mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2500602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GASNER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 février 2025, M. B F, retenu au centre de rétention administrative d'Olivet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2025 par lequel la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
M. F soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- son droit d'être entendu garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne a été méconnu ;
- l'obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la préfète a méconnu les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a également porté une atteinte grave et manifestement disproportionnée à sa situation personnelle et commis une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement et de la décision refusant un délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'annulation de cette décision devra entraîner l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Par un mémoire enregistré le 24 février 2025, la préfète du Loiret, représentée par la SELARL Actis Avocats, conclut au rejet de la requête.
La préfète soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. G pour statuer sur les recours dont le jugement relève des articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, qui s'est tenue selon les modalités prévues au deuxième alinéa de l'article L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les procès-verbaux prévus par le troisième alinéa de cet article ayant été dûment établis.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 février 2025 à 10 heures :
- le rapport de M. G,
- les observations de Me Gasner, représentant le requérant, qui persiste dans les conclusions de la requête, par les mêmes moyens, et qui fait valoir en outre que M. F ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- les observations de M. F, qui fait valoir que sa compagne est enceinte ;
- et les observations de Me Kao, représentant la préfète du Loiret, qui reprend les écritures en défense.
En application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la clôture de l'instruction est intervenue après ces observations orales, à 11 heures 01.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant ivoirien né le 3 juillet 2003, est entré irrégulièrement en France en 2018, selon ses déclarations. Interpellé et placé en garde à vue le 10 février 2025, il a fait l'objet le lendemain d'un arrêté par lequel la préfète du Loiret lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. F demande l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
2. L'arrêté attaqué a été signé par M. Adrien Méo, secrétaire général adjoint de la préfecture du Loiret. Par l'article 1er de son arrêté n° 45-2024-11-18-00001 du 18 novembre 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, Mme E C, préfète du Loiret, a donné délégation à M. Nicolas Honoré, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département du Loiret ", cette délégation comprenant notamment " la signature de tous les actes et mesures relevant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". L'article 3 du même arrêté prévoit qu'en cas d'absence ou d'empêchement de M. D, la délégation conférée à l'article 1er sera exercée par M. A. Il n'est pas établi ni même allégué que M. D n'était pas absent ou empêché en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
4. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions citées au point précédent, relève que M. F a déclaré être entré en France en 2018, sans pouvoir justifier d'une entrée régulière et sans être en possession des documents et visa exigés à l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté relève également que l'intéressé est défavorablement connu des services de police, ayant été interpellé le 23 janvier 2020 pour des faits de vol en réunion, le 5 septembre 2020 pour des faits de viol, le 5 juillet 2022 pour des faits d'usage illicite de stupéfiants et le 10 février 2025 pour des faits de violences aggravées. L'arrêté indique qu'au regard du caractère grave et répété des infractions, le comportement de M. F constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l'ordre public français. La préfète du Loiret, qui n'avait pas à rappeler l'ensemble des éléments de la situation personnelle du requérant, a ainsi indiqué avec une précision suffisante les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle s'est fondée pour obliger M. F à quitter le territoire français.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces produites par la préfète du Loiret que, préalablement à l'intervention de l'arrêté attaqué, M. F a été interrogé sur sa situation administrative et personnelle en France et a été ainsi mis en mesure de faire connaître à l'autorité administrative l'ensemble des éléments qui, selon lui, devaient faire obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ". Ces dispositions, qui portent sur la délivrance des titres de séjour, ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. A supposer que M. F, en se prévalant de ces dispositions, ait entendu invoquer le principe selon lequel un étranger ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français lorsqu'il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit, l'intéressé, qui est né le 3 juillet 2003, n'est plus dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, ne justifie aucunement avoir été confié au service d'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans et ne suit aucune formation. Il ne pouvait dès lors prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées.
7. En quatrième lieu, M. F a été interpellé le 10 février 2025, à la suite d'une violente altercation avec la personne qu'il présente comme sa compagne, dont il ressort des pièces du dossier, d'une part qu'elle est enceinte, d'autre part que, née le 15 juillet 2009, elle faisait l'objet d'une fiche de recherche active pour fugue de mineur depuis le 26 décembre 2024. Pour considérer que le comportement de M. F constitue une menace pour l'ordre public au sens du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète du Loiret s'est fondée sur les faits de violence aggravées commis par l'intéressé le 10 février 2025, mais également sur des faits de vol en réunion pour lesquels il a été interpellé le 23 janvier 2020, de viol pour lesquels il a été interpellé le 5 septembre 2020 et d'usage illicite de stupéfiants pour lesquels il a été interpellé le 5 juillet 2022.
