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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2502186

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2502186

mercredi 1 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2502186
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES -JUGE UNIQUE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler le refus de délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ». Le juge a estimé que l'état de santé du requérant, bien que caractérisé par des difficultés à la marche et la nécessité d'être accompagné, ne remplissait pas les critères légaux d'une réduction importante et durable de la mobilité pédestre ou d'une perte d'autonomie justifiant cette mention. La décision s'appuie sur les dispositions des articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, ainsi que sur l'arrêté du 3 janvier 2017 définissant les critères d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I° - Par une requête, enregistrée le 2 mai 2025 sous le n° 2502186, M. A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 13 mars 2025 par laquelle le président du conseil départemental d’Eure-et-Loir a rejeté son recours formé contre la décision du 25 novembre 2024 rejetant sa demande de délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».

Il soutient qu’il souffre d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ainsi que de nombreuses hernies discales entraînant un pincement des disques ne lui permettant de marcher qu’avec difficultés et douleurs, qu’il ne peut marcher sur une courte distance sans faire de pause à savoir 150 mètres, que le traitement prescrit pour soulager les douleurs entraîne une somnolence et qu’il doit être accompagné systématiquement dans ses déplacements à l’extérieur pour éviter de chuter.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2025, le département d’Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la demande du requérant n’est pas fondée.

II° - Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2026 sous le n° 2600054, M. A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 13 novembre 2025 par laquelle le président du conseil départemental d’Eure-et-Loir a rejeté son recours formé contre la décision du 11 septembre 2025 rejetant sa demande de délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».
Il soutient qu’il souffre d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ainsi que de nombreuses hernies discales entraînant un pincement des disques ne lui permettant de marcher qu’avec difficultés et douleurs, qu’il ne peut marcher sur une courte distance sans faire de pause à savoir 150 mètres, que le traitement prescrit pour soulager les douleurs entraîne une somnolence et qu’il doit être accompagné systématiquement dans ses déplacements à l’extérieur pour éviter de chuter.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 janvier 2026, le département d’Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux critères d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévus aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delandre en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Delandre, magistrat désigné, a été entendu au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient pas présentes, ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. Les deux requêtes de M. B... sont dirigées contre les décisions du président du conseil départemental d’Eure-et-Loir qui ont rejeté sa demande de délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ». Elles présentent à juger les mêmes questions et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. –La carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / (…) / 3° La mention « stationnement pour personnes handicapées » est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / (…) / La mention « stationnement pour personnes handicapées » permet à son titulaire ou à la tierce personne l'accompagnant d'utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. / (…) / V bis. - (…) Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention « stationnement » de la carte. (…). ».

3. Aux termes de l’article R. 241-12-1 du code de l’action sociale et des familles : « (…) IV. - Pour l'attribution de la mention « stationnement pour personnes handicapées », un arrêté (…) définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. ». Aux termes de l’annexe de l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou- la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ; 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. (…) ».

4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte de mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociales, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.

5. Le requérant soutient qu’il souffre d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ainsi que de nombreuses hernies discales entraînant un pincement des disques ne lui permettant de marcher qu’avec difficultés et douleurs, qu’il ne peut marcher sur une courte distance sans faire de pause à savoir 150 mètres, que le traitement prescrit pour soulager les douleurs entraîne une somnolence et qu’il doit être accompagné systématiquement dans ses déplacements à l’extérieur pour éviter de chuter. Toutefois, aucun des documents médicaux qu’il produit ne mentionne qu’il ne peut marcher et se déplacer à l’extérieur sans difficulté et sans aide ou sans l’accompagnement d’un tiers. Par suite, il ne résulte pas de l’instruction que le requérant remplit les critères fixés par les dispositions précitées au point 3 permettant la délivrance de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ».

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’ordonner l’expertise sollicitée à titre subsidiaire par le requérant, que les requêtes de M. B... doivent être rejetées.


D E C I D E :


Article 1er : Les requêtes de M. B... sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au département d’Eure-et-Loir.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er avril 2026.



Le magistrat désigné,

Le greffier,






Jean-Michel DELANDRE
Laurent BOUSSIERES


La République mande et ordonne au préfet d’Eure-et-Loir en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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