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AccueilJurisprudence administrativeN° TA45-2506184

Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2506184

mardi 25 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2506184
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBOUALI FATIMA

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet d'Eure-et-Loir refusant un titre de séjour à M. A..., ressortissant ivoirien. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, le requérant ne justifiant pas d'une situation régulière antérieure ni d'une perturbation suffisamment grave de sa situation personnelle ou professionnelle, son contrat d'apprentissage n'ayant pas encore débuté. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement mal fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Bouali, demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du préfet d’Eure-et-Loir portant refus de titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet d’Eure-et-Loir de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler valable jusqu’à ce qu’il ait été statué au fond sur la requête en annulation, dans un délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 300 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- ressortissant ivoirien né le 3 juin 2007, il est entré en France de manière irrégulière le 11 mai 2024 ; il a été pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance d’Eure-et-Loir à compter du 18 juin 2024 ; il a suivi une année de scolarité au sein d’un lycée professionnel en classe de CAP Peintre Applicateur de revêtements à compter du 21 octobre 2024 et a conclu pour une durée d’un an un contrat d’apprentissage portant sur la préparation dudit CAP prenant effet à compter du 1er juillet 2025 ;
- sa requête est recevable car la décision contestée ne lui a pas été valablement notifiée puisqu’elle lui a été envoyée à une autre adresse que celle qui correspondait à sa domiciliation lors du dépôt de son dossier de régularisation ;
- la condition tenant à l’urgence est remplie car elle est présumée dans le cas d’un refus de renouvellement d’un titre de séjour et car la décision en litige a pour effet de le faire basculer d’une situation régulière puisqu’il disposait d’un récépissé l’autorisant à travailler, à une situation irrégulière, alors qu’il résidait régulièrement sur le territoire français depuis qu’il est entré durant sa minorité, qu’il poursuit ses études, et qu’il est actuellement en train d’exécuter un contrat d’apprentissage suite à une année de CAP peintre et que ce contrat risque d’être résilié par son employeur ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée car :
* son année de scolarité en CAP est démontrée par la production des deux bulletins scolaires justifiant de la continuité et du caractère sérieux de la formation suivie depuis 1 an, soit au-delà de la période minimale de 6 mois exigée par l’article L. 435-3 du CEDEDA ; le métier dans lequel il est en train de se former constitue un métier en tension ; ce contrat s’inscrit dans la continuité d’un stage du 10 juin au 4 juillet 2025 ; il est un élève exemplaire, remarquable curieux, avec une attitude toujours positive, avec une assiduité irréprochable ;
* la notification de la décision n’étant pas valablement exécutée, cette erreur d’adresse d’envoi suffit à remettre en cause la légalité de la décision ;
* la compétence de l’auteur de la décision attaquée n’est pas établie ;
* la décision attaquée est entachée d’erreur de fait et d’erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 435- 3 du CESEDA car il justifie d’une formation suivie depuis au moins 6 mois à la date de sa demande ;
* elle est entachée d’erreur de droit car le préfet se réfère à ses attaches familiales dans son pays d’origine ainsi qu’à l’absence d’attache particulière en France, estimant dans ces conditions que sa décision ne méconnait pas les stipulations de l’article 8 de la convention européenne des droits de l’Homme, alors que cet élément n’a pas à être pris en considération au sein de l’appréciation des dispositions de l’article L. 435- 3 du CESEDA ;
* elle est prise en violation de la circulaire du 28 novembre 2012 dès lors qu’il a démontré un parcours de formation assidu et brillant lui permettant à coup sûr une insertion durable dans la société française puisqu’il se forme en tant que peintre qui est un métier en tension.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lefebvre-Soppelsa, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 dudit code : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » et aux termes de l’article L. 521-3 : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (...) ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ». Enfin, aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « (…) / A peine d’irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d’une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière ».

2. Contrairement à ce qu’il soutient aux termes de ses écritures, le requérant n’a pas introduit de requête au fond distincte de sa requête en référé. Par suite, ses conclusions sont manifestement irrecevables.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... A... ne peut être que rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code précité.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Orléans, le 25 novembre 2025.


La juge des référés,




Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La République mande et ordonne au préfet d’Eure-et-Loir en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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