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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2503398

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2503398

vendredi 1 août 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2503398
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLARMANJAT

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté la requête de M. B A, ressortissant malien, qui contestait les arrêtés du 1er juillet 2025 du préfet d'Eure-et-Loir lui refusant un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et l'assignant à résidence. Le tribunal a jugé que la décision de refus de séjour était suffisamment motivée et ne méconnaissait ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ni les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Il a également estimé que l'obligation de quitter le territoire et l'assignation à résidence étaient légales, et que les moyens soulevés, notamment tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, du défaut d'examen ou de la violation des droits de la défense, n'étaient pas fondés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 juillet 2025 et le 30 juillet 2025, et des pièces complémentaires enregistrées le 31 juillet 2025, M. B A, assigné à résidence, représenté par Me Acheli, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2025 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ensemble l'arrêté du 1er juillet 2025 par lequel le préfet d'Eure-et-Loir l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Eure-et-Loir de lui délivrer un titre de séjour au titre du travail ou de la vie privée et familiale ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions de L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français

- elle a été prise par une autorité incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen attentif et personnalisé de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît le principe du respect des droits de la défense ;

- elle porte une atteinte excessive au droit de mener une vie privée et familiale normale ;

- elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

S'agissant de la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant assignation à résidence

- elle a été prise par une autorité incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen attentif et personnalisé de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît le principe du respect des droits de la défense ;

- elle porte une atteinte excessive au droit de mener une vie privée et familiale normale ;

- elle méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant.

Le préfet d'Eure-et-Loir a produit des pièces complémentaires enregistrées le 30 juillet 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 776-1 et R. 776-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C.

Le requérant n'était ni présent ni représenté.

Le préfet d'Eure-et-Loir n'était ni présent ni représenté.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 10h01.

Une note en délibéré a été produite par le préfet d'Eure-et-Loir le 1er août 2025 à 11h44 soit postérieurement à la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant malien, né le 18 juillet 1992, est entré irrégulièrement en France, le 28 juin 2017. Il a formé une demande d'admission au séjour au titre de l'asile qui a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 13 juin 2018 puis confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 18 décembre 2018. Il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement prise par le préfet de police de Paris le 31 juillet 2019 à laquelle il n'a pas déféré. Il a sollicité, le 13 février 2023, auprès des services de la préfecture d'Eure-et-Loir son admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er juillet 2025, notifié le même jour, dont il demande l'annulation, le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné. Par un arrêté du 1er juillet 2025, notifié le même jour, dont il demande l'annulation, le préfet d'Eure-et-Loir l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées

2. Il résulte d'un arrêté n° 101-2024 du 28 novembre 2024 que le préfet d'Eure-et-Loir a donné délégation de signature à Mme Agnès Bonjean, secrétaire générale de la préfecture d'Eure-et-Loir, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () devant les juridictions de l'ordre administratif et judiciaire, pris en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

4. La décision par laquelle le préfet d'Eure-et-Loir a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est motivée en droit par le visa de ces dispositions et est suffisamment motivée en fait par l'indication que le requérant a fourni un contrat de travail à durée indéterminée en qualité d'employé polyvalent, valable à compter du 27 décembre 2019. En outre, la décision attaquée mentionne les conditions d'entrée du requérant et les éléments relatifs à la situation administrative, personnelle et familiale de M. A. La circonstance que la décision attaquée ne comporte aucune mention sur l'état de santé du requérant alors qu'il est constant que sa demande est fondée sur l'admission exceptionnelle au séjour en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est sans incidence sur les exigences de motivation. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de cet arrêté, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet d'Eure-et-Loir n'aurait pas procédé à un examen particulier et attentif de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté comme manquant en fait.

6. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". D'autre part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine./L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

7. M. A dont il est constant qu'il est entré irrégulièrement sur le territoire français et qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement prise le 31 juillet 2019 à laquelle il n'a pas déféré se prévaut de la durée de son séjour en France depuis 2017, soit huit ans à la date de la décision attaquée, toutefois les seuls éléments produits ne sont pas suffisants pour établir sa présence habituelle sur le territoire français depuis 2017. En outre, si M. A qui s'est déclaré célibataire et sans enfant à charge fait valoir son intégration professionnelle et sociale, toutefois l'intensité et la stabilité des liens qu'il aurait noué en France ne ressort pas des pièces du dossier. Par ailleurs, la circonstance selon laquelle M. A souffre d'une hépatite virale B chronique nécessitant un traitement au long cours et que l'arrêt de ce traitement pourrait à court terme provoquer une réactivation virale responsable d'une hépatite aiguë selon un certificatif médical établi le 18 juin 2025 est sans incidence sur le droit au respect de sa vie privée et familiale. Il n'est d'ailleurs pas contesté qu'il n'atteste pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat. ".

