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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2501858

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2501858

mercredi 21 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2501858
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantGOMOT-PINART

Résumé IA

Le Tribunal administratif d’Orléans a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A... B... contestant la décision du préfet d’Indre-et-Loire du 7 mars 2025 classant sans suite sa demande d’acquisition de la nationalité française. Le tribunal a jugé que cette décision de classement, fondée sur l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, ne constitue pas un acte faisant grief dès lors que le demandeur n’a pas produit les pièces complémentaires demandées. En l’absence de contestation utile du motif d’incomplétude du dossier, le recours pour excès de pouvoir a été déclaré irrecevable en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 avril 2025, M. C... A... B..., représenté par Me Gomot-Pinard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 mars 2025 par laquelle le préfet d'Indre-et-Loire a classé sans suite sa demande en vue d'acquérir la nationalité française ;

2°) d'enjoindre à ce préfet de lui accorder l’acquisition de la nationalité française, dans un délai d’un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

Il soutient qu'il a systématiquement fait suivre toutes les demandes successives de compléments d'informations sollicitées par la préfecture, qu'il s'agit d'un déni de décision, qu'il est en France depuis plus de cinq ans et qu'il est particulièrement bien intégré à la communauté française.

La requête a été communiquée au préfet d’Indre-et-Loire qui n’a pas produit de mémoire en défense.

M. A... B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

Aux termes de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retraite de la nationalité française : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Il résulte de ces dispositions que le défaut de production des pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Dans le cas où le dossier présenté est incomplet, le courrier de classement sans suite de la demande d’acquisition de nationalité française ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

Pour classer sans suite la demande présentée par M. A... B... en vue d'acquérir la nationalité française, le préfet d'Indre-et-Loire s'est fondé sur le motif tiré de ce que, malgré la mise en demeure qui lui a été préalablement adressée, l'intéressé n'a pas communiqué la totalité des pièces attendues. En se bornant à soutenir qu’il a systématiquement répondu aux demandes de complément d’information de la préfecture sans apporter la moindre pièce justificative à l’appui de ses allégations, M. A... B... ne conteste pas utilement le motif d’incomplétude de son dossier qui lui a été opposé. Par suite, il résulte de ce qui a été dit au point 2, que la décision de classement sans suite attaquée ne fait pas grief et n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... B... est manifestement irrecevable et doit être rejetée par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet d’Indre-et-Loire.

Fait à Orléans, le 21 janvier 2026.


La présidente de la 4ème chambre,





Sophie LESIEUX

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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