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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2404954

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2404954

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2404954
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantDA SILVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 et 26 novembre 2024, M. A B, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2024 par lequel le préfet du Finistère a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.

M. B soutient, dans le dernier état de ses écritures, que la décision fixant le pays de destination :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen approfondi ;

- est entachée d'une erreur de droit tirée de la méconnaissance de l'article L. 621-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- viole son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative dans leur rédaction valable à compter du 15 juillet 2024.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga ;

- les observations de Me Da Silva, représentant M. B assisté de M. C, interprète assermenté en langue espagnole, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- et M. B assisté de M. C, interprète assermenté en langue espagnole, qui indique avoir perdu son titre de séjour espagnol, que ses parents sont installés en Espagne, qu'il n'a plus aucune attache au Maroc, qu'il a perdu son téléphone portable en sorte qu'il ne peut plus joindre ses parents et qu'il a une épouse qui l'attend en Espagne.

Le préfet du Finistère n'était ni présent ni représenté.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 10h44.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain, né le 10 août 1997 à Tadafalte (Royaume du Maroc), a été condamné le 6 janvier 2022 par le tribunal correctionnel de Bayonne à une peine d'emprisonnement de cinq mois pour des faits de tentative de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire, usage illicite de stupéfiants, et pour deux faits de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, ainsi qu'à la peine complémentaire d'interdiction du territoire français pour une durée de cinq ans, et le 4 octobre 2024 par le tribunal correctionnel de Brest à une peine d'emprisonnement de trois mois pour des faits de fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire en récidive, de tentative de pénétration non autorisée dans une zone d'accès restreint d'un port ou d'une installation portuaire après une interdiction judiciaire du territoire, ainsi qu'à la peine complémentaire d'interdiction du territoire français pour une durée de cinq ans. Il a été écroué à la maison d'arrêt de Brest dont il a été libéré le 21 novembre 2024. Pour l'exécution de cette interdiction judiciaire du territoire français, par arrêté du 20 novembre 2024 notifié le lendemain, le préfet du Finistère a fixé le pays à destination duquel M. B pourra être éloigné d'office. Par arrêté du 21 novembre 2024, la même autorité l'a placé en rétention administrative, placement prolongé par une ordonnance du juge de la chambre des libertés du tribunal judiciaire d'Orléans du 24 novembre 2024. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 20 novembre 2024.

2. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office () d'une peine d'interdiction du territoire français (). ". L'article L. 721-4 du même code prévoit que " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

3. En vertu du deuxième alinéa de l'article 131-30 du code pénal, l'interdiction du territoire français prononcée, comme en l'espèce, contre un étranger coupable d'un crime ou d'un délit " entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou sa réclusion ". Aussi longtemps que la personne condamnée n'a pas obtenu de la juridiction qui a prononcé la condamnation pénale le relèvement de cette peine complémentaire, l'autorité administrative est tenue de pourvoir à son exécution. Et l'obligation pour l'intéressé de quitter le territoire français résulte nécessairement, dans ce cas, de la décision du juge pénal et non de la décision distincte du préfet qui fixe le pays de renvoi.

4. En premier lieu, par un arrêté n° 29-2024-09-02-00004 du 2 septembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 29-2024-119 du même jour, le préfet du Finistère a donné à M. François Drapé, secrétaire général de la préfecture du Finistère, délégation de signature aux fins de signer la décision litigieuse. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision du 20 novembre 2024 du préfet du Finistère mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et notamment vise la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la circonstance que la mesure envisagée ne contrevient pas à l'article 3 de cette convention, que l'intéressé fait l'objet d'une interdiction judiciaire du territoire et que ce dernier pourra être reconduit dans le pays dont il déclare détenir la nationalité ou vers tout autre pays dans lequel il serait déclaré légalement admissible. Si le requérant soutient l'insuffisance de motivation et le défaut d'examen dès lors qu'il avait fait savoir au préfet être arrivé en France en 2024 après avoir été réadmis au Royaume d'Espagne en 2022 en provenance de France où il était arrivé plusieurs années auparavant, État où il travaille et où vivent ses parents, force est de constater que le préfet du Finistère motive sa décision notamment au regard des observations formulées par l'intéressé et de la réponse apportée le 19 novembre 2024 par le centre de coopération policière et douanière (CCPD) d'Hendaye concernant toujours l'intéressé, en sorte que le préfet a correctement motivé sa décision sur ce point en examinant la situation de l'intéressé. La décision est par ailleurs particulièrement bien motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige et du défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé doivent être écartés comme manquant en fait.

