vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2000866 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | JEANNIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 février 2020 et un autre mémoire déposé le 3 juin 2022, l'Ordre des avocats au Barreau de la Haute-Marne, la Caisse de règlement pécuniaire des avocats (CARPA) au Barreau de la Haute-Marne et le Barreau de la Haute-Marne, représentés
par Me Jeannin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler onze titres exécutoires émis à leur encontre le 12 août 2019
par la direction régionale des finances publiques (DRFIP) de Bourgogne Franche-Comté mettant à leur charge au total la somme de 467,18 euros ;
2°) de condamner l'Etat (ministre de la justice) aux dépens de l'instance ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (ministre de la justice) la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les titres exécutoires attaqués ne sont pas revêtus de la signature de leur auteur,
ce qui est contraire à l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les destinataires mentionnés sur les titres en litige sont l'Ordre des avocats
et la CARPA, alors que ces entités sont des tiers à la convention de répartition des charges signée le 13 juin 2018 entre la Cour d'appel de Dijon et le Barreau de la Haute-Marne ; l'Ordre
des avocats n'a pas la personnalité juridique ;
- au terme de l'article 7 de la convention, le Barreau n'est pas tenu de participer
à l'entretien des parties communes du palais de justice, non plus qu'aux dépenses d'éclairage
ou de chauffage de ces parties communes, ni aux dépenses de sûreté telles que le gardiennage
et équipements spécifiques liés à la sûreté ; les titres exécutoires émis concernent des charges
qui ne sont pas récupérables et seront annulés ;
- s'agissant du titre n°021000 010 053 021 485547 2019 0002824 visant la créance
" Convention de répartition des charges d'eau entre la Cour d'Appel de Dijon et le Tribunal
de Grande Instance de Chaumont signée le 13 juin 2018 Année 2018 - fournisseur Véolia " pour 23,71 euros et s'agissant du titre n°021000 010 053 021 485547 2019 0002815 du 12 août 2019 concernant la créance " Convention de répartition des charges de maintenance plomberie
et sanitaires entre la Cour d'Appel de Dijon et le Tribunal de Grande Instance de Chaumont signée le 13 juin 2018 Année 2018 - Fournisseur Nord Picardie Maintenance " de 18,43 euros, l'Ordre des avocats et la CARPA Haute-Marne n'ont pas d'accès à l'eau dans leurs locaux ; cette charge d'eau n'est ainsi pas récupérable; l'objection suivant laquelle les membres du Barreau utiliseraient nécessairement les sanitaires à proximité est sans pertinence dès lors que ces sanitaires relèvent des parties communes du tribunal et sont aussi utilisés par le public et notamment par les personnes détenues dans la geôle à proximité ; l'article 7 de la convention dispense le barreau de participer à l'entretien des parties communes du palais de justice ;
- s'agissant des titres n°021000 010 053 021 485547 2019 0002819
et n°021000 010 053 021 485547 2019 0002818 concernant la créance " charges de maintenance ascenseurs et portes automatiques par le fournisseur A2A " pour des montants de 4,25 euros
et de 14,46 euros ; les locaux du barreau ne bénéficient pas de la prestation d'ascenseurs dès lors qu'ils ne sont accessibles depuis l'entrée principale que par un escalier ; à défaut de plus amples informations sur le titre ou le décompte fourni, les portes automatiques sont également liées aux ascenseurs dont la maintenance ne constituent donc pas des charges récupérables auprès
du barreau ;
- le titre n°021000 010 053 021 485547 2019 0002817 d'un montant de 18,11 euros est relatif à la créance " charges de maintenance téléphonique " mais l'Ordre des avocats au barreau de la Haute-Marne dispose d'une ligne téléphonique distincte avec une facturation qui lui est propre ; les charges relatives à la téléphonie sont donc expressément exclues des charges récupérables, conformément à l'article 7 de la convention ; si le ministre estime, sans fournir aucun détail dans le décompte ni exemple de devis, que la maintenance téléphonique correspond à l'entretien des lignes et que le Barreau de la Haute-Marne en bénéficie au sein de ses locaux,
il n'est pas justifié que cette maintenance ne correspondrait pas au matériel de téléphonie, l'indication d'une intervention de Proxilor Télécommunication qui est un fournisseur
de matériel de téléphonie et de solutions de téléphonie est un indice de la nature de la dépense
en cause ;
- le titre n°021000 010 053 021 485547 2019 0002820 concernant la créance " charges de maintenance couverture " d'un montant de 69,30 euros et le titre n°021000 010 053 021 485547 2019 0002821 relatif à la créance " charges de maintenance couverture et zinguerie "
de 39,97 euros seront annulés ; si la toiture est incluse dans les parties communes
des immeubles, conformément au dernier alinéa de l'article 7 de la convention, le Barreau n'est pas tenu de participer aux charges de maintenance de ses éléments accessoires ;
