LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2102389

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2102389

mardi 8 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2102389
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP DELGENES-VAUCOIS-JUSTINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 novembre 2021 et 10 janvier 2022, Mme B E demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du

23 juillet 2021 par lequel le maire de Romain a interdit le stationnement des véhicules du côté impair de la rue de la Grimonne jusqu'au chemin du Routy, ainsi que devant la parcelle section B n° 543.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué n'a pas fait l'objet de mesures de publication ;

- le parking qui a été aménagé pour pallier les effets de cette interdiction n'est pas approprié ;

- s'agissant des éboueurs, ils empruntent le chemin une seule fois par semaine ;

- s'agissant de la circulation des engins agricoles, les parcelles agricoles les plus proches ne sont pas situées à moins de trois cents mètres et sont desservies par d'autres chemins ;

- s'agissant de la sécurité des piétons, le chemin en cause est une impasse et la commune est composée de seulement quatre cents habitants ;

- l'arrêté attaqué dévalue la valeur vénale de leur immeuble qui est attenant au chemin ;

- les effets de cet arrêté sont disproportionnés, par comparaison entre le stationnement de leurs véhicules en face de leur immeuble et le fait de devoir stationner dans le parking précité ;

- cet arrêté constitue une mesure vexatoire à l'adresse des habitants du n° 7 de la rue de la Grimonne ;

- des mesures alternatives aux effets moins contraignants auraient pu être adoptées.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er décembre 2021 et 25 janvier 2022, la commune de Romain, représentée par la SCP Delgenes - Vaucois - Justine - Delgenes, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A D,

- et les conclusions de Mme C de Laporte, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E est propriétaire d'un immeuble situé au n° 7 de la rue de la Grimonne, dans la commune de Romain. Par un arrêté du 23 juillet 2021, le maire de Romain a interdit le stationnement des véhicules du côté impair de la rue de la Grimonne jusqu'au chemin du Routy, ainsi que devant la parcelle section B n° 543. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le droit applicable :

2. Aux termes de l'article L. 5215-20 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - La communauté urbaine exerce de plein droit, au lieu et place des communes membres, les compétences suivantes : / () 2° En matière d'aménagement de l'espace communautaire : / () b) () création, aménagement et entretien de voirie ; signalisation ; parcs et aires de stationnement ; plan de mobilité ; () ".

3. Aux termes de l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - A. - () / Sans préjudice de l'article L. 2212-2 et par dérogation aux articles L. 2213-1 à L. 2213-6-1, lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre est compétent en matière de voirie, les maires des communes membres transfèrent au président de cet établissement leurs prérogatives en matière de police de la circulation et du stationnement. () ".

4. Il ressort des statuts de la communauté urbaine du Grand Reims, dans leur rédaction applicable au litige, que la commune de Romain est membre de cet établissement public de coopération intercommunale. Ainsi, en vertu des dispositions citées aux points 2 et 3, les compétences du maire de Romain en matière de police spéciale de la circulation et du stationnement ont été transférées de plein droit au président de la communauté urbaine du Grand Reims, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire de Romain aurait fait usage des dispositions du III de l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales qui permettent à un maire de s'opposer au transfert des pouvoirs de police dans l'un des domaines visés au A du I du même article.

5. Cependant, il résulte des termes mêmes des dispositions précitées de l'article

L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales que le maire de Romain, dans le cadre de l'article L. 2212-2, dispose toujours de la faculté de prendre des mesures qui, sur le fondement des articles L. 2212-1 et suivants du code général des collectivités territoriales, se rattachent aux prérogatives dont il dispose en matière de police municipale.

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté attaqué :

6. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. " Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ; () ". Aux termes de l'article R. 411-8 du code de la route : " Les dispositions du présent code ne font pas obstacle au droit conféré par les lois et règlements aux préfets, au président du Conseil exécutif de Corse, aux présidents de conseil départemental et aux maires de prescrire, dans la limite de leurs pouvoirs, des mesures plus rigoureuses dès lors que la sécurité de la circulation routière l'exige. Pour ce qui les concerne, les préfets et les maires peuvent également fonder leurs décisions sur l'intérêt de l'ordre public. () ".

7. Le maire de Romain, pour interdire, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, le stationnement des véhicules du côté impair de la rue de la Grimonne jusqu'au chemin du Routy, ainsi que devant la parcelle section B n° 543, a pris en considération la sécurité des piétons, ainsi que les difficultés rencontrées par les engins agricoles et les camions préposés au ramassage des ordures ménagères pour le passage à travers la rue Grimonne. Si Mme E fait valoir que cette mesure est disproportionnée quant à ses effets et que des mesures alternatives moins restrictives auraient pu être envisagées, il ressort des pièces du dossier que la largeur de la rue de la Grimonne ne permet pas au camion préposé au ramassage des ordures ménagères d'y circuler avec toute la commodité requise et d'opérer un demi-tour à l'entrée du chemin du Routy pour remonter dans le sens inverse la rue Grimonne qui est une impasse, ainsi qu'en atteste notamment un courriel émanant du service de collecte des déchets de la communauté urbaine du Grand Reims et dans lequel l'auteur fait état de la gêne que les véhicules stationnés du côté impair de cette rue occasionnent pour la circulation du camion. De plus, le côté pair de la rue de la Grimonne est bordé par un trottoir qui ne permet pas d'envisager que, dans l'hypothèse où des véhicules seraient uniquement stationnés côté impair, le véhicule d'enlèvement des ordures ménagères puisse circuler dans cette rue et effectuer la manœuvre précitée. Alors que ce motif est de nature à justifier à lui seul l'arrêté en litige, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure d'interdiction en litige, qui a été édictée en vue de garantir la salubrité publique, soit disproportionnée au regard des limitations qu'elle apporte au libre usage du domaine public. Par ailleurs, Mme E ne saurait utilement faire valoir, pour critiquer la légalité de l'arrêté en litige, que le parking aménagé dans le chemin du Routy en vue de pallier la gêne occasionnée par cette interdiction serait inadapté et que cette mesure a pour effet de déprécier la valeur vénale de la maison dont elle est propriétaire. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le maire de Romain, en édictant la mesure de police dont il s'agit, aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales.

8. La légalité d'un acte administratif s'appréciant à la date de son édiction, la circonstance qu'il n'aurait pas fait l'objet des mesures de publication appropriées est sans incidence sur sa légalité et, par suite, le moyen soulevé en ce sens par Mme E doit être écarté comme inopérant.

9. Si Mme E soutient que l'arrêté en litige constituerait une mesure prise dans l'unique intention de produire à son égard des effets vexatoires, il ressort des pièces du dossier qu'il a été édicté pour l'une des finalités en vue desquelles le maire de Romain, en vertu des articles L. 2212-1 et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, dispose de pouvoirs de police. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que cet arrêté serait entaché d'un détournement de pouvoir.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme E tendant à l'annulation de l'arrêté municipal du 23 juillet 2021 doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Romain présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Romain présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et à la commune de Romain.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Nizet, président,

Mme Stéphanie Lambing, première conseillère,

M. Clemmy Friedrich, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.

Le rapporteur,

C. D

Le président,

O. NIZET

La greffière,

N. MASSON

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions