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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2501861

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2501861

mardi 13 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2501861
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantATTALI

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans rejette la requête de M. B, ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté du préfet d'Indre-et-Loire du 8 avril 2025 l'assignant à résidence pour 45 jours (renouvelable deux fois). Le tribunal estime que la décision est suffisamment motivée et fondée sur l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que M. B fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant. Les moyens tirés du défaut d'examen, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation sont écartés, notamment car l'assignation n'empêche pas une activité professionnelle et que sa situation personnelle ne justifie pas une exception. En conséquence, les conclusions à fin d'annulation et la demande de frais de justice sont rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 avril 2025, M. A B, représenté par Me Attali, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2025 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire l'a assigné à résidence dans le département d'Indre-et-Loire pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable deux fois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- la décision est entachée d'erreur de droit puisque la préfecture ne démontre pas la nécessité de l'assigner à résidence ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet d'Indre-et-Loire qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais qui a communiqué des pièces enregistrées le 18 avril 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné Mme Best-De Gand, première conseillère, en application des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Best-De Gand ;

- et les observations de Me Attali, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et rappelle que M. B vit depuis 10 ans en France, qu'il a investi dans des sociétés qui ont des salariés, qu'il ne peut quitter la France où il a engagé plusieurs procédures judiciaires contre son associé, qu'il est séparé de sa femme et que ses deux fils aînés font des études supérieures en France.

Le préfet d'Indre-et-Loire n'était ni présent ni représenté.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 10H20.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 2 mai 1975, est entré en France en dernier lieu le 4 avril 2015. Le 28 juin 2022, il a présenté une demande de certificat de résidence algérien " salarié " sur le fondement des stipulations de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un jugement n° 2304467, dont il a été interjeté appel, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 septembre 2023 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire. Par un arrêté du 8 avril 2025, le préfet d'Indre-et- Loire a assigné à résidence M. B. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 avril 2025.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (). ".

3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sur lesquelles elle est fondée, rappelle que M. B a fait l'objet d'un arrêté portant refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français dont la légalité a été confirmée par jugement du tribunal administratif d'Orléans, expose la situation personnelle et familiale de M. B, et précise que si ce dernier ne peut quitter immédiatement le territoire français, son éloignement demeure une perspective raisonnable. Ainsi, la décision portant assignation à résidence énonce de façon précise les circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Elle est par suite suffisamment motivée. Il ne résulte pas de cette motivation ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet d'Indre-et-Loire n'aurait pas procédé à un examen attentif et particulier de la situation de M. B.

4. En deuxième lieu, une décision portant obligation de quitter le territoire français ayant été prise à l'encontre de M. B moins de trois ans avant l'édiction de l'arrêté attaqué, le préfet d'Indre-et-Loire pouvait en application des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile assigner à résidence M. B. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

5. En dernier lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les obligations de pointage imposées à M. B l'empêcheraient de mener une activité professionnelle pour laquelle il ne dispose au demeurant d'aucune autorisation de travail. M. B ne peut par ailleurs pas utilement se prévaloir à l'encontre de la décision attaquée de ce qu'il réside en France depuis 2015, et de ce que ses fils sont étudiants en France. Ainsi, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences que l'assignation emporte sur sa situation personnelle doit être écartés.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées de même par voie de conséquence que ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet

d'Indre-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2025.

La magistrate désignée,

Armelle BEST-DE GAND

La greffière,

Florence PINGUET

La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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