vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2404973 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CASADEI-JUNG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 novembre 2024, la commune de La Chappelle-Saint-Mesmin (Loiret), représentée par la SELARL Casadéi-Jung, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise afin d'apprécier l'état actuel des immeubles avoisinants susceptibles d'être affectés par le projet de réaménagement de l'espace public en centre-ville comportant une phase de déconstruction de batiments municipaux existants et la construction d'une nouvelle structure d'accueil de la petite enfance, de déterminer éventuellement toute mesure conservatoire ou préventive qui s'avèrerait nécessaire, et le cas échéant, constater les causes et l'étendue des dommages qui pourraient survenir durant ou à l'issue des travaux.
Elle soutient que :
- pour réaliser ce projet, elle a confié la maîtrise d'œuvre des opérations de démolition, de contruction de la crèche et d'aménagement de la voirie respectivement à la société A2D, à la société Kalus Roussel Architectes et à la société AB Associés ;
- le chantier de déconstruction portant sur une surface de 1 868 m² concerne trois maisons d'habitation et les dépendances situées au 33, 33 bis, 35, 35 bis et 37 rue Nationale, sur des parcelles cadastrées section BI n° 133 à 136 et n° 325, le garage des services techniques de la ville et une dépendance, situés 14 rue du Moulin, sur une parcelle cadastrée section BI n° 324, une maison d'habitation et une dépendance situées 12 rue du Moulin, sur la parcelle cadastrée section BI n° 124, l'ancien centre de tri postal, situé 9 bis allée des Tilleuls, sur la parcelle cadastrée section BI n° 316, et les salles municipales René Deparday, l'abri et l'arrivée de gaz, situés rue du Moulin, sur la parcelle cadastrée section BI n° 321;
- compte tenu de l'ampleur des travaux et des risques potentiels pour les immeubles avoisinants, elle sollicite le concours d'un expert en bâtiment désigné par le juge des référés, dans le cadre de la procédure visée par l'article R. 532-1-1.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". D'autre part, l'article R. 532-1-1 dispose que " Le juge des référés peut charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages puis, le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d'exécution des travaux. () ". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés du tribunal administratif d'ordonner sur le fondement des dispositions précitées doit être appréciée, bien qu'il ne soit pas saisi du principal, dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle se rattache.
2. La demande présentée par la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin dans le cadre de l'opération de réaménagement du centre-ville tend, avant le début des travaux ou au cours de ceux-ci, à faire constater contradictoirement l'état du bâti des immeubles et ouvrages avoisinants, à déterminer d'éventuelles mesures de sauvegarde, et le cas échéant, à constater l'étendue des dommages qui pourraient survenir et à en rechercher les causes. Cette demande est manifestement susceptible de se rattacher à un litige concernant des travaux publics effectués pour le compte de la commune et relevant de la compétence du tribunal administratif. La mesure sollicitée est utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées au point 1. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. H A, architecte, demeurant 10 rue du Grand Villiers à Orléans (45000) est désigné en qualité d'expert avec pour mission :
1°) de prendre connaissance du projet de la commune de la Chapelle-Saint-Mesmin visant, sur les parcelles cadastrées section BI n° 124, n°s 133 à 136, n° 316, n° 321, n° 324 et n° 325, la déconstruction des locaux actuels pour y édifier une nouvelle structure d'accueil de la petite enfance ;
2°) de convoquer les parties et se rendre sur les lieux, de visiter les parcelles concernées suivantes :
- la propriété du 39 rue Nationale, parcelle cadastrée section BI n°132, appartenant à la Caisse régionale Crédit agricole mutuelle Centre Loire,
- la propriété du 31 rue Nationale, parcelle cadastrée section BI n°326, appartenant à M. K et Mme N ;
- la propriété du 13 allée des Tilleuls, parcelle cadastrée section BI n°142, appartenant à M. F ;
- la propriété du 16 rue du Moulin, parcelle cadastrée section BI n°126, appartenant à M. J ;
- la propriété du 18 rue du Moulin, parcelle cadastrée section BI n°127, appartenant à M. C et Mme L ;
- la propriété du 9 bis allée des Tilleuls, parcelle cadastrée section BI n°316, appartenant à La Poste de La Chapelle-Saint-Mesmin ;
3°) de dresser tous états descriptifs et qualitatifs nécessaires afin de déterminer et dire si, à son avis, les immeubles présentent ou non des dégradations et désordres inhérents à leur structure, leur mode de construction, leur mode de fondation ou leur état de vétusté, ou encore consécutifs à la nature du sous-sol sur lequel ils reposent ;
4°) au cas où l'état de ces immeubles nécessiterait des mesures de sauvegarde ou des travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de cet état, d'en indiquer la consistance, le coût et la durée probable de réalisation ; de préciser le cas échéant si la réalisation de certaines de ces mesures de sauvegarde ou de certains de ces travaux présente un caractère d'urgence et, dans l'affirmative, de dire si une dégradation ou une aggravation de l'état présenté actuellement par un immeuble ou un élément de ces immeubles est susceptible de créer un danger ;
L'expert pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : En application de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative susvisé, la mission de l'expert pourra se poursuivre, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative de la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin, saisie, le cas échéant, par les personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages.
Article 3 : L'expert accomplira la mission définie à l'article 1er dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : Conformément aux articles R. 621-6-5 et R. 621-9, l'expert déposera son rapport global au greffe du tribunal administratif dès l'issue de la phase de constat par voie électronique avant le 15 mars 2025. Un exemplaire de ce rapport global sera notifié par l'expert à la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin et la seule partie du rapport le concernant à chacun des défendeurs. Avec leur accord, ces notifications peuvent s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Les éventuels rapports ultérieurs, relatifs à l'étendue et aux causes des dommages qui pourraient survenir pendant la période de travaux, seront déposés et notifiés dans les mêmes conditions.
Article 5 : Les frais de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera les frais et honoraires.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée par le tribunal à la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin et à l'expert désigné à l'article 1er.
Article 7 : En application de l'article R. 532-1-1, cette ordonnance sera notifiée par la commune de La Chapelle-Saint-Mesmin à M. M K et Mme I N, à M. D F, M. B C et Mme G L, à M. E J, à la Caisse Régionale du Crédit Agricole Mutuel Centre-Loire, à la société La Poste, à la société A2D, à la société Kalus Roussel Architectes et à la société AB Associés.
Fait à Orléans, le 13 décembre 2024.
Le Président du Tribunal,
Juge des référés,
Benoist GUÉVEL
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
ABo
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026