9. Il résulte de ces dispositions que l'article L. 435-1 permet la délivrance de deux titres de séjour de nature différente que sont, d'une part, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et, d'autre part, la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail, ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

10. D'une part, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7, M. A ne présente pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels d'admission au séjour permettant son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale.

11. D'autre part, les circonstances selon lesquelles M. A a été recruté en qualité d'employé polyvalent par la société " Dy Consulting " en contrat de travail à durée indéterminée à compter du 27 décembre 2019 et qu'il produit de bulletins de paie sur la période de janvier 2020 à décembre 2022, en janvier 2023 et d'avril à décembre 2023, alors que le service de main d'œuvre étrangère a émis un avis défavorable en date du 17 novembre 2023 sur la demande d'autorisation présentée par son employeur, puis qu'il a bénéficié d'une promesse d'embauche le 9 septembre 2024 par la société " ADJ transports plus " en qualité d'assistant de logistique et technique et qu'il produit des bulletins de paie en qualité d'employé polyvalent au sein de la société " B-Y Desgranges " sur la période d'octobre à décembre 2024 et de janvier à mai 2025 ne sont pas suffisantes pour caractériser des motifs exceptionnels d'admission au séjour. Par suite, le préfet d'Eure-et-Loir n'a entaché sa décision d'aucune erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées.

12. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 1, le requérant a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non sur l'article L. 425-9 du même code. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est donc inopérant et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. "

14. La décision attaquée fait mention des dispositions pertinentes notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les conditions d'entrée du requérant et les éléments relatifs à la situation administrative, personnelle et familiale de M. A. Dans ces conditions, la décision attaquée, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments relatifs à la situation du requérant comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

15. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de cet arrêté, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet d'Eure-et-Loir n'aurait pas procédé à un examen particulier et attentif de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté comme manquant en fait.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. 2. Ce droit comporte notamment : () le droit de toute personne d'être entendu avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

17. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ni sur chacune des décisions qui l'assortissent dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

18. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ni qu'il ait été empêché de s'exprimer avant que ne soit prise la décision en litige. Il n'est par ailleurs ni établi, ni même allégué, que M. A aurait disposé d'autres informations pertinentes à cet égard qui auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de cette décision. Dès lors, d'une part, M. A ne saurait être regardé comme ayant été privé du droit d'être entendu qu'il tient du principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. D'autre part, pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que le principe du contradictoire aurait été méconnu.

19. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

20. Compte tenu de ce qui a été dit au point 7, et pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

21. En cinquième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 10 et 11, et pour les mêmes motifs, M. A ne présente pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels d'admission au séjour permettant son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale ou en qualité de salarié.

22. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

23. Ainsi qu'il a été dit au point 7, M. A s'est déclaré célibataire et sans enfant à charge. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant, à le supposer soulevé, doit être écarté comme étant inopérant.

24. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire

25. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Selon l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

26. Le requérant soutient que le préfet d'Eure-et-Loir ne démontre pas le risque de soustraction à la mesure d'éloignement compte tenu de sa situation personnelle et de ses garanties de représentation. Toutefois, dès lors qu'il est constant que M. A a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le 31 juillet 2019, qui n'a pas été exécutée, le risque de fuite pouvait être regardé comme établi au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le préfet d'Eure-et-Loir a pu légalement lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence

27. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".

28. La décision attaquée mentionne les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 722-3, L. 722-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 732-1, L. 732-3, L. 732-4, L. 732-7, L. 733-1 et suivants, L. 611-1 et suivants et R. 732-1, R. 732-2 et R. 733-3 et les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les éléments relatifs à la situation personnelle de M. A notamment qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, qu'il est titulaire d'un passeport en cours de validité, qu'il est domicilié à Dreux (28100) et que l'éloignement de ce dernier demeure une perspective raisonnable. La décision attaquée comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

29. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de cet arrêté, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet d'Eure-et-Loir n'aurait pas procédé à un examen particulier et attentif de la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté comme manquant en fait.

30. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 18, et pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense doit être écarté.

31. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; (). ". Selon l'article L. 732-3 de ce code " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ".

32. Si M. A soutient que le préfet d'Eure-et-Loir a entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, ces moyens ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

33. En cinquième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 7, et pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

34. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été exposé au point 23, et pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté comme étant inopérant.

35. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation des deux arrêtés du 1er juillet 2025 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Eure-et-Loir.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er août 2025.

La magistrate désignée,

Laura C

Le greffier,

Sébastien BIRCKEL

La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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