lundi 10 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2405284 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | PASSY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 décembre 2024 et une pièce enregistrée le 14 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Passy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 13 novembre 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'une semaine à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision contestée est illégale au motif que :
- il est entré en France en qualité d'étudiant mais n'a pas pu valider ses trois années à l'université en raison de problèmes de santé nécessitant des soins médicaux, des problèmes de famille et d'un travail de nuit pour venir en aide à sa mère ;
- il a toujours eu un penchant pour le social et suit depuis 2024/2025 une formation de moniteur éducateur, se sent prêt à achever avec succès son cursus et quitter le territoire français compromettrait largement les efforts déjà accomplis pour réaliser ce projet qu'il ne pourrait pas poursuivre au Sénégal qui ne forme pas les moniteurs éducateurs.
Vu les autres pièces du dossier.
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. B, ressortissant sénégalais né le 14 mars 1997 à Golléré (Sénégal), est entré en France le 27 septembre 2021 muni d'un visa " Etudiant ". Il a sollicité le 11 septembre 2024 auprès des services de la préfecture d'Indre-et-Loire le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 422-1 à 422-6 du code de l'entrée et séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté en date du 13 novembre 2024, le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de faire droit à sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office au motif notamment que les éléments fournis par l'intéressé ne permettaient pas de démontrer le caractère réel et sérieux de ses études en raison de son absence de progression. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur le cadre juridique applicable :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 412-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 412-1 l'autorité administrative peut, sans que soit exigée la production du visa de long séjour mentionné au même article, accorder les cartes de séjour suivantes : 1° La carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " prévue à l'article L. 422-1 ; 2° La carte de séjour temporaire portant la mention " stagiaire " prévue à l'article L. 426-23 ; 3° La carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant-programme de mobilité " prévue à l'article L. 422-6 ". Selon l'article L. 422-6 du même code : " L'étudiant étranger relevant d'un programme mentionné à l'article L. 422-5 et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants se voit délivrer, sous réserve d'une entrée régulière en France, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant-programme de mobilité ". L'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte peut être délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger./ Elle est d'une durée équivalente à la durée du programme ou de la convention, qui ne peut être inférieure à deux ans. ".
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du même code : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies, et, en cas de changement d'orientation, d'apprécier la cohérence de ce changement, en s'appuyant sur les éléments fournis par l'intéressé.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative: " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours, le vice-président du tribunal administratif de Paris, les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est inscrit en Master 1 de sociologie à l'Université de Tours en 2021/2022 sans valider aucun des deux semestres puis en 2022/2023 où il n'a pas davantage validé son année comme en 2023/2024 où il n'a validé qu'un semestre avant de finalement s'inscrire pour l'année 2024/2025 pour l'obtention du diplôme d'Etat de Moniteur Educateur à l'Ecole régionale du travail social (ERTS) et aurait commencé un stage dans un centre pour enfants handicapés à Saint-Jean-le-Blanc. Ses trois années successives à l'université n'ont ainsi pas été validées et ont été suivies d'un changement d'orientation.
6. Tout d'abord, si M. B soutient avoir rencontré des difficultés de santé au cours de l'année 2021/2022 en raison de problèmes de peau et d'une hépatite B qui l'auraient empêché de suivre pendant 5 mois les cours à l'université, il n'en justifie nullement par la seule production d'une attestation en date du 17 novembre 2021 du Service de santé universitaire de l'Université de Tours mentionnant avoir reçu l'intéressé en consultation ce même jour. S'il allègue ensuite avoir été confronté à des difficultés familiales lors de l'année 2022/2023, il n'apporte pas le moindre élément au soutien de cette allégation. S'il invoque enfin des difficultés financières l'ayant obligé à travailler au cours de l'année 2023/2024 pour une entreprise de logistique, il n'apporte là encore pas davantage d'élément au soutien de cet argument. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux des études poursuivies par l'intéressé n'est dans ces conditions manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. En se bornant également à indiquer qu'il souhaite travailler dans le social et que le refus contesté le priverait de cette possibilité en cas de retour au Sénégal, ces moyens sont inopérants et doivent dès lors être écartés comme tels.
8. Il s'ensuit que les conclusions de M. B doivent pour ce motif être rejetées en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1, 7° du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée pour information au préfet d'Indre-et-Loire.
Fait à Orléans, le 10 février 2025.
Le président de la 5e chambre,
Samuel DELIANCOURT
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026