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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2404488

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404488

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404488
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantVIEILLEMARINGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Vieillemaringe, demande au juge des référés :

1°) d'accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 23 septembre 2024 du préfet d'Indre-et-Loire portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination en tant qu'il porte refus de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer dans l'attente de la décision à intervenir sur le fond, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 1 500 euros au titre de ses frais de défense sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'urgence est présumée s'agissant d'un refus de titre de séjour consécutif à une autorisation provisoire de séjour et résulte, en outre, de ce que la décision attaquée fait obstacle à ce qu'il obtienne un travail propre à lui procurer les moyens d'existence ;

- l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte, en premier lieu, du défaut de motivation de la décision attaquée, en deuxième lieu, du défaut d'examen sérieux de sa situation, en troisième lieu, de l'erreur de droit tirée de ce qu'en méconnaissance de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impose, l'autorité préfectorale n'a pas apprécié la nature de ses liens avec la famille restée au pays et qu'elle s'est au contraire fondée sur ses attaches en France, en quatrième lieu, de l'erreur manifeste entachant l'appréciation portée au titre de ces dispositions, en cinquième lieu, de l'erreur manifeste entachant l'appréciation portée au titre de l'article L. 435-1 du même code et, enfin, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2404434, enregistrée le 18 octobre 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté du 23 septembre 2024.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais né le 16 septembre 2006, est entré en France

le 26 septembre 2022, selon ses déclarations, et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à seize ans révolus. Il a formé le 9 septembre 2024 auprès du préfet d'Indre-et-Loire une demande en vue de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire " en se fondant sur l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le préfet a pris, le 23 septembre 2024, un arrêté portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination dont M. A a demandé l'annulation dans l'instance n° 2404434. Dans la présente instance, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cet arrêté en tant qu'il porte refus de titre de séjour.

Les conclusions à fin d'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande d'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision en litige :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

4. Pour demander la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour litigieux, M. A soutient que l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte, en premier lieu, du défaut de motivation de la décision attaquée, en deuxième lieu, du défaut d'examen sérieux de sa situation, en troisième lieu, de l'erreur de droit tirée de ce qu'en méconnaissance de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile impose, l'autorité préfectorale n'a pas apprécié la nature de ses liens avec la famille restée au pays et qu'elle s'est au contraire fondée sur ses attaches en France, en quatrième lieu, de l'erreur manifeste entachant l'appréciation portée au titre de ces dispositions, en cinquième lieu, de l'erreur manifeste entachant l'appréciation portée au titre de l'article L. 435-1 du même code et, enfin, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Toutefois, aucun de ces moyens n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour litigieux. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et des conclusions relatives aux frais de l'instance.

ORDONNE:

Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle est accordé à titre provisoire à M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A.

Fait à Orléans, le 24 octobre 2024.

Le juge des référés,

Denis C

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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