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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2502190

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2502190

jeudi 22 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2502190
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantVIEILLEMARINGE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Orléans, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de l'arrêté du préfet d'Indre-et-Loire du 23 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A..., ressortissant guinéen, et l'obligeant à quitter le territoire. La juge a retenu l'urgence, caractérisée par la perte de ressources et les difficultés locatives de l'intéressé, ainsi qu'un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment au regard de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison de la contribution de M. A... à l'entretien et à l'éducation de ses enfants français. Il a été enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans un délai de quinze jours.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 mai 2025 et le 21 mai 2025, M. B... A..., représenté par Me Vieillemaringe, demande à la juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision, contenue dans l’arrêté du préfet d’Indre-et-Loire du 23 janvier 2025, portant refus de délivrance d’un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

2°) d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir, dans l’attente de la décision rendue sur sa requête au fond ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée dès lors qu’il bénéficiait d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable jusqu’au 11 avril 2024, qu’il ne peut plus se porter candidat à des missions d’intérim et n’a plus de ressources pour faire face à ses charges, notamment locatives ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée laquelle est entachée d’un défaut de motivation, d’un défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle, d’une erreur de droit dans la mise en œuvre de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en ce que l’arrêté ne précise pas s’il a des membres de sa famille en Guinée, d’une erreur de fait et d’une erreur manifeste d’appréciation dans l’application de l’article L. 423-7 du même code dès lors qu’il contribue à l’entretien et à l’éducation de ses trois enfants français, d’une méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et d’une méconnaissance de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

La requête a été communiquée au préfet d’Indre-et-Loire qui n’a pas produit de mémoire en défense.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 28 mars 2025.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 février 2025 sous le n° 2500904 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lesieux, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique tenue le 21 mai 2025 à 14h00 en présence de Mme Boisgard, greffière d’audience, Mme Lesieux a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Vieillemaringe, représentant M. A..., non présent, qui insiste sur le fait qu’il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour avant l’expiration de celui-ci et que s’il a dû renouveler sa demande à plusieurs reprises, ce n’est qu’en raison des défaillances du site de l’ANEF, qu’il n’a pas été muni d’un récépissé de demande de titre de séjour ce qui l’a mis en difficulté pour le paiement de son loyer depuis l’expiration de son précédent titre, qu’il n’a pas de liens familiaux en Guinée, ses trois autres enfants, de nationalité guinéenne, ayant rejoint leur mère en France au titre du regroupement familial, qu’il contribue à l’entretien et à l’éducation de ses enfants français, en leur versant de l’argent à la hauteur de ses moyens, ce qui est confirmé par la mère des enfants, qui a donné naissance à un quatrième enfant, le 8 mai dernier, qu’il a reconnu, enfin, que son absence à l’audience s’explique par le fait qu’il assure la garde de ses trois enfants pendant que leur mère et le dernier-né sont à la maternité.

Le préfet d’Indre-et-Loire n’était ni présent ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à 14h29 dans les conditions prévues à l’article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».

M. A..., ressortissant guinéen né en 1990, est entré irrégulièrement en France le 5 août 2016 selon ses déclarations. Après le rejet définitif de sa demande d’asile par la Cour nationale du droit d’asile, le 19 décembre 2017, il a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français le 4 mai 2018, à laquelle il s’est soustrait. En 2022, il a cependant été muni d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale », renouvelé jusqu’au 11 avril 2024, en qualité de parent d’enfants français. Par un arrêté du 23 janvier 2025, le préfet d’Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour à ce même titre, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d’éloignement. Par sa requête, M. A... demande à la juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision, contenue dans cet arrêté, portant refus de titre de séjour.

En l’état de l’instruction, compte tenu des pièces versées à l’instance ainsi que des échanges au cours de l’audience qui n’ont pas permis, en l’absence du requérant, de clarifier et de préciser certains arguments avancés par son conseil, aucun des moyens invoqués, tels que visés ci-dessus, n’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il suit de là, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais liés au litige.





O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet d’Indre-et-Loire.


Fait à Orléans, le 22 mai 2025.


La juge des référés,





Sophie LESIEUX

La République mande et ordonne au préfet d’Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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