Le Tribunal administratif d'Orléans, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme B... comme étant manifestement irrecevable. Le juge a considéré que la demande, qui sollicitait une intervention du tribunal pour "trouver une solution" à des difficultés pour obtenir un rendez-vous médical expertal, ne satisfaisait pas aux conditions de recevabilité d'un recours administratif. La décision s'appuie sur les articles R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, rappelant que le juge ne peut être saisi que pour annuler une décision ou condamner l'administration au paiement d'une somme, et non pour se substituer à elle ou lui adresser des injonctions en dehors des cas prévus par la loi.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un courrier, enregistré le 18 décembre 2025, Mme A... B... informe le tribunal des difficultés qu’elle rencontre pour obtenir un rendez-vous avec un médecin expert à la suite de l’accident vasculaire cérébral dont elle a été victime sur son lieu de travail, et lui demande de « trouver une solution ».
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».
D’une part, aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. / L’auteur d’une requête ne contenant l’exposé d’aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d’un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu’à l’expiration du délai de recours ».
D’autre part, aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie d’un recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ». Il résulte de ces dispositions que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une somme d’argent. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative, il n’appartient au juge administratif ni d’adresser des injonctions à l’administration ni de faire lui-même œuvre d’administrateur en se substituant à celle-ci.
Si Mme B... indique qu’elle rencontre des difficultés pour obtenir un rendez-vous avec un médecin expert et que son employeur ne réagit pas à ses sollicitations, elle se borne à demander au tribunal « de trouver une solution ». Sa requête ne contient ainsi aucune conclusion tendant à l’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une somme d’argent. Elle ne contient pas davantage de moyen de fait ou de droit venant au soutien de ses prétentions. Au surplus, à supposer que Mme B... puisse être regardée comme demandant au tribunal d’enjoindre à son employeur de lui proposer un rendez-vous avec un médecin expert, il résulte de ce qui est énoncé au point 3 qu’il ne relève pas de l’office du juge administratif de connaître de telles conclusions.
Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B..., qui ne satisfait pas aux exigences des articles R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, est manifestement irrecevable et qu’elle doit être rejetée par application du 4° de l’article R. 222-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Copie en sera adressée pour information au centre hospitalier de Dreux.
Fait à Orléans, le 3 avril 2026.
La présidente de la 4ème chambre,
Sophie LESIEUX
La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.