6. En troisième lieu, selon l'article L. 621-1 du même code : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre État prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre État, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7 () " et l'article L. 621-2 du même code prévoit que : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un État membre de l'Union européenne, de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet État, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet État, en vigueur au 13 janvier 2009. ". L'article L. 621-4 du même code prévoit que " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un État membre de l'Union européenne l'étranger, détenteur d'un titre de résident de longue durée - UE en cours de validité accordé par cet État, en séjour irrégulier sur le territoire français. ".

7. En application des dispositions précitées, et selon l'avis n° 371994 du 18 décembre 2013 du Conseil d'État, fiché en A, le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre État ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application de l'article L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'État membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement de ces dispositions, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1 ou sur le fondement d'une interdiction judiciaire du territoire français qui vaut mesure d'éloignement ainsi qu'il sera dit au point suivant. Toutefois, si l'étranger demande à être éloigné vers l'État membre de l'Union européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, ou s'il est résident de longue durée dans un État membre ou titulaire d'une " carte bleue européenne ' délivrée par un tel État, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet État ou de le réadmettre dans cet État.

8. Toutefois, il résulte de la lecture combinée des dispositions citées aux points 2 et 3 que la mesure d'éloignement est la conséquence nécessaire de l'interdiction du territoire français prononcée par le juge pénal à l'encontre du requérant, qui emporte de plein droit cette mesure (CE, Ordo. réf., 15 octobre 2015, nos 238934,239022, A). Ainsi, l'avis contentieux rendu par le Conseil d'État et cité au point précédent s'inscrivait et s'inscrit d'ailleurs toujours dans le cadre d'une mesure d'éloignement édictée par l'autorité administrative alors qu'en l'espèce l'autorité n'a pas à fixer une mesure d'éloignement, quelle qu'en soit le fondement, puisque cette dernière résulte de l'interdiction judiciaire du territoire français elle-même. Dans ces conditions, l'autorité administrative n'a pas à déterminer le fondement de la mesure d'éloignement qui ne relève pas de la compétence de cette autorité mais uniquement à déterminer le pays à destination duquel l'étranger concerné pourra être éloigné d'office et à déterminer à cette occasion concrètement le ou les pays concernés. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 621-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant.

9. En quatrième lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il résulte de la lecture combinée des dispositions citées aux points 2 et 3 que la mesure d'éloignement est la conséquence nécessaire de l'interdiction du territoire français prononcée par le juge pénal à l'encontre du requérant, qui emporte de plein droit cette mesure. Il est constant que la décision attaquée a été prise en vue de l'exécution des jugements des 6 janvier 2022 et 4 octobre 2024 par lesquels les tribunaux correctionnels de Bayonne puis de Brest ont condamné M. B à une interdiction du territoire français pour une durée de cinq ans. Dans ces conditions, la reconduite à la frontière du requérant est la conséquence nécessaire de l'interdiction du territoire français prononcée par le juge pénal à son encontre, qui emporte de plein droit cette mesure. Il s'ensuit que le préfet du Finistère qui s'est borné à tirer les conséquences de l'interdiction prononcée par les juges judiciaires était dès lors en situation de compétence liée pour procéder à l'éloignement de M. B et pour fixer le pays de destination de cette mesure. Il s'ensuit que les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation qu'emporte la décision sur la situation personnelle de l'intéressé et de l'erreur de droit qui en résulte ne peuvent être utilement invoqués à l'encontre de cette dernière décision.

