jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIÈS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mai 2021, le groupement agricole d'exploitation en commun de La Poste, représenté par Me Sens-Salis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 25 mars 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Reims a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Lavannes, en tant qu'elle classe en zone N les parcelles cadastrées ZB n° 21 et 27 ;
2°) d'enjoindre au conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Reims d'engager la procédure de révision allégée du plan local d'urbanisme de la commune de Lavannes, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et d'approuver cette révision dans un délai de douze mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la communauté urbaine du Grand Reims la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération contestée est entachée d'incompétence ;
- le classement des parcelles cadastrées ZB n° 21 et 27 en zone N est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et est incohérent avec le projet d'aménagement et de développement durables ;
- le classement en zone N des parcelles met en péril la pérennité économique de l'exploitation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2021, la communauté urbaine du Grand Reims, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du GAEC de La Poste, la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le GAEC de La Poste n'a pas justifié être représenté par une personne ayant qualité pour engager une action en justice en son nom ;
- le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte est irrecevable ;
- les moyens soulevés par le GAEC de La Poste ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 1er août 2022 par une ordonnance du même jour en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Le GAEC de La Poste a produit un mémoire, enregistré le 25 août 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gauthier-Ameil, conseiller,
- les conclusions de M. Torrente, rapporteur public,
- et les observations de Me Frigiere, représentant la communauté urbaine du Grand Reims.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 25 mars 2021, le conseil communautaire de la communauté urbaine du Grand Reims a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune de Lavannes. Le GAEC de La Poste demande au tribunal d'annuler cette délibération en tant qu'elle classe en zone N les parcelles cadastrées ZB n° 21 et 27, situées au lieu-dit " La Maladrerie " dont elle est propriétaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé par : / 1° L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à la majorité des suffrages exprimés après que les avis qui ont été joints au dossier, les observations du public et le rapport du commissaire ou de la commission d'enquête aient été présentés lors d'une conférence intercommunale rassemblant les maires des communes membres de l'établissement public de coopération intercommunale et, le cas échéant, après que l'avis des communes sur le plan de secteur qui couvre leur territoire a été recueilli ; () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du chapitre Ier du titre II du livre Ier de la deuxième partie relatives au fonctionnement du conseil municipal sont applicables au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu'elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre. () ". L'article L. 2121-23 du même code, dans sa rédaction alors applicable, prévoit : " Les délibérations sont inscrites par ordre de date. / Elles sont signées par tous les membres présents à la séance, ou mention est faite de la cause qui les a empêchés de signer. ". S'agissant du respect des formalités afférentes à leur signature, les délibérations d'un conseil communautaire sont soumises aux dispositions spéciales de l'article L. 2121-23 du code général des collectivités territoriales, lesquelles ne sont pas prescrites à peine de nullité de ces délibérations.
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la délibération contestée du 25 mars 2021 n'aurait pas été signée par les conseillers communautaires présents à la séance conformément aux dispositions précitées de l'article L. 2121-23 du code général des collectivités territoriales, dont la méconnaissance éventuelle n'a au demeurant pas pour effet d'entraîner la nullité des délibérations concernées. La circonstance que la copie certifiée conforme de la délibération, qui est produite par le requérant, a été signée par délégation pour la présidente de la communauté urbaine du Grand Reims est sans incidence sur la légalité de la délibération contestée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la délibération contestée en l'absence de délégation ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; () / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
5. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par ce plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
6. Il ressort du projet d'aménagement et de développement durables que les auteurs du plan local d'urbanisme ont, d'une part, entendu, dans le cadre de l'objectif 1.4 " Rechercher l'équilibre entre développement urbain et préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers ", préserver les espaces à dominante agricole structurants ainsi que, dans le cadre de l'objectif 2.3 " Protéger la qualité paysagère et accompagner sa sensibilité " pérenniser la composition du grand paysage ainsi que les cônes de vue vers les éléments caractéristiques, notamment vers le clocher de l'église et vers la mairie et, d'autre part, souhaité prendre en compte, dans le cadre de l'objectif 2.1 " Protéger l'environnement naturel ", la protection de la ressource en eau potable issue du captage communal actuel.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les parcelles ZB n° 21 et ZB n° 27 se trouvent, au moins pour partie, dans le périmètre de protection rapproché et dans le périmètre de protection éloigné du captage d'eau potable alimentant la commune. Par ailleurs, il n'est pas contesté que si la qualité de l'eau à l'échelle de la masse d'eau " Craie de Champagne Nord " a été jugée " bonne ", celle-ci se trouve néanmoins à la limite de la qualité " moyenne ", fixée à un seuil de concentration en nitrates de 37mg/L. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les parcelles litigieuses se situent à proximité immédiate du village, dans un secteur dépourvu de constructions et offrant une vue directe sur le clocher de l'église et sur le campanile de la mairie. Dans ces conditions, compte tenu des partis d'aménagement rappelés au point 6 et alors même que le projet d'aménagement et de développement durables fixe par ailleurs des objectifs 1.2 et 2.4 visant à assurer la pérennité de l'activité agricole au sein du territoire communal et à prendre en compte les espaces bâtis à vocation agricole en dehors des périmètres actuellement urbanisés de la commune et à leur assurer une évolution adaptée, le classement des parcelles ZB n° 21 et ZB n° 27 en zone naturelle, qui est cohérent avec les orientations générales et objectifs définis par le projet d'aménagement et de développement durables, n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation. La circonstance qu'un tel classement serait de nature à faire obstacle à l'amélioration des bâtiments d'élevage existants sur les parcelles litigieuses et à mettre en péril l'activité économique du GAEC de la Poste, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de la délibération contestée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le GAEC de La Poste ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent également qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté urbaine du Grand Reims qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le GAEC de La Poste demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
10. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du GAEC de La Poste le versement d'une somme de 1 500 euros à la communauté urbaine du Grand Reims, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par le GAEC de La Poste est rejetée.
Article 2 : Le GAEC de La Poste versera à la communauté urbaine du Grand Reims une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au groupement agricole d'exploitation en commun de La Poste et à la communauté urbaine du Grand Reims.
Copie en sera adressée pour information à la commune de Lavannes.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Castellani, première conseillère,
M. Gauthier-Ameil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
Le rapporteur,
Signé
F. GAUTHIER-AMEILLa présidente,
Signé
A-S. MACH
Le greffier,
Signé
E. MOREUL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026