8. Les faits de violences aggravés qui auraient été commis par M. F le 10 février 2025 ont été contestés par le requérant durant sa garde à vue et ont fait l'objet d'un classement sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée. Leur matérialité n'est pas établie par les pièces du dossier. S'agissant des faits ayant donné lieu aux interpellations des 23 janvier 2020, 5 septembre 2020 et 5 juillet 2022, la préfète ne donne aucune indication sur les suites pénales que ces procédures ont comporté. Toutefois, le requérant ne conteste pas avoir commis les faits incriminés. Eu égard à leur caractère répété et à leur gravité, la préfète a pu légalement considérer que le comportement de M. F, dont il n'est pas contesté qu'il ne réside pas régulièrement sur le territoire français, constitue une menace pour l'ordre public.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. M. F fait valoir qu'il est entré en France en 2018, à l'âge de quinze ans, qu'il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et qu'il réside depuis sur le territoire français. Il se prévaut également de sa relation avec une ressortissante française dont il indique qu'elle est enceinte de leur enfant et avec laquelle il soutient avoir un projet de mariage. Toutefois, il n'apporte aucun élément de nature à établir la date de son entrée sur le territoire français, ni les conditions de son séjour en France depuis cette date. Il ressort de ses déclarations lors de sa garde à vue que sa relation avec son actuelle compagne - qui, ainsi qu'il a été dit au point 7, faisait l'objet d'une fiche de recherche pour fugue de mineur - a commencé moins de trois mois avant la date de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, M. F ne prétend pas avoir reconnu par anticipation l'enfant que porte sa compagne. Il n'apporte aucun élément de nature à établir l'intensité des liens qu'il entretiendrait avec d'autres membres de sa famille présents sur le territoire français. Enfin il ne justifie d'aucune insertion professionnelle ni d'aucune perspective sérieuse d'une telle insertion. Dans ces conditions, la préfète du Loiret, en l'obligeant à quitter le territoire français, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette mesure est intervenue, et n'a dès lors pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle n'a pas plus entaché d'erreur manifeste l'appréciation qu'elle a portée sur les conséquences de cette décision sur la situation personnelle de M. F.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () ".
12. D'une part, il résulte de ce qui est dit ci-dessus que l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. F n'est pas entachée des illégalités alléguées. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision lui refusant un délai de départ volontaire serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement doit être écarté.
13. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 8 ci-dessus, le comportement de M. F constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, la préfète du Loiret pouvait légalement refuser de lui accorder un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :
1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile () "
15. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions citées au point précédent, indique que M. F est de nationalité ivoirienne et relève au surplus que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Cet arrêté, en tant qu'il fixe le pays de destination de la mesure d'éloignement, est ainsi suffisamment motivé.
16. En deuxième lieu, dès lors qu'il résulte de ce qui est dit aux points 2 à 10 ci-dessus que l'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée des illégalités alléguées, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement doit être écarté.
17. En troisième lieu, le moyen tiré, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
19. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions citées au point précédent, relève notamment que le comportement de M. F constitue une menace pour l'ordre public, qu'il ne justifie pas d'une ancienneté de présence sur le territoire français ni d'une vie familiale ou amicale en France, qu'il est sans profession et ne dispose d'aucune ressource. La mesure d'interdiction de retour sur le territoire français est ainsi suffisamment motivée.
20. En deuxième lieu, dès lors qu'il résulte de ce qui est dit aux points 2 à 13 ci-dessus que l'obligation de quitter le territoire français et la décision refusant un délai de départ volontaire ne sont pas entachées des illégalités alléguées, le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour sur le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions doit être écarté.
21. En troisième lieu, eu égard, d'une part, à la menace pour l'ordre public que représente le comportement de M. F, d'autre part, aux éléments exposés au point 10, et alors même que M. F n'a pas déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement, la préfète du Loiret n'a pas méconnu les dispositions citées au point 18 en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. F tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 février 2025 attaqué doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B F et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2025.
Le magistrat désigné,
Frédéric G
Le greffier,
Sébastien BIRCKEL
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026