mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MARIETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 novembre 2024, M. D A B, représenté par Me Mariette, demande au juge des référés :
1°) en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 2 septembre 2024 du préfet d'Eure-et-Loir portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination en tant qu'il porte refus de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail dans le délai 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de 1 500 euros au titre de ses frais de défense moyennant renonciation de son conseil à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'urgence résulte de ce que le refus de titre de séjour le place dans une situation d'extrême vulnérabilité, soumis à un risque d'expulsion de son logement, de rupture de son contrat d'apprentissage et de sa formation et de perte de toute ressource ;
- l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte, en premier lieu, des erreurs de droit commises par le préfet, d'une part, en se fondant sur son entrée irrégulière et récente, d'autre part, en se fondant sur l'existence de liens dans son pays d'origine et sur l'absence de preuve d'isolement et, enfin, en omettant de tenir compte de l'avis de la structure, en deuxième lieu, de l'erreur de fait entachant le motif tiré de l'absence de production des éléments permettant d'apprécier le caractère réel et sérieux de la formation entreprise, en troisième lieu, de l'erreur manifeste d'appréciation commise au regard du caractère réel et sérieux de la formation qualifiante en cours, de la nature des liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur son insertion dans la société française, en quatrième lieu, de l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et, enfin, de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet sur l'absence de motif exceptionnel ou de circonstance humanitaire.
Le dossier de la requête de M. A B a été transmis au préfet d'Eure-et-Loir pour qui il n'a pas été transmis de mémoire.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 novembre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2404949, enregistrée le 22 novembre 2024, par laquelle M. A B demande l'annulation de l'arrêté du 2 septembre 2024.
Vu :
- la convention entre la République française et la République du Cameroun signée à Yaoundé le 24 janvier 1994 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Mariette, représentant M. A B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, le 10 décembre 2024 à 15h17.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant camerounais né le 31 août 2005, est entré irrégulièrement en France le 17 février 2023 et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à dix-sept ans révolus. Il a formé le 31 août 2023 auprès du préfet d'Eure-et-Loir une demande en vue de la délivrance d'un titre de séjour en se fondant sur l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet a pris, le 2 septembre 2024, un arrêté portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination dont M. A B a demandé l'annulation dans l'instance n° 2404949. Dans la présente instance, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cet arrêté en tant qu'il porte refus de titre de séjour.
Les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision en litige :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A B a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à compter du 17 février 2023, que le refus de séjour en litige, en le plaçant en situation irrégulière, a pour effet d'interrompre son contrat d'apprentissage, compromet la poursuite de sa scolarité au centre de formation des apprentis et aura pour effet, à brève échéance, de mettre fin à son contrat de location immobilière. Dès lors, le refus de séjour en litige a pour effet de porter une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant. La condition d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est par suite remplie.
4. En second lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste dont le préfet d'Eure-et-Loir aurait entaché sa décision au regard, notamment, du caractère réel et sérieux de la formation entreprise par M. A B depuis plus de six mois paraît propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A B est fondé à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 2 septembre 2024 en tant que celui-ci a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. L'exécution de la présente ordonnance de référé, laquelle ne saurait appeler que des mesures provisoires, implique seulement que M. A B soit mis en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué, par le tribunal, sur la légalité de l'arrêté du 2 septembre 2024 ou jusqu'à ce que le préfet ait de nouveau statué sur sa situation. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de délivrer cette autorisation dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Les frais de l'instance :
7. L'avocat de M. A B peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Mariette, avocat de M. A B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros.
ORDONNE:
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 2 septembre 2024 est suspendue jusqu'au jugement de l'affaire au fond.
Article 2 : Il est enjoint au préfet d'Eure-et-Loir de délivrer à M. A B une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, dans l'attente du jugement au fond ou d'une nouvelle décision après réexamen de sa demande.
Article 3 : Le surplus des conclusions de M. A B est rejeté.
Article 4 : L'Etat versera à Me Mariette, avocat de M. A B, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B, au préfet
d'Eure-et-Loir et à Me Mariette.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur.
Fait à Orléans, le 11 décembre 2024.
Le juge des référés,
Denis C
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026