vendredi 14 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2100068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | KAMKAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 janvier 2021, Mme B A représentée par la SELAS Devarenne associés Grand Est demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision révélée, manifestée par l'absence de versement de son traitement, par laquelle le centre hospitalier d'Argonne l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 6 juillet 2020 ;
2°) d'enjoindre à l'établissement de santé de la placer sous le régime de l'accident de service et de rétablir son plein traitement sous astreinte de 100 euros par retard à compter du 7ème jour suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Argonne la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision n'est pas intervenue à l'issue d'une procédure contradictoire et a ainsi méconnu l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision n'est motivée ni en fait ni en droit, ce qui est contraire aux dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que, si son état de santé a été regardée comme consolidée le 5 juillet 2020, les arrêts de travail et les soins qui lui ont été prescrits sont néanmoins en lien direct et certain avec l'accident et auraient dû être pris en charge à ce titre.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2021 et un nouveau mémoire déposé le 14 mars 2023, le centre hospitalier d'Argonne représenté par Me Kamkar conclut au rejet de la requête et à la condamnation de Mme A à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Deschamps, rapporteur public,
- et les observations de Me Brenner substituant Me Devarenne représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A exerçait depuis 2008 les fonctions d'aide-soignante de nuit au sein du centre hospitalier d'Argonne. Suivant ses déclarations, le 11 février 2020 alors qu'elle effectuait le transfert d'une patiente du lit au fauteuil, elle a ressenti un craquement et une douleur aiguë au dos. L'accident a été reconnu comme imputable au service par une décision du 17 février 2020 du directeur du centre hospitalier et Mme A a été placée en congé de maladie pour accident de service. Par la suite, à la demande de l'administration, Mme A a été examinée par un expert, qui a estimé, dans un rapport remis le 20 octobre 2020, que l'état de l'agent pouvait être regardé comme consolidé à la date du 5 juillet 2020 et que les soins et les arrêts de travail postérieurs à cette date devaient être rattachés à la maladie ordinaire. Par une décision non formalisée, dont l'existence a été révélée par l'absence de paie au mois de novembre 2020 ainsi que par une attestation de la directrice adjointe du centre hospitalier du 20 novembre 2020, Mme A a été placée en congé de maladie ordinaire à compter du 6 juillet 2020. Ce congé ne lui a ouvert droit, à compter du 4 octobre 2020, qu'au versement d'un demi-traitement. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dans sa rédaction, applicable à l'espèce, antérieure à l'entrée en vigueur de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation, à la santé et à la sécurité au travail dans la fonction publique, le fonctionnaire en activité dont la maladie provient d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, y compris un accident de trajet, a droit à un congé de maladie et conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a également droit au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident.
3. En outre, la consolidation de l'état de santé a seulement pour objet de constater la stabilisation de l'état de santé du fonctionnaire et non la disparition de toute séquelle de l'accident. La date de consolidation des séquelles de l'accident est ainsi indépendante de l'appréciation du lien entre l'accident et le service.
4. Pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail prescrits à Mme A après le 6 juillet 2020, le centre hospitalier d'Argonne lui a opposé la consolidation, à cette date, de son état de santé. L'administration s'est appuyée pour cela sur l'expertise médicale qu'elle avait diligentée et dont les conclusions du 24 septembre 2020 exposent : " date de consolidation : 5 juillet 2020. Soins et arrêts de travail post-consolidation à rattacher à la maladie ordinaire ". Elle s'est également prévalue de l'avis de la commission de réforme du 14 janvier 2021 qui propose une date de consolidation à la date du 5 juillet 2020 et indique qu'une reprise est inenvisageable sur le même poste même aménagé et sur l'avis du comité médical départemental rendu le 8 avril 2021 qui retient une mise en congé de maladie ordinaire du 6 juillet 2020 au 5 juillet 2021. Toutefois, en retenant uniquement la date de la consolidation, le centre hospitalier s'est fondé ainsi qu'il a été rappelé au point précédent sur un motif étranger au lien de causalité entre la pathologie et les arrêts qui, seul doit être pris en considération.
5. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier, notamment du certificat médical du 23 septembre 2020 établi par le rhumatologue qui a pris en charge Mme A que la patiente " () reste gênée par la lombalgie mécanique en rapport avec ces discopathies modic 1 en L. 2-L3 et L.5.S1 ()" Ainsi à cette date, les arrêts de travail de Mme A pouvaient être directement liés à l'accident de service du 11 février 2020 et être pris en charge au titre de la législation sur les accidents de service. Il suit de là, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision révélée par laquelle le centre hospitalier d'Argonne l'a placée en congé de maladie ordinaire à compter du 6 juillet 2020 doit être annulée pour erreur de droit.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. L'annulation qui vient d'être prononcée implique nécessairement que le directeur du centre hospitalier réexamine la situation de Mme A quant à l'imputabilité au service de la pathologie de celle-ci, à compter du 6 juillet 2020, dont toutes conséquences ultérieures, jusqu'à la date du présent jugement. Il y a lieu d'enjoindre au centre hospitalier de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification de celui-ci sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier d'Argonne le versement de la somme de 1 500 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par le centre hospitalier d'Argonne.
D E C I D E :
Article 1er : La décision révélée par laquelle le centre hospitalier d'Argonne a placé Mme A en congé de maladie ordinaire à compter du 6 juillet 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier d'Argonne, de réexaminer la situation de Mme A quant à l'imputabilité au service de la pathologie de celle-ci, à compter du 6 juillet 2020, dont toutes conséquences ultérieures, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Article 3 : Le centre hospitalier d'Argonne versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier d'Argonne Ariège au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier d'Argonne.
Délibéré après l'audience du 24 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme de Laporte, première conseillère,
M. Maleyre, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
V. DE LAPORTELe président-rapporteur,
signé
P. CLe greffier,
signé
A. PICOT
N°2100068
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026