mercredi 6 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404619 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL ETHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Gentilhomme, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 30 septembre 2024 par lequel le maire de la commune de Tours a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire d'exclusion de fonctions pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Tours de procéder à sa réintégration juridique et effective et de reconstituer sa carrière et ses droits sociaux dans un délai de 7 jours à compter de la date du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 € par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Tours la somme de 2.500 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
* la condition d'urgence est satisfaite dès lors que :
- M. B ne percevra aucune rémunération pendant 6 mois, qu'il n'a aucune autre source de revenus et que s'agissant des 6 derniers mois de son activité professionnelle, cette privation aura des incidences financières sur le calcul de sa pension de retraite ;
* il existe un doute sérieux sur la légalité de la sanction contestée au motif que :
- elle est entachée d'incompétence dès lors qu'elle a été signée par la première adjointe dont il n'est pas établi qu'elle serait titulaire d'une délégation précise publiée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure car il n'a pas été informé du droit de se taire en méconnaissance de l'article 9 de la DDHC et des stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la procédure est irrégulière car le rapport d'enquête administrative est entaché de partialité et de subjectivité ;
- la procédure est irrégulière pour méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense car les témoignages ne lui ont pas été communiqués ;
- la matérialité des faits reprochés n'est pas établie en l'absence de tout élément de nature à corroborer les témoignages anonymes et ainsi que le confirme l'enquête administrative ;
- les faits reprochés ne sont pas fautifs ;
- la sanction prononcée est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2024, la commune de Tours, représentée par Me Veauvy, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 2.500 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que ne soit pas prononcée l'injonction de réintégration de M. B en raison des conséquences difficilement réparables et, à titre infiniment subsidiaire, au rejet de toute demande à fin de reconstitution de carrière et de droits sociaux de l'intéressé.
Elle soutient que :
* la condition d'urgence n'est pas établie au motif que :
- la balance des intérêts fait échec à ce que cette condition soit regardée comme remplie en raison des faits à l'origine de cette sanction et de la nécessité de préserver la sécurité physique et psychique des élèves ainsi que le démontrent les faits et propos relatés dans le rapport d'enquête administrative, comme celle des enseignants ;
- il existe un risque de représailles en cas de réintégration de l'intéressé ;
- le préjudice invoqué par le requérant est limité car il a effectué une demande de départ à la retraite à compter du 1er janvier 2025, la privation de rémunération sera donc limitée à trois mois, et l'impact financier sur le calcul de ses droits à la retraite limité à moins de 3 % comme en témoignent les simulations effectuées ;
* il n'y a pas de doutes sérieux car :
- le signataire de l'acte disposait d'une délégation de signature régulière et publiée ;
- le moyen titré du manquement à l'obligation de mention du droit de se taire manque en fait puisqu'il en a été informé lors de la procédure disciplinaire dans le courrier du 3 juillet 2024 portant convocation devant le conseil de discipline ;
- les conditions de régularité d'une enquête administrative sont sans incidence ;
- le principe du contradictoire comme les droits de la défense n'ont pas été méconnus dès lors que tous les éléments lui ont été communiqués ;
- la matérialité de tous les faits reprochés est établie ;
- la sanction infligée est proportionnée au regard de ces faits.
Vu
- la requête n° 2404618 enregistrée le 28 octobre 2024 tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 septembre 2024 du maire de la commune de Tours prononçant une exclusion temporaire pour une durée de 6 mois des fonctions d'enseignement artistique ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;
- la décision du Conseil constitutionnel 2024-1105 QPC du 4 octobre 2024 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n° 91-857 du 2 septembre 1991 ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné par arrêté du 1er septembre 2024 M. Deliancourt, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 5 novembre 2024 à
16 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Martin, greffière d'audience :
- le rapport de M. Deliancourt, juge des référés ;
- les observations de Me Gentilhomme, représentant M. B.
- les observations de Me Veauvy, représentant la commune de Tours.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 17 h 50.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est professeur territorial d'enseignement artistique en spécialité Danse au sein du conservatoire à rayonnement régional Francis Poulenc à Tours où il exerce. A la suite d'un signalement le 9 avril 2024 de la part d'une professeure de danse relatant les propos que lui avait tenus une de ses élèves mineure à la fin de son cours le lundi 8 avril 2024 à 18 h, ce professeur de danse a été suspendu à titre conservatoire par décision du 10 avril 2024, cette mesure ayant été maintenue par arrêté du 26 juillet 2024 à compter du 10 août 2024. La commune de Tours a procédé à un signalement au procureur de la République le 9 avril 2024 et une enquête administrative a débuté le 19 avril 2024 et le rapport remis le 19 juin 2024. Le conseil de discipline a rendu son avis le 10 septembre 2024. Par arrêté du 30 septembre 2024, le maire de la commune de Tours a infligé à M. B une sanction d'exclusion temporaire de six mois à compter du 1er octobre 2024 motivée par les atteintes répétées à la sécurité physique et affective de certains de ses élèves constituant des manquements aux obligations de moralité et aux règles de sécurité ayant porté atteinte à l'image et à la réputation du service public ainsi qu'au lien de confiance avec les enfants, leurs parents et les enseignants. Lui sont reprochés des faits d'humiliation et d'insultes envers les élèves constitutifs de harcèlement moral, des gestes inappropriés à leur encontre, des plaisanteries et sous-entendus et allusions à caractère sexuel auprès et en présence d'élèves, des propos sexistes, violents et déplacés constitutifs d'atteinte à la sécurité physique et affective des élèves, un comportement violent, un départ du cours avant l'horaire de fin prévu en laissant les élèves mineurs sans surveillance, le non-respect du règlement intérieur pour avoir fumé, ainsi qu'un comportement agressif et dénigrants auprès de certains collègues.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Selon l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ".
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu notamment des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Pour justifier de l'urgence à suspendre les effets de la décision attaquée à compter du 1er octobre 2024, M. B se prévaut de l'absence de rémunération pendant la période d'exclusion de fonctions de six mois et des effets de celle-ci sur le calcul de ses droits à pension. D'une part, il ne justifie toutefois pas concrètement que la seule privation de son traitement pendant une période effective et limitée à trois mois, compte tenu de sa demande d'admission à la retraite au 1er janvier 2025, serait de nature à créer une situation d'urgence. Celle-ci ne saurait davantage résulter de la baisse, relative et limitée, de ses droits à pension jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, ni de l'atteinte alléguée à sa réputation. D'autre part, eu égard à la nature et à la gravité des faits reprochés à l'égard de mineurs, parents et enseignants, de l'atteinte portée au lien de confiance ainsi qu'au risque d'atteinte à la réputation du service public, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être considérée comme remplie. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, que les conclusions de M. B tendant à la suspension de son exécution doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative précité.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Tours, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par ladite commune sur le fondement de ces mêmes dispositions doivent, dans les circonstances de l'espèce, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Tours au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Tours.
Fait à Orléans, le 6 novembre 2024.
Le juge des référés,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026