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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2404474

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404474

lundi 4 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404474
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCP CARIOU LEVEQUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces, enregistrées les 21 et 24 octobre 2024, Mme G C, assignée à résidence, représentée par Me Cariou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et l'a interdite de retour pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher d'enregistrer, dans un délai de huit jours suivant la décision à intervenir, et sous astreinte de cent euros par jour de retard, sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail, dans l'attente de l'examen de sa demande d'admission au séjour, avec la même condition d'astreinte ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Mme C soutient que :

- les décisions contestées :

* sont entachées d'incompétence ;

* sont insuffisamment motivées ;

* sont illégales en raison de l'irrégularité de la rétention administrative dont elle a fait l'objet ;

* sont illégales en raison de l'absence de réponse à sa demande de titre de séjour et aux moyens de droit et de fait mis en avant par elle ;

* méconnaissent l'intérêt supérieur des enfants ;

* sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son état de santé ;

* méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ;

* méconnaissent les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant refus d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur d'appréciation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

* est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus d'un délai de départ volontaire ;

* méconnaît l'intérêt supérieur des enfants ;

* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2024, le préfet de Loir-et-Cher conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la juridiction est susceptible de prononcer d'office une mesure d'injonction tendant à enjoindre à l'autorité préfectorale de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de Mme C dans le système d'information Schengen.

Mme C et le préfet de Loir-et-Cher n'étaient ni présents ni représentés.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 15h03.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante albanaise, née le 8 juin 1976 à Vlore (République d'Albanie), entrée en France le 15 avril 2019 selon le relevé des informations de la base de données " TelemOfpra " produit en défense, a sollicité l'asile qui lui a été refusé par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) le 26 juillet 2019 contre laquelle les conclusions en annulation ont été rejetées par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 22 novembre 2019 notifiée le 23 décembre 2019. La demande d'asile de son fils A a également été rejetée par une décision de l'Office de la même date et par la CNDA par une ordonnance de la même date notifiée le 24 décembre suivant. Les demandes d'asile de ses filles B, D et E ont également été rejetées par l'Office le 26 juillet 2019. Par un arrêté du 3 juillet 2020, la préfète d'Eure-et-Loir a refusé à Mme C a sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de soixante jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office. Par un jugement n° 2203306 du 23 février 2024, le tribunal administratif F a annulé la décision du 17 juin 2022 par laquelle le préfet de Loir-et-Cher a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour et a enjoint à ce même préfet d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme C, sous réserve du caractère complet du dossier de sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et de la munir, dans l'attente de l'examen de la demande, d'un récépissé dans les conditions prévues par les articles R. 431-12 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Suite à son interpellation pour des faits de vol le 18 octobre 2024, l'intéressée a été placée en retenue administrative le jour même. Par arrêté du 19 octobre 2024, le préfet de Loir-et-Cher a obligé l'intéressée à quitter le territoire français sans délai jours en application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de deux ans. Par arrêté du même jour, la même autorité l'a assignée à résidence en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Mme C demande au tribunal d'annuler ce premier arrêté du 19 octobre 2024.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme C, de prononcer l'admission provisoire de l'intéressée à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; (). ".

