mardi 29 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2503699 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP MADRID-CABEZO MADRID-FOUSSEREAU MADRID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 juillet 2025 et le 24 juillet 2025, M. B A, représenté par Me Madrid, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 28 février 2025 par laquelle la préfète du Loiret a refusé le renouvellement de sa carte de résident, ensemble la décision de rejet du 25 avril 2025 prise sur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler valable le temps de l'instruction du recours en annulation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est présumée s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées dès lors que :
* elles sont insuffisamment motivées ;
* elles sont entachées d'un vice de procédure tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;
* elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation particulière, que la préfète a méconnu l'article L. 432-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne tenant compte que d'une condamnation ancienne pour caractériser une menace à l'ordre public, alors que les faits reprochés sont anciens, isolés et ne caractérisent pas une menace grave, réelle et actuelle à l'ordre public, que ses enfants sont français et qu'il exerce auprès d'eux l'autorité parentale partagée, contribuant à leur entretien et leur éducation, qu'il justifie d'une vie privée et familiale avec une ressortissante française, d'une intégration par le travail et d'une bonne connaissance de la langue française et qu'il a toujours séjourné régulièrement en France ;
* il remplit les conditions pour obtenir de plein droit la délivrance d'une carte de résident en sa qualité de père d'enfants français, ayant obtenu une carte de séjour à ce titre ;
* les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, dès lors que si la décision n'a pas en elle-même l'effet de l'éloigner de ses cinq enfants mineurs, elle le prive de la possibilité de voyager librement avec eux, d'assurer à l'avenir le règlement de sa contribution alimentaire et le place dans une situation incertaine.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2025, la préfète du Loiret conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le requérant ne peut utilement se prévaloir de la présomption d'urgence dès lors que M. A s'est vu délivrer une autorisation provisoire au séjour avec autorisation de travail ;
- la décision attaquée n'est entachée d'aucune illégalité, dès lors qu'elle est suffisamment motivée, en outre, il y a lieu de relever que le comportement du requérant est constitutif d'une menace à l'ordre public, celui-ci ayant été condamné à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour violence aggravée, par ailleurs qu'elle était légalement en mesure de l'obliger à quitter le territoire français et qu'eu égard à la durée de sa présence en France et du fait qu'il est père de quatre enfants français, elle a décidé de dégrader simplement son titre en autorisation provisoire de séjour de six mois avec droit au travail, enfin, que la décision de refus de titre n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2503345 par laquelle M. A demande au tribunal d'annuler la décision de la préfète du Loiret rejetant sa demande de titre de séjour ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bernard, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 25 juillet 2025 à 15h30 en présence de Mme Meteau, greffière d'audience, Mme Bernard a lu son rapport et entendu les observations de Me Madrid, représentant M. A, présent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et insiste sur le fait que l'autorisation provisoire de séjour avec droit au travail ne constitue pas un titre de séjour et que l'urgence est présumée s'agissant d'un refus de renouvellement de titre, que la seule condamnation avec sursis simple pour des faits anciens et isolés sur laquelle la préfète s'est fondée ne saurait caractériser une menace grave et réelle à l'ordre public, et qu'il justifie de liens apaisés avec son ex-conjointe, la mère de ses enfants, sa conjointe actuelle et participer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants.
La préfète du Loiret n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 16 heures dans les conditions prévues à l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant béninois, né le 10 août 1986, est entré en France en avril 2011, selon ses déclarations et a obtenu un titre de séjour d'une durée d'un an, régulièrement renouvelé jusqu'au 11 avril 2014. A la suite de son mariage avec une ressortissante française, dont sont nés cinq enfants, il a obtenu la délivrance d'une carte de résident en qualité de parent d'enfant français délivrée le 2 juillet 2014 et valable jusqu'au 1er juillet 2024 dont il a sollicité le renouvellement auprès des services de la préfète du Loiret, le 6 mai 2024. Par un arrêté du 28 février 2025, la préfète du Loiret a rejeté sa demande et lui a délivré une autorisation de séjour d'une durée de six mois. M. A a formé un recours gracieux contre cette décision, rejeté par une décision de la préfète du Loiret du 25 avril 2025. Par sa requête, M. A demande la suspension de l'exécution des deux décisions du 28 février 2025 et du 25 avril 2025.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé.
4. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. En l'espèce, M. A demande la suspension de l'exécution du refus de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français. La préfète du Loiret ne faisant pas état d'une circonstance particulière de nature à faire échec à cette présomption, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit donc être regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux :
6. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : () 5° lorsqu'elle envisage de refuser le renouvellement ou de retirer une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident dans le cas prévu à l'article L. 412-10 ". Aux termes de l'article L. 412-10 du même code : " Lorsque la décision de refus de renouvellement ou de retrait concerne une carte de séjour pluriannuelle ou une carte de résident, l'autorité administrative prend en compte la gravité ou la réitération des manquements au contrat d'engagement au respect des principes de la République ainsi que la durée du séjour effectuée sous le couvert d'un document de séjour en France. Cette décision ne peut être prise si l'étranger bénéficie des articles L. 424-1, L. 424-9, L. 424-13 ou L. 611-3. / La décision de refus de renouvellement ou de retrait d'une carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident est prise après avis de la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
7. En l'état de l'instruction, le moyen tiré du vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour et le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de titre en litige.
8. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnant la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant satisfaites, il y a lieu de suspendre l'exécution des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. La présente ordonnance implique nécessairement que la préfète du Loiret délivre à M. A une autorisation provisoire de séjour et de travail, valable jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond ou à défaut jusqu'à ce qu'une nouvelle décision soit prise par la préfète du Loiret. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, qui est, dans la présente instance, la partie perdante, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 28 février 2025 et de la décision du 25 avril 2025 par lesquelles la préfète du Loiret a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Loiret de réexaminer la situation de M. A. Il est également enjoint à la préfète du Loiret de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans cette attente, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de l'arrêté du 28 février 2025 dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'État versera à M. A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2025.
La juge des référés,
La greffière,
Pauline BERNARDIsabelle METEAU
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026