jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | EWANE MOTTO |
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 novembre 2024 et le 24 décembre 2024 sous le numéro 2404845, M. F A, représenté par Me Ewane Motto, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire de statuer à nouveau sur sa demande dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir et de le munir dans ce délai d'une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
* s'agissant du refus de séjour :
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
* s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- sa présence sur le territoire français ne constitue pas une menace à l'ordre public.
Par un mémoire enregistré le 23 décembre 2024, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II- Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 décembre 2024 et le 23 décembre 2024 sous le numéro 2405480, M. F A, représenté par Me Ewane Motto, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2024 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir l'assigné à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen de sa situation ;
- l'arrêté porte une atteinte grave et immédiate à sa liberté d'aller et venir et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire enregistré le 23 décembre 2024, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale sur les droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions visées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
- le rapport de M. C, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né en 1985, est entré irrégulièrement en France en 2017, selon ses déclarations. Il a sollicité le 1er mars 2023 la délivrance d'un titre de séjour mention salarié sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté litigieux du 1er octobre 2024, le préfet d'Eure-et-Loir a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par un arrêté du 6 décembre 2024, le préfet d'Eure-et-Loir a assigné le requérant à résidence dans le département d'Eure-et-Loir pour une durée de quarante-cinq jours.
2. Les requêtes présentées par M. A sont relatives à la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre afin de statuer par le même jugement.
En ce qui concerne l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande d'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
En ce qui concerne l'arrêté du 1er octobre 2024 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français :
4. L'arrêté litigieux comporte les motifs de droit et de fait, liés à la situation personnelle du requérant, fondant le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. Il est suffisamment motivé.
5. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
6. L'arrêté litigieux mentionne qu'à l'appui de sa demande de première délivrance d'un titre de séjour mention salarié, le requérant, sans se prévaloir de sa qualité de parent d'enfant français, a fourni une carte nationale d'identité au nom de sa fille B A E née le 25 mai 2024 au Chesnay-Rocquencourt. Au cours de la présente instance, M. A produit des relevés de son compte courant postal au titre des mois de mai à octobre 2024, établissant le versement d'une somme mensuelle de 200 ou 300 euros sur le compte courant de la mère de son enfant, ainsi qu'une attestation sur l'honneur de Mme D. Il ressort cependant des pièces du dossier que le requérant, qui au demeurant ne réside pas avec son enfant et sa mère, ne produit aucun élément attestant la réalité des liens qu'il entretient avec cet enfant et par suite, qu'il contribue effectivement à son éducation depuis sa naissance. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, le moyen tiré de ce que le préfet d'Eure-et-Loir a méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Il en va de même du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant, dès lors que l'existence de liens entre le requérant et son enfant n'est pas établie par les pièces du dossier.
7. Le requérant ne se prévaut d'aucune vie commune avec la mère de son enfant. S'il soutient demeurer en France depuis 2017, il ne produit que des attestations de la mère de son enfant et de son frère, au domicile duquel il réside à Auneau et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait dépourvu de toute attache dans son pays d'origine. Le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.
8. Il ressort des pièces du dossier que par l'arrêté litigieux, le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de délivrer un titre de séjour portant autorisation de travailler au requérant. Si ce dernier soutient être titulaire d'un contrat à durée indéterminée, l'arrêté litigieux mentionne que le service de la main d'œuvre étrangère a émis un avis défavorable à la demande d'autorisation de travail présentée pour un emploi de valet de chambre. Pour les motifs exposés aux points précédents et compte tenu des conditions du séjour de M. A sur le territoire français, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Eure-et-Loir a entaché l'arrêté litigieux d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur la situation personnelle du requérant.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne peut bénéficier d'un titre de séjour et se maintient irrégulièrement sur le territoire français. Sa situation relève du champ du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, visé par l'arrêté litigieux, alors même que sa présence sur en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'arrêté du 6 décembre 2024 assignant le requérant à résidence :
10. L'arrêté litigieux vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment son article L. 731-1, précise que le requérant fait l'objet d'un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire du 1er octobre 2024 dont l'exécution demeure une perspective raisonnable et qu'il dispose d'une résidence stable à Auneau-Bleury-Saint-Symphorien. Cet arrêté est suffisamment motivé en droit et en fait et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il n'a pas été précédé d'un examen suffisant de la situation personnelle du requérant.
11. Pour les motifs exposés au point précédent, il ressort des pièces du dossier que la situation de M. A entre dans le champ de l'article L. 781-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors même que le requérant fait valoir qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public et que n'existerait aucun risque de fuite.
12. M. A n'établit pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre et n'est par suite pas fondé à demander l'annulation, par voie de conséquence, de la décision l'assignant à résidence.
13. Pour les motifs exposés aux points 6 et 7, le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux, qui n'emporte aucune séparation du requérant avec sa fille, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
14. Si M. A soutient que la décision l'assignant à résidence porte une atteinte grave à sa liberté à venir, il n'assortit cette allégation d'aucun commencement de preuve, alors qu'il déclare être hébergé par son frère dans l'Eure-et-Loir. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. A doivent être rejetées, y compris les conclusions aux fins d'injonction.
Sur les frais de l'instance :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant.
D E C I D E :
Article 1er : L'aide juridictionnelle provisoire est accordée à M. A.
Article 2 : Les conclusions des requêtes de M. A sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et au préfet d'Eure-et-Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Jean-Luc C
La greffière,
Nathalie ARCHENAULT
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2404845, 2405480
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026