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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2502819

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2502819

lundi 8 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2502819
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B..., qui contestait directement la décision du préfet d'Indre-et-Loire du 22 novembre 2024 ajournant de deux ans sa demande de naturalisation. La juridiction a rappelé que, conformément aux articles 44 et 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, une telle décision préfectorale ne peut faire l'objet que d'un recours administratif préalable obligatoire auprès du ministre chargé des naturalisations, et que le contentieux éventuel relève de la compétence exclusive du tribunal administratif de Nantes. En l'absence de ce recours préalable, la requête directe devant le tribunal d'Orléans a été rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un courrier, enregistré le 29 mai 2025, M. A... B... demande au tribunal de réexaminer sa situation à la suite de la décision du 22 novembre 2024 par laquelle le préfet d’Indre-et-Loire a prononcé un ajournement de deux ans de sa demande tendant à l’acquisition de de la nationalité française.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». L’article R. 351-4 du même code précise que : « Lorsque tout ou partie des conclusions dont est saisi un tribunal administratif, une cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat relève de la compétence d'une de ces juridictions administratives, le tribunal administratif, la cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat, selon le cas, est compétent, nonobstant les règles de répartition des compétences entre juridictions administratives, pour rejeter les conclusions entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance (…) ».

Aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. / L’auteur d’une requête ne contenant l’exposé d’aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d’un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu’à l’expiration du délai de recours ».

Aux termes de l’article 44 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : « Si le préfet désigné par arrêté du ministre chargé des naturalisations en application de l'article 35 ou, à Paris, le préfet de police estime, même si la demande est recevable, qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. / Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Ce délai une fois expiré ou ces conditions réalisées, il appartient au demandeur, s'il le juge opportun, de formuler une nouvelle demande (…) ». Aux termes de l’article 45 du même décret, dans sa version applicable : « Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. / Le silence gardé par le ministre chargé des naturalisations sur ce recours pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet du recours ». L’article R. 312-18 du code de justice administrative précise que le tribunal administratif de Nantes est compétent pour connaître des recours dirigés contre les décisions du ministre chargé des naturalisations prises en application de l’article 45 du décret du 30 décembre 1993.

Il résulte de ces dispositions que la décision d’un préfet ou à Paris, du préfet de police, déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande de naturalisation ne peut faire l’objet, dans le délai de deux mois suivant sa notification, que d’un recours administratif devant le ministre chargé des naturalisations, lequel constitue un préalable obligatoire à l’exercice d’un recours contentieux dont seul le tribunal administratif de Nantes peut connaître.

Au cas d’espèce, M. B... forme directement devant le tribunal administratif d’Orléans un « recours gracieux » dirigé contre la décision du 22 novembre 2024 par laquelle le préfet d’Indre-et-Loire a ajourné sa demande d’acquisition de la nationalité française pendant deux ans. De telles conclusions sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées par application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.





O R D O N N E :





Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.







Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Orléans, le 8 septembre 2025.


La présidente de la 4ème chambre,





Sophie LESIEUX

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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