4. D'autre part, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention susvisée relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme C est mère de cinq enfants dont deux majeurs à savoir A, vingt-sept ans, et Anis née en octobre 2005, et trois mineures à savoir Graciela, seize ans, D née en juillet 2011 et E née en juillet 2008. Si elle déclare dans le procès-verbal d'audition de gendarmerie du 19 octobre 2024 à 11 heures qu'Aldis vit avec sa famille en France sans savoir où il se trouve, elle déclare que ses trois enfants mineures sont placées. Il ressort du jugement en assistance éducative du tribunal pour enfants F du 19 septembre 2022 concernant les enfants B, E et D, que Mme C était la seule figure parentale présente auprès des filles et apparaissait à l'époque dans un état de grande fragilité voire de détresse et que les trois filles se montraient très autonomes, soutenantes et présentes auprès de leur mère pour l'accompagner dans les démarches relevant de l'autorité parentale et les tâches du quotidien, de façon inadaptée à leur place d'enfant. Ce jugement confiait donc les trois enfants au service de l'aide sociale à l'enfance de Loiret, accordait un large droit de visite et d'hébergement à leur mère. Le jugement en assistance éducative du même tribunal rendu le 26 septembre 2023 indique qu'il ressort du rapport d'échéance du 15 septembre 2023 des difficultés cognitives pour la requérante et notamment avec ses trois filles, en difficultés personnelles compte tenu du contexte familial, mais que ces dernières maintiennent le lien avec leur mère. Ce jugement a donc décidé de continuer le placement et le droit de visite médiatisé initialement décidés. Par une ordonnance du 6 août 2024 le placement des trois enfants a été prorogé jusqu'au 30 novembre 2024. La note sociale du 21 octobre 2024, certes postérieure à la décision attaquée mais révélant une situation préexistante, indique que Mme C a maintenu le lien avec ses filles en se rendant régulièrement aux visites médiatisées ou en faisant des sorties avec sa fille ainée. Il ressort des éléments décrits ci-dessus que Mme C n'a pas été déchue de son autorité parentale qu'elle continue donc d'exercer avec le service de l'aide sociale à l'enfance de Loiret et que les liens avec ses trois filles placées dans ce service sont constants et bénéfiques pour chacune des personnes concernées même s'ils demeurent fragiles compte tenu du contexte familial particulièrement difficile tant en République d'Albanie qu'en France avec le reste de la famille, en sorte que la requérante doit être considérée comme contribuant à l'entretien et à l'éducation de ses enfants compte tenu des moyens dont elle dispose et dans le cadre des différentes décisions juridictionnelles rendues par le tribunal pour enfants F. Alors que le placement d'un enfant, même majeur, dans un service d'aide sociale à l'enfance lui interdit toute sortie du territoire sans autorisation expresse, l'éloignement de Mme C aurait donc nécessairement, contrairement à ce qu'affirme le préfet de Loir-et-Cher, pour effet de séparer chacune des trois filles placées de leur mère. Dans ces conditions, Mme C est fondée à soutenir que la décision contestée l'obligeant à quitter le territoire français porte atteinte à l'intérêt supérieur de ses trois filles garanti par les stipulations citées au point précédent du paragraphe 1 de l'article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 19 octobre 2024 par laquelle le préfet de Loir-et-Cher l'a obligée à quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation des autres décisions attaquées, privées de base légale, par lesquelles cette autorité lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et l'a interdite de retour pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ". Aux termes de l'article L. 911-3 de ce code : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles () L. 731-1 (), et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ". Il appartient au juge, saisi de conclusions sur le fondement des dispositions précitées, de statuer sur ces conclusions, en tenant compte, le cas échéant après une mesure d'instruction, de la situation de droit et de fait existant à la date de sa décision.

8. Eu égard aux motifs du présent jugement, l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français contestée implique que le préfet de Loir-et-Cher réexamine la situation de Mme C et qu'il lui délivre une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait à nouveau statué sur son cas. Il y a lieu de prescrire à cette autorité, ou à tout autre préfet territorialement compétent, d'y procéder dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement et notamment dans le cadre de l'examen de sa demande de titre de séjour qui doit être enregistrée. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. En outre, dès lors que l'intéressée ne fait valoir aucun travail à la date du présent jugement, il n'y a pas lieu d'enjoindre à ce que l'autorisation provisoire de séjour précitée, qui sera délivrée dans un délai de sept jours à compter de la notification du présent jugement, autorise spécifiquement le travail.

9. En deuxième lieu, eu égard aux termes de l'article L. 614-16 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français implique nécessairement qu'il soit mis fin aux mesures de surveillance dont Mme C fait l'objet à la date de la notification du dispositif c'est-à-dire à la date de l'audience.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. (). ".

11. Le présent jugement, qui annule l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de Mme C, implique nécessairement que l'administration efface le signalement dont elle fait l'objet dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de Loir-et-Cher de prendre toute mesure propre à mettre fin à ce signalement.

12. Enfin, l'annulation prononcée n'implique aucune autre injonction.

Sur les frais liés au litige :

13. Mme C a obtenu, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Mme C soit admise définitivement à l'aide juridictionnelle et Me Cariou, avocate de cette dernière, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement de 1 500 euros à Me Cariou. Dans l'hypothèse où Mme C ne serait pas admise à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.

D E C I D E :

Article 1er : Mme C est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté du 19 octobre 2024 par lequel le préfet de Loir-et-Cher a obligé Mme C à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office et l'a interdite de retour pour une durée de deux ans est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de Loir-et-Cher, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de réexaminer la situation de Mme C dans le délai de six mois à compter de la notification du présent jugement et notamment dans le cadre de l'examen de sa demande de titre de séjour qui doit être enregistrée, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Il est enjoint au préfet de Loir-et-Cher, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de Mme C dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour du 19 octobre 2024 ci-dessus annulée.

Article 5 : Il est mis fin aux mesures de surveillance dont fait l'objet Mme C.

Article 6 : L'État (préfet de Loir-et-Cher) versera à Me Cariou, conseil de Mme C, une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de Mme C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Cariou renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État. Dans l'hypothèse où Mme C ne serait pas admise à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme G C et au préfet de Loir-et-Cher.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

Gaëtan GIRARD-RATRENAHARIMANGA

Le greffier,

Sébastien BIRCKEL

La République mande et ordonne au préfet de Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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