jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2405605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 décembre 2024, M. B et l'association France-Terre d'asile demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2024 de la préfète du Loiret portant fixation du pays de destination.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté n'émane pas d'une autorité bénéficiant d'une délégation de signature régulièrement consentie ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation et de méconnaissance de sa situation personnelle.
Un mémoire, présenté pour la préfète du Loiret par Me Termeau, a été enregistré le 27 janvier 2025, soit après la clôture de l'instruction intervenue en application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lacassagne,
- les conclusions de Mme Best de Gand, rapporteur public,
- et les observations de Me Suarez, représentant la préfète du Loiret.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né le 1er septembre 1983, est entré en France le 26 septembre 2002 sous le couvert d'un visa de type C portant la mention " visiteur ". Il s'est vu, par la suite, délivrer des titres de séjour en qualité de parent d'enfant français et, en dernier lieu, une carte de résident valable jusqu'au 21 juin 2030. La préfète du Loiret a pris, le 10 décembre 2024, d'une part, un arrêté portant retrait de ce titre de séjour et expulsion du territoire français. La préfète a pris, d'autre part, le même jour un arrêté fixant le pays d'éloignement dont M. A et l'association France-Terre d'asile demandent l'annulation.
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé, pour la préfète du Loiret, par M. Honoré, secrétaire général de la préfecture. Celui-ci avait reçu une délégation de signature du préfet, par un arrêté du 18 novembre 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet, notamment, " de signer: / 1) tous arrêtés, décisions, conventions, circulaires, rapports, documents, correspondances relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret, y compris tous les recours et mesures à présenter devant le juge administratif ou judiciaire, ainsi que les mémoires à produire devant le juge administratif ou judiciaire. Cette délégation comprend la signature de tous les actes et mesures relevant du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les arrêtés de placement en rétention administrative et la saisine des magistrats du siège du tribunal judiciaire aux fins de prolongation de la rétention. / Sont exclus de cette délégation : / les arrêtés portant élévation de conflit, / les réquisitions du comptable public () ". Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée émanerait d'une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision litigieuse comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait, notamment les textes applicables et les informations recueillies auprès de M. A lors de son audition par la commission de l'expulsion, qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, motivée conformément aux exigences des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Enfin, si les requérants soutiennent que la décision fixant le pays d'éloignement est entachée " d'erreur d'appréciation et de méconnaissance de sa situation personnelle ", ils n'assortissent ces moyens d'aucune précision permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.
5. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 10 décembre 2024 fixant le pays d'éloignement de M. A.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A et de l'association France-Terre d'asile est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à l'association France-Terre d'asile et à la préfète du Loiret.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
M. Lombard, premier conseiller,
M. Gasnier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
L'assesseur le plus ancien,
Alexandre LOMBARD
Le président-rapporteur,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Frédérique GAUTHIER
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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