Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mars 2026, M. A... B..., représenté par Me Chavkhalov, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du 27 janvier 2026 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé le renouvellement de sa carte professionnelle l’autorisant à exercer l’activité d’agent de sécurité privée ;
2°) d’enjoindre au CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle dans un délai de sept jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée dès lors, d’une part, que la décision attaquée a pour effet immédiat de le priver de la possibilité d’exercer son activité professionnelle auprès des deux sociétés qui l’emploient et donc de l’intégralité de ses ressources et ce alors qu’il supporte des charges fixes incompressibles particulièrement importantes et d’autre part, qu’il n’existe aucun intérêt public à l’exécution immédiate de la décision attaquée dans la mesure où les deux mises en cause l’ayant fondée ont chacune fait l’objet d’un classement sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée et où il conteste formellement les faits qui lui sont reprochés ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu’il n’est pas justifié de l’habilitation des agents du CNAPS aux fins d’accès aux informations personnelles le concernant contenues dans le fichier du traitement des antécédents judiciaires, ni d’une autorisation du ministère public de consulter, dans ce fichier, des mises en cause ayant abouti à une mesure de classement sans suite, et que les faits reprochés sont entachés d’inexactitude matérielle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2026, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que le renouvellement de la carte professionnelle de M. B... lui a été accordé le jour même.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 27 mars 2026 sous le n° 2601897 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lesieux, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience et informée de la radiation de l’affaire du rôle de l’audience publique du 8 avril 2026.
Postérieurement à cette information, M. B... a présenté un mémoire, enregistré le 7 avril 2026 et non communiqué, par lequel il déclare se désister de sa requête et maintenir ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l’article L. 522-1 de ce code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (…) ». Selon l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
Lorsque le juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu’il y avait lieu, non de la rejeter en l’état pour l’un des motifs mentionnés à l’article L. 522-3 du même code, mais d’engager la procédure prévue à l’article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête, auquel cas le juge peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d’audience.
M. B... demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 27 janvier 2026 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a refusé le renouvellement de sa carte professionnelle d’agent de sécurité privée en se fondant sur des mises en cause ayant fait l’objet d’un classement sans suite pour infractions insuffisamment caractérisées. Par un mémoire enregistré le 3 avril 2026, le CNAPS a informé la juge des référés que, postérieurement à l’introduction de la requête, une carte professionnelle avait été délivrée à M. B.... Par suite, la demande de suspension de l’exécution de la décision attaquée ainsi que les conclusions tendant à ce qu’il soit enjoint de lui délivrer une carte professionnelle ont perdu leur objet. Il n’y a dès lors plus lieu d’y statuer.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du CNAPS le versement à M. B... de la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B... à fin de suspension de l’exécution de la décision du 27 janvier 2026 du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité et à fin d’injonction sous astreinte.
Article 2 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera à M. B... la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Orléans, le 8 avril 2026.
La juge des référés,
Sophie LESIEUX
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.