jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2101525 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP X. COLOMES - S. COLOMES-MATHIEU - ZANCHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 15 juillet et 10 novembre 2021, 15 février et 25 mars 2022, M. B A, représenté par la SCP Colomes-Mathieu-Zanchi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) du 18 mai 2021 lui refusant la délivrance de la carte professionnelle d'agent de sécurité ;
2°) d'annuler la décision implicite de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS en date du 16 septembre 2021 née du silence gardé sur le recours administratif préalable obligatoire qu'il a formé le 16 juillet 2021, refusant le renouvellement de sa carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité ;
3°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle d'agent privé de sécurité ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de renouvellement ;
4°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision implicite du CNAPS rejetant son recours préalable obligatoire est insuffisamment motivée ;
- la commission n'a pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. A ;
- la matérialité des faits reprochés n'est pas établie ;
- les faits du 7 décembre 2016 sont prescrits et les faits d'abus de confiance sont inopposables ;
- la décision du CNAPS est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 janvier et 7 mars 2022, le CNAPS, représenté par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les conclusions dirigées contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité sont irrecevables et que les moyens soulevés dans la requête à l'encontre de la décision du 3 novembre 2021 ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision
du 8 octobre 2021.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Herzog, conseiller,
- et les conclusions de M. Deschamps, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 29 avril 1975, qui exerçait les fonctions d'agent de sécurité était à ce titre titulaire d'une carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privée depuis le 20 juillet 2011, laquelle a fait l'objet d'un renouvellement par décision du 22 mars 2016 et était valable jusqu'au 22 mars 2021. Il a sollicité le renouvellement de sa carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privé. La commission interrégionale d'agrément et de contrôle Est, par une délibération du 18 mai 2021, a refusé de renouveler cette carte. Par une décision du 29 juin 2021, la commission a rejeté le recours gracieux formé par l'intéressé. M. A demande l'annulation de la délibération du 18 mai 2021 ainsi que celle du 16 septembre 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 18 mai 2021 et confirmé le refus de renouvellement de sa carte professionnelle. Par une délibération du 3 novembre 2021, la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité a expressément rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 18 mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision implicite de la commission nationale d'agrément et de contrôle :
2. La Commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS, par une délibération du 3 novembre 2021, a expressément rejeté le recours préalable formé, le 12 juillet 2021, contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle Est. Cette décision expresse s'est entièrement substituée à la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration le 16 septembre 2021. Par suite, il y a lieu de regarder ces conclusions comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
En ce qui concerne la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle :
3. Aux termes de l'article L. 633-1 du code de sécurité intérieure : " Les commissions d'agrément et de contrôle territorialement compétentes sont chargées, au nom du Conseil national des activités privées de sécurité : / () / 1°) De délivrer les autorisations, agréments et cartes professionnelles prévus au présent livre () ". Aux termes de l'article L. 633-3 de ce code : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux ". L'article R. 633-9 du même code prévoit que la décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle.
4. Il résulte de ces dispositions que le recours administratif auprès de la commission nationale d'agrément et de contrôle prévu à l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure constitue un préalable obligatoire à la saisine du juge administratif. L'institution d'un tel recours a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin de fixer définitivement la position de l'administration. Dans ces conditions, la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire, implicite ou explicite, qui se substitue à la décision initiale, est seule susceptible d'être déférée au juge administratif. Par suite, les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de la délibération du 18 mai 2021 de la commission locale d'agrément et de contrôle Est doivent être rejetées comme irrecevables et la fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point doit être accueillie.
En ce qui concerne la décision du 3 novembre 2021 de la Commission nationale d'agrément et de contrôle :
5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ; 1° bis A faire assurer par des agents armés l'activité mentionnée au 1°, lorsque celle-ci est exercée dans des circonstances exposant ces agents ou les personnes se trouvant dans les lieux surveillés à un risque exceptionnel d'atteinte à leur vie ; () 3° A protéger l'intégrité physique des personnes () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; () / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ".
6. Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'elle est saisie d'une demande de délivrance d'une carte professionnelle pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité, l'autorité administrative compétente procède à une enquête administrative. Cette enquête, qui peut notamment donner lieu à la consultation du traitement automatisé de données à caractère personnel mentionné à l'article R. 40-23 du code de procédure pénale, vise à déterminer si le comportement ou les agissements de l'intéressé sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat, et s'ils sont ou non compatibles avec l'exercice des fonctions d'agent privé de sécurité. Pour ce faire, l'autorité administrative procède, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à une appréciation globale de l'ensemble des éléments dont elle dispose. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
7. Pour refuser à M. A le renouvellement de sa carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privé, la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a relevé, d'une part, que l'intéressé avait été mis en cause à deux reprises le 11 avril 2021 et le 2 février 2020, en qualité d'auteur de faits de violence par une personne en état d'ivresse manifeste sans incapacité, de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, ou de port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D commis le 1er février 2020. La commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS de sécurité a encore pris en considération la mise en cause de l'intéressé pour des faits de violence avec incapacité n'excédant pas huit jours commis les 7 et 9 décembre 2016.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été mis en cause à plusieurs reprises pour les faits énumérés au point précédent, ce qui a justifié une double inscription au traitement des antécédents judiciaires (TAJ). De plus, il résulte des documents de l'enquête administrative que, le 7 décembre 2016, l'intéressé a assené des coups de pieds et de poings de manière répétée à sa fille, alors âgée de 15 ans. En outre, certains de ces faits ont fait l'objet de poursuites pénales et devaient être jugés au tribunal judiciaire de Troyes en octobre 2021. Si M. A se prévaut de la " prescription pénale " qui empêcherait selon lui au CNAPS de prendre en considération les faits commis le 7 décembre 2016, il n'apporte aucune précision à cet égard et, en tout état de cause, la matérialité des faits reprochés en date du 7 décembre 2016 est admise par l'intéressé. De plus, le CNAPS pouvait prendre en considération les faits imputés le 10 avril 2021 dès lors que l'administration statue sur le recours administratif préalable obligatoire sur le fondement de la situation de fait et de droit prévalant à la date de sa décision en vertu des dispositions de l'article L. 412-5 du code des relations entre le public et l'administration, sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'ils n'apparaissaient pas au traitement des antécédents judiciaires lors de l'enquête initiale. Enfin, M. A ne peut utilement arguer de l'inopposabilité des faits d'abus de confiance alors que la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS du 3 novembre 2021 ne repose pas sur un tel motif. Par suite, compte tenu de la gravité des faits commis eu égard aux fonctions envisagées et dont la matérialité est établie, de leur réitération, et eu égard également au caractère récent des faits reprochés, de nature à remettre en cause la capacité de maîtrise de soi de l'intéressé, la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure en refusant à M. A de renouveler de sa carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité privé, en dépit de ses attestations de bonne personnalité et de professionnalisme.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, de même que celles relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
M. Maleyre, premier conseiller,
M. Herzog, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
I. HERZOGLe président,
Signé
P. CRISTILLELe greffier,
Signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026