mardi 13 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2501861 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ATTALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2025, M. A B, représenté par Me Attali, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2025 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire l'a assigné à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- la décision est entachée d'erreur de droit puisque la préfecture ne démontre pas la nécessité de l'assigner à résidence ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais qui a communiqué des pièces enregistrées le 18 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Best-De Gand, première conseillère, en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Best-De Gand ;
- et les observations de Me Attali, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et rappelle que M. B vit depuis 10 ans en France, qu'il a investi dans des sociétés qui ont des salariés, qu'il ne peut quitter la France où il a engagé plusieurs procédures judiciaires contre son associé, qu'il est séparé de sa femme et que ses deux fils aînés font des études supérieures en France.
Le préfet d'Indre-et-Loire n'était ni présent ni représenté.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 10H20.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 2 mai 1975, est entré en France en dernier lieu le 4 avril 2015. Le 28 juin 2022, il a présenté une demande de certificat de résidence algérien " salarié " sur le fondement des stipulations de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un jugement n° 2304467, dont il a été interjeté appel, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 septembre 2023 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire. Par un arrêté du 8 avril 2025, le préfet d'Indre-et- Loire a assigné à résidence M. B. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 avril 2025.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (). ".
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sur lesquelles elle est fondée, rappelle que M. B a fait l'objet d'un arrêté portant refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français dont la légalité a été confirmée par jugement du tribunal administratif d'Orléans, expose la situation personnelle et familiale de M. B, et précise que si ce dernier ne peut quitter immédiatement le territoire français, son éloignement demeure une perspective raisonnable. Ainsi, la décision portant assignation à résidence énonce de façon précise les circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Elle est par suite suffisamment motivée. Il ne résulte pas de cette motivation ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet d'Indre-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen attentif et particulier de la situation de M. B.
4. En deuxième lieu, une décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été prise à l'encontre de M. B moins de trois ans avant l'édiction de l'arrêté attaqué, le préfet d'Indre-et-Loire pouvait en application des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile assigner à résidence M. B. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
5. En dernier lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les obligations de pointage imposées à M. B l'empêcheraient de mener une activité professionnelle pour laquelle il ne dispose au demeurant d'aucune autorisation de travail. M. B ne peut par ailleurs pas utilement se prévaloir à l'encontre de la décision attaquée de ce qu'il réside en France depuis 2015, et de ce que ses fils sont étudiants en France. Ainsi, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences que l'assignation emporte sur sa situation personnelle doit être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées de même par voie de conséquence que ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet
d'Indre-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2025.
La magistrate désignée,
Armelle BEST-DE GAND
La greffière,
Florence PINGUET
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026