décision ni commis une erreur de droit.
30. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 3 octobre 2024, par lesquelles le préfet de la Vendée l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ainsi que l'arrêté du 4 octobre 2024 par lequel le préfet de la Vendée a refusé de l'admettre à titre provisoire au séjour au titre de l'asile et l'a maintenu en rétention administrative. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 (requête n° 2404204) et sur l'unique fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative (requête n° 2404206) ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. F D est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle pour la requête n° 2404204.
Article 2 : Le surplus de la requête n° 2404204 est rejeté.
Article 3 : La requête n° 2404206 de M. F D est rejetée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et au préfet de la Vendée.
Jugement lu le 17 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Gaëtan GIRARD-RATRENAHARIMANGA
Le greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N° 2404204
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026