mercredi 8 octobre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2505263 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et une note en réponse, enregistrés les 6 et 7 octobre 2025, M. B... A..., demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire d’instruire sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de lui délivrer un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’État une astreinte journalière en cas de retard d’exécution.
M. A... soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la condition d’urgence est caractérisée par l’imminence de la reprise de ses cours à la « 2itech academy Orleans-Tours », du risque de se retrouver en situation irrégulière à l’expiration de son récépissé, de l’impossibilité d’obtenir certains justificatifs administratifs (logement, sécurité sociale, emploi étudiant) et de justifier de ses droits au séjour et au travail auprès de son employeur et de son établissement de formation dans le cadre duquel son contrat d’alternance est menacé de rupture immédiate ;
- il y a une atteinte grave et manifestement illégale à des libertés fondamentales que sont le droit de mener une vie privée et familiale normale, le droit de poursuivre ses études, le droit au travail et les droits prévus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile imposant la délivrance d’un récépissé lors du dépôt d’un dossier.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2025, le préfet d’Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que ni l’urgence ni une atteinte grave et manifestement illégale à des libertés fondamentales ne sont caractérisées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Au cours de l’audience publique tenue le 24 septembre 2025 à 9h00 en présence de M. Birckel, greffier d’audience, a été entendu le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga.
M. A... et le préfet d’Indre-et-Loire n’étaient ni présents ni représentés.
Après avoir prononcé la clôture d’instruction à l’issue de l’audience publique à 9h01.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ».
D’une part, les dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative confèrent au juge administratif des référés le pouvoir d’ordonner toute mesure dans le but de faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale portée à une liberté fondamentale par une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public. Les mesures qui sont prescrites par le juge des référés afin de faire disparaître les effets de cette atteinte doivent, en principe, présenter un caractère provisoire, sauf lorsqu’aucune mesure de cette nature n’est susceptible de sauvegarder l’exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. Le caractère manifestement illégal de l’atteinte doit s’apprécier notamment en tenant compte des moyens dont dispose l’autorité administrative compétente et des mesures qu’elle a, dans ce cadre, déjà prises.
D’autre part, l’usage par le juge des référés des pouvoirs qu’il tient des dispositions de l’article L. 521-2 est subordonné à la condition qu’une urgence particulière rende nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures d’une mesure de sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. La seule circonstance qu’une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n’est pas de nature à caractériser l’existence d’une situation d’urgence particulière justifiant l’intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l’article L. 521-2. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l’urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l’absence d’éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l’urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l’intervention du juge dans les plus brefs délais.
Aux termes de l’article L. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La détention d’un document provisoire délivré à l’occasion d’une demande de titre de séjour, d’une attestation de demande d’asile ou d’une autorisation provisoire de séjour autorise la présence de l’étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour ». Aux termes de l’article R. 431-5 du même code : « Si l’étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / (…) Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l’expiration du document dont il est titulaire (…) ». Aux termes de l’article R. 431-12 du même code : « L’étranger admis à souscrire une demande (…) de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu’il précise (…) ». Aux termes de l’article R. 431-13 du même code : « La durée de validité du récépissé mentionné à l’article R. 431-12 ne peut être inférieure à un mois. Il peut être renouvelé ». Il résulte de ces dispositions que l’étranger qui sollicite, pour la première fois ou à titre de renouvellement, une carte de séjour a le droit, s’il a déposé un dossier complet, d’obtenir un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour.
Il résulte de l’instruction que M. A..., ressortissant sénégalais, né le 16 septembre 2001 à Thionck Essyl (République du Sénégal), est entré France le 24 août 2021 muni d’un passeport revêtu d’un visa long séjour valable jusqu’au 9 septembre 2022. Il a été bénéficiaire d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « étudiant » valable du 8 septembre 2022 jusqu’au 9 juillet 2024 puis d’une carte de séjour temporaire portant la même mention valable jusqu’au 24 septembre 2025 dont il sollicité le renouvellement le 11 août 2025. Il résulte toujours de l’instruction que l’intéressé est inscrit pour l’année 2025/2026. Par courrier du 14 septembre 2025, la caisse d’allocations familiales d’Indre-et-Loire a signifié à l’intéressé un indu d’aide personnalisée au logement (APL) en raison de l’absence de transmission du nouveau titre de séjour. IL résulte toujours de l’instruction que M. A... bénéficie, dans le cadre de l’année universitaire 2025/2026 d’un contrat d’apprentissage du 1er septembre 2025 au 28 août 2026.
Il résulte de l’instruction et il n’est pas contesté par le préfet d’Indre-et-Loire en défense que le dossier de demande de renouvellement de titre de séjour, adressé par M. A... dans les délais légalement requis, était régulier et complet et devait ainsi, par application des articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l’entrée et du séjour et du droit d’asile, donner lieu à la remise d’un récépissé. Ainsi qu’il a été dit au point précédent, le requérant justifie d’un indu d’APL qui lui a été notifié en raison de l’absence d’un document de séjour, même provisoire, et d’un contrat d’apprentissage qui ne être exécuté que si le bénéficiaire étranger de ce contrat est muni d’une autorisation de séjour, même provisoire, valable le temps de ce contrat. Dans ces conditions, M. A... justifie la condition d’urgence à quarante-huit heures.
Il résulte de ce qui précède qu’en l’absence du récépissé auquel il a droit ainsi qu’il a été dit précédemment, M. A... n’est pas en mesure de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire ni n’est en mesure de bénéficier de la continuité des droits dont il bénéficiait avec son précédent titre de séjour et de travailler dans le cadre de son contrat d’apprentissage. Dans ces conditions, le refus du préfet d’Indre-et-Loire de délivrer à M. A... un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour porte une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs des libertés fondamentales reconnues aux étrangers en situation régulière et notamment au droit au respect de la vie privée et familiale et au droit aux études et au travail.
Il y a lieu, par suite, dès lors que les deux conditions prévues par l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, d’enjoindre au préfet d’Indre-et-Loire de délivrer à M. A... un récépissé de demande de renouvellement titre de séjour jour débutant le 25 septembre 2025, au plus tard le vendredi 10 octobre 2025 à minuit sous astreinte de cinquante euros par jour de retard. Il n’y a pas lieu d’enjoindre à ce stade au préfet d’Indre-et-Loire d’examiner sans délai sa demande de renouvellement qui devra en tout état de cause se prononcer dans des délais rapprochés.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet d’Indre-et-Loire de délivrer à M. A... un récépissé de demande de renouvellement titre de séjour jour débutant le 25 septembre 2025, au plus tard le vendredi 10 octobre 2025 à minuit sous astreinte de cinquante euros par jour de retard.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A... est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifié à M. B... A... et au ministre d’État, ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressé au préfet d’Indre-et-Loire.
Fait à Orléans le 8 octobre 2025.
Le juge des référés,
G. GIRARD-RATRENAHARIMANGA
La République mande et ordonne au ministre d’État, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026