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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2505902

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2505902

mercredi 12 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2505902
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé sur une requête en suspension, a rejeté la demande de l'association FCPE 28 et de Mme C... visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 2 octobre 2025 désignant les membres du comité départemental de l'éducation nationale. Les requérants invoquaient notamment une méconnaissance des articles R. 235-3 et R. 235-6 du code de l'éducation, un défaut de motivation et une atteinte à la présomption d'innocence. Le juge a estimé que la condition d'urgence, nécessaire à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'était pas établie, la composition du comité permettant toujours sa réunion régulière. En conséquence, la requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens de légalité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 novembre 2025, l’association FCPE CDPE d’Eure-et-Loir (association FCPE 28) et Mme A... C... demandent au juge des référés :

1°) en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 2 octobre 2025 par lequel le préfet d’Eure-et-Loir a désigné les membres représentant l’association requérante pour siéger au comité départemental de l’éducation nationale d’Eure-et-Loir ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros à verser à l’association requérante et à Mme C... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- l’urgence résulte de ce que l’illégalité affectant la composition du comité départemental de l’éducation nationale est susceptible d’affecter les avis de ce dernier et la légalité des décisions prises après consultation du comité ;
- l’existence d’un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte de ce que le préfet ne pouvait, sans méconnaître en premier lieu l’article R. 235-3 du code de l’éducation, désigner d’autres représentants que ceux proposés par chaque association représentative des parents d’élèves dans le département ni, sans méconnaitre en deuxième lieu l’article R. 235-6 du même code et sans entacher sa décision d’erreur manifeste d’appréciation et de détournement de pouvoir, refuser de désigner Mme C... alors que la condamnation dont celle-ci a fait l’objet, fait l’objet d’un appel et n’est donc pas définitive et qu’elle n’entraine aucune incompatibilité ; elle résulte, en outre, du défaut de motivation de la décision attaquée, du défaut de procédure contradictoire préalable, de la méconnaissance de la présomption d’innocence et de l’égalité de traitement.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2505892, enregistrée le 4 novembre 2025, par laquelle l’association FCPE 28 et Mme C... demande l’annulation de l’arrêté du 2 octobre 2025.

Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B... en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Les conclusions à fin de suspension de l’exécution de la décision en litige :

D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement et objectivement, compte tenu des justifications fournies par les parties et de l’ensemble des circonstances de chaque espèce, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que l’exécution de la décision soit suspendue avant l’intervention du jugement de la requête au fond.

D’autre part, aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. »

Pour demander la suspension de l’exécution de l’arrêté litigieux, l’association FCPE 28 et Mme C... soutiennent que l’urgence résulte de ce que le comité départemental de l’éducation nationale ne peut siéger régulièrement, dans sa composition modifiée par l’arrêté du 2 octobre 2025 litigieux, ce qui est de nature à entacher d’irrégularité les avis émis par cette instance et, par suite, les décisions prises après ces avis. Toutefois, d’une part, si les requérantes produisent un courrier du 30 septembre 2025 par lequel elles auraient fait connaître au directeur académique des services de l’éducation nationale les modifications à apporter aux membres du troisième collège du comité désignés par l’association FCPE 28, elles n’établissent pas sa réception par l’autorité administrative. D’autre part, et en toute hypothèse, si certains membres désignés par l’arrêté litigieux ont perdu leur qualité pour représenter l’association FCPE 28 et si le préfet d’Eure-et-Loir n’a pas désigné l’un des membres représentant cette dernière, il est constant que l’article R. 235-6 du code de l’éducation impose le remplacement sous trois mois des membres ayant perdu leur qualité pour siéger. Enfin, le préfet d’Eure-et-Loir a désigné cinq titulaires et six suppléants de sorte qu’en ne retenant que les membres ayant conservé leur qualité pour représenter l’association requérante, la réunion du comité départemental de l’éducation nationale dans une composition régulière n’est nullement impossible.

Il résulte de ce qui précède que l’urgence alléguée n’est pas établie. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requête tendant à la suspension de l’exécution de l’arrêté litigieux.

Les frais de l’instance :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mis à la charge de l’Etat, qui n’est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que réclament l’association FCPE 28 et Mme C... au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.


ORDONNE:


Article 1er : La requête de l’association FCPE 28 et Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association FCPE CDPE d’Eure-et-Loir.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet d’Eure-et-Loir.


Fait à Orléans, le 12 novembre 2025.


Le juge des référés,

Denis B...



La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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