10. En dernier lieu, il ressort du procès-verbal d'audition du 15 novembre 2024 à 9 heures 30 que M. B a indiqué à plusieurs reprises vouloir repartir au Royaume d'Espagne où vivent ses parents auprès desquels il souhaite vivre, où il a des " papiers de résidence " et où il a été scolarisé et obtenu des diplômes. Il ressort du courrier du 15 novembre 2024 en réponse à la demande d'observations émanant du préfet du Finistère qu'il a indiqué qu'il aimerait " retourner en Espagne où vivent [ses] parents (à Barcelone) ". Dans ces conditions, le préfet du Finistère a saisi le centre de coopération policière et douanière (CCPD) d'Hendaye afin de déterminer si le requérant était réadmissible au Royaume d'Espagne. Il ressort du traité entre la République française et le Royaume d'Espagne relatif à la coopération transfrontalière en matière policière et douanière, signé à Blois le 7 juillet 1998, publié au Journal officiel de la République française du 26 septembre 2003 par le décret n° 2033-915 du 19 septembre 2003 que les CCPD " sont à la disposition de l'ensemble des services chargés de missions de police et de douane en vue de favoriser le bon déroulement de la coopération transfrontalière en matière policière et douanière, et notamment de lutter contre l'immigration irrégulière, la délinquance frontalière, la prévention des menaces à l'ordre public et les trafics illicites " (article 5) et que les services des États " recueillent et échangent au sein des [CCPD] des informations relatives à la coopération en matière policière et douanière " et que ces " informations sont recueillies dans le respect des dispositions nationales, communautaires et internationales pertinentes en matière de protection des données, ainsi que de celles de la convention d'application " (article 6) et que, au sein de ces CCPD, " les services compétents contribuent : / - à la préparation et à la remise d'étrangers en situation irrégulière dans les conditions prévues par l'accord franco-espagnol d'admission aux postes frontières de personnes en situation de séjour irrégulier du 8 janvier 1988 et par les articles 23, 33 et 34 de la convention d'application ; / - à l'aide à la préparation et au soutien des observations et des poursuites visées aux articles 40 et 41 de la convention d'application, menées conformément aux dispositions de cette convention et à ses textes de mise en œuvre ; / - à la coordination de mesures conjointes de surveillance dans la zone frontalière " (article 7). Il résulte de ces stipulations que les données provenant des CCPD doivent être considérées comme ayant été fournies dans le respect des prescriptions précitées. S'il s'agit certes d'une présomption réfragable, il appartient au requérant d'apporter tout élément permettant de remettre en cause ces éléments. En l'espèce, il ressort des échanges de courriel entre les services du préfet du Finistère et le CCPD d'Hendaye du 27 novembre 2024 qu'il résultait de la consultation de la partie espagnole que M. B faisait l'objet d'une mesure d'éloignement du Royaume d'Espagne. La seule circonstance, invoquée à l'audience, que le préfet du Finistère n'apporte pas la copie de ladite mesure est insuffisante pour estimer qu'il apporte une contradiction renversant la présomption précitée. Par ailleurs, il ressort de la lecture de l'article 1er du dispositif de la décision contestée que le requérant peut être éloigné vers le Royaume du Maroc mais également " vers tout autre pays dans lequel il serait déclaré légalement admissible ". Ainsi, non seulement le moyen tiré de l'erreur de droit ou de l'erreur manifeste d'appréciation quant au pays à destination duquel M. B pourrait être effectivement éloigné, à le supposer soulevé, ne peut qu'être écarté mais il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'en l'espèce le choix définitif du pays de destination relève de l'exécution de la décision attaquée dans le cadre de laquelle le requérant peut, s'il s'y croit fondé, demander à l'autorité administrative de l'éloigner vers le Royaume d'Espagne.

11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 20 novembre 2024 par laquelle le préfet du Finistère a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.

D E C I D E :

Article 1er : La requête M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Finistère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

Gaëtan GIRARD-RATRENAHARIMANGA

Le greffier,

Sébastien BIRCKEL

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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