- s'agissant du titre n°021000 010 053 021 485547 2019 0002813 concernant la créance " charges de maintenance électrique" de 186,22 euros, le titre n°021000 010 053 021 485547 2019 0002816 concernant la créance " charges de maintenance menuiserie, serrurerie, quincaillerie " de 16,07 euros, le titre n°021000 010 053 021 485547 2019 0002814 concernant la créance " charges de maintenance CVC " de 55,70 euros, et le titre n°021000 010 053 021 485547 2019 0002812 concernant la créance " charges de contrôles et de vérifications réglementaires " de 20,96 euros ; l'intitulé des charges ainsi que le décompte du montant annuel des coûts à la charge du Barreau - transmis à l'Ordre des avocats et à la CARPA après leur contestation ne permettent pas de déterminer si ces différents coûts sont véritablement
à la charge du Barreau car découlant des prestations dont il bénéficie dans sa salle de réunion, ou si, au contraire et par exemple, ils concernent l'entretien des parties communes ;
- pour ce qui concerne tous les titres sur lesquels il devait être appliqué la " CLEF2 "
de répartition des charges (maintenance, contrôle réglementaire et sécurité), le total des charges auquel la clef de répartition a été appliquée ne correspond pas aux charges du seul bâtiment A mais aux charges de l'ensemble du tribunal judiciaire composé de deux bâtiments ;
- le montant réclamé à l'Ordre et à la CARPA est donc excessif.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2021, le garde des sceaux, ministre
de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cristille, président ;
- et les conclusions de M. Deschamps rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le Barreau de la Haute-Marne, l'Ordre des avocats au Barreau de la Haute-Marne
et la Caisse de règlement pécuniaire des avocats au Barreau de la Haute-Marne (CARPA) occupent au sein du tribunal judiciaire de Chaumont des locaux comprenant une salle de réunion, deux bureaux, un vestiaire et des cases à courriers. Cette situation a fait l'objet
d'une clarification, le 13 juin 2018, sous la forme d'une convention de répartition de charges, conclue entre la Cour d'appel de Dijon et le Barreau de la Haute-Marne. Cette convention fixe
le mode de détermination et de liquidation de la part des charges afférentes aux locaux occupés. Sur la base de cette convention, treize titres de perception ont été émis le 12 août 2019
par la direction régionale des finances publiques de Bourgogne Franche-Comté sur ordre
de la Cour d'appel de Dijon. Si deux de ces titres, d'un montant respectif de 196,67 euros
et de 249,12 euros relatifs au chauffage et à l'éclairage, ont été réglés par l'Ordre des Avocats, le bâtonnier de l'Ordre des avocats au Barreau de la Haute-Marne et le président de la CARPA Haute-Marne ont contesté les onze autres titres, estimant qu'ils ne concernaient pas des charges récupérables en application de la convention de répartition. Ils ont ainsi formé
le 19 septembre 2019 un recours en application de l'article 118 du décret 2012-1246
du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable au directeur régional des finances publiques de Bourgogne Franche Comté, mais ce recours a été rejeté
le 2 décembre 2019 par la première présidente de la Cour d'appel de Dijon et le procureur général auprès de cette cour. Le Barreau de la Haute-Marne, l'Ordre des avocats au Barreau
de la Haute-Marne et la CARPA Haute-Marne demandent au tribunal l'annulation des titres exécutoires en litige.
2. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public
et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Le V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 prévoit que pour l'application de ces dispositions " aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'Etat doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur. Ces dispositions n'imposent pas, en revanche, de faire figurer sur cet état les nom, prénom et qualité du signataire.
3. En l'espèce, si les titres de perception en litige émis le 12 août 2019 comportent tous le nom, le prénom et de la qualité de l'ordonnateur, aucun n'est revêtu de sa signature. Contrairement à ce que soutient le ministre en défense, les circonstances que l'identité
de l'auteur des titres soit aisément identifiable et qu'aucune demande n'a été formulée par les requérants afin d'obtenir un état signé ne suffisent pas à répondre aux exigences de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré
de ce que les titres de perception contestés méconnaissent, à défaut d'être signés, les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration est fondé.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens
de la requête, que les titre de recettes en litige doivent être annulés.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme que demandent l'Ordre des avocats au Barreau de la Haute-Marne, la Caisse de règlement pécuniaire des avocats (CARPA) au Barreau de la Haute-Marne et le Barreau de la Haute-Marne.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres de perception attaqués en date du 12 août 2019 sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'Ordre des avocats au Barreau de la Haute-Marne, à la Caisse de règlement pécuniaire des avocats (CARPA) au Barreau de la Haute-Marne,
au Barreau de la Haute-Marne et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée au procureur, près le Tribunal judiciaire de Chaumont, au Tribunal judiciaire de Chaumont et à la Cour d'appel de Dijon.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président-rapporteur,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Herzog, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
P.-H. MALEYRE
Le président-rapporteur,
signé
P. CRISTILLE
Le greffier
signé
A. PICOT
N°2000866
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026