mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404491 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2024, Mme A C épouse B D, représentée par Me Blin, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;
3°) d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 5 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
L'arrêté portant refus de titre et obligation de quitter le territoire dans son ensemble :
- est entaché d'un vice d'incompétence ;
Le refus de séjour :
- est illégal dès lors que le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- est illégal dès lors qu'elle justifie de motifs exceptionnels ;
L'interdiction de retour :
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
L'arrêté portant assignation à résidence :
- est entaché d'un vice d'incompétence ;
- doit être annulé par voie de conséquence de l'annulation du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2024, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gauthier a été entendu au cours de l'audience publique du 29 octobre 2024 à 10h00.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C épouse B D, ressortissante algérienne née le 1er juin 1982, est entrée régulièrement en France le 10 février 2016 munie d'un visa de court séjour. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 29 mai 2017 du directeur de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 26 juillet 2017. L'intéressée a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet d'Eure-et-Loir du 28 novembre 2018. Le recours contre cet arrêté a été rejeté par un jugement du tribunal administratif d'Orléans du 13 mars 2019. Mme B D a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de parent d'enfants scolarisés. Par un arrêté du 1er mars 2022, le préfet d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai. Le recours contre cet arrêté a été rejeté par un jugement n° 2200692 du tribunal administratif d'Orléans du 8 avril 2022. Mme B D a de nouveau sollicité son admission exceptionnelle au séjour en qualité de parent d'enfants scolarisés. Par sa requête elle demande au tribunal d'annuler, d'une part, l'arrêté du
2 octobre 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans et, d'autre part, l'arrêté du 2 octobre 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Mme B D a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas été statué. Il y a lieu dès lors, en application des dispositions citées au point précédent, d'admettre la requérante à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
En ce qui concerne l'arrêté portant refus de titre et obligation de quitter le territoire :
Sur le moyen commun aux différentes décisions :
4. Par un arrêté n° 72-2024 du 19 juillet 2024, le préfet d'Eure-et-Loir a donné à Mme Agnès Bonjean, secrétaire générale de la préfecture d'Eure-et-Loir, délégation de signature aux fins de signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cet arrêté doit être écarté.
Sur la légalité de l'arrêté en tant qu'il porte refus de titre :
5. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme B D.
6. En deuxième lieu, Mme B D se prévaut de sa durée de présence en France remontant à 2016 et de la présence de ses trois enfants scolarisés. Toutefois, il est constant qu'elle est entrée irrégulièrement en France afin de demander l'asile, demande qui a été définitivement rejetée par la cour nationale du droit d'asile le 12 septembre 2017, et qu'elle a fait l'objet de mesures d'éloignement auxquelles elle n'a pas déféré. Par ailleurs, la requérante n'établit pas que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer en Algérie, pays dont les époux ont tous deux la nationalité et où l'intéressée a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans. En outre, son époux fait également l'objet d'un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai. Mme B D ne démontre pas davantage que les trois enfants mineurs du couple, dont la situation dont être regardée comme étant indissociable de celle de leurs parents, ne pourraient pas poursuivre leur scolarité en Algérie. Dans ces conditions, alors que Mme B D ne justifie d'aucun motif exceptionnel, la décision portant refus de titre de séjour n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Sur la légalité de l'arrêté en tant qu'il porte interdiction de retour :
7. Mme B D se borne à reprendre son argumentation relative à sa situation personnelle et familiale à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français. Pour les mêmes motifs que ceux indiquées au point 5, et alors que l'intéressée fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, qu'elle n'a pas déféré à deux précédentes mesures d'éloignement et qu'elle ne justifie d'aucune circonstance humanitaire, la décision portant interdiction de retour n'est pas entachée d'erreur d'appréciation.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
8. En premier lieu, par un arrêté n° 72-2024 du 19 juillet 2024, le préfet d'Eure-et-Loir a donné à Mme Agnès Bonjean, secrétaire générale de la préfecture d'Eure-et-Loir, délégation de signature aux fins de signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cet arrêté doit être écarté.
9. En deuxième lieu, il résulte des points 4 à 7 du jugement que l'illégalité de l'arrêté portant refus de titre et obligation de quitter le territoire n'est pas établie. Mme B D n'est dès lors pas fondée à exciper de l'illégalité de cet arrêté à l'encontre de l'arrêté portant assignation à résidence.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme B D aux fins d'annulation, d'injonction et relatives aux frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B D est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme B D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B D et au préfet d'Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
E. GAUTHIER
Le greffier,
S. BIRCKEL
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026