mardi 10 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2102425 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS CABINET DEVARENNE ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 novembre 2021 et
23 août, 23 novembre et 15 décembre 2022, la SARL la vallée de la Seine, représentée par
Me Scribe, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les délibérations des 2 juin et 28 septembre 2021 par lesquelles la commune de Conflans-sur-Seine a décidé de ne pas renouveler la convention de concession du camping au-delà du 31 décembre 2021 et confirme sa décision, ainsi que la décision du 8 juin 2021 par laquelle la commune l'a informée de sa décision de non renouvellement, et la décision implicite du rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Conflans-sur-Seine la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les motifs tenant à la création d'une base de loisirs, dont le projet a été avorté, et les difficultés rencontrées en septembre 2021, sont entachés d'erreur de fait et ne peuvent fonder la décision de ne pas renouveler la concession ;
- l'occupation permanente du résident qui serait à l'origine des troubles de voisinage reprochés ne résulte pas des conditions d'exploitation mais préexistait à la concession ;
- l'absence de poursuite de l'activité existante par la commune est contraire à l'article 5 de la convention de concession :
- le non-renouvellement de la convention est intervenu dans des conditions lui ouvrant droit à une indemnité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 janvier, 24 octobre, 8 et
12 décembre 2022, la commune de Conflans-sur-Seine, représentée par la SELAS Devarenne associés Grand Est, conclut à l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires et celles dirigées à l'encontre de la délibération du 2 juin 2021, au rejet du surplus de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SARL la vallée de la Seine une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- faute de produire la délibération du 2 juin 2021, les conclusions tendant à son annulation sont irrecevables ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;
- les moyens soulevés par la SARL la vallée de la Seine ne sont pas fondés.
Par une lettre du 23 novembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions de non-renouvellement du contrat dès lors que cette décision n'a pas le caractère d'une mesure de résiliation.
Par une lettre du 8 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par la SARL la vallée de la Seine tendant à ce qu'il soit jugé que l'illégalité des décisions en cause lui ouvre droit à indemnisation dès lors qu'aucune demande indemnitaire préalable n'a été adressée à la commune de Conflans-sur-Seine en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 16 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 décembre 2022 à 10h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C A,
- les conclusions de Mme B de Laporte, rapporteure publique,
- et les observations de Me Delachambre, représentant la commune de Conflans-sur-Seine.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention de concession du 5 novembre 2012, la commune de Conflans-sur-Seine a délégué l'exploitation d'un terrain de camping-caravaning à la SARL Camping de la vallée de la Seine pour une durée de neuf ans. Par délibérations des 2 juin et 28 septembre 2021, la commune de Conflans-sur-Seine a décidé de ne pas renouveler cette convention de concession du camping au-delà du 31 décembre 2021. Par courriers des 8 juin 2021 et 20 octobre 2021, la commune de Conflans-sur-Seine a notifié à la SARL Camping de la vallée de la Seine sa décision de ne pas renouveler la convention de concession au-delà du 31 décembre 2021, date de son terme. Par courrier du 7 juillet 2021, la SARL la vallée de la Seine a formé un recours gracieux à l'encontre de la décision du 8 juin 2021, qui a été tacitement rejeté. Par la présente requête, la SARL la vallée de la Seine demande au tribunal d'annuler ces délibérations des
2 juin et 28 septembre 2021, ainsi que la décision du 8 juin 2021 et le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fin d'annulation de la décision de non-reconduction :
2. Le juge du contrat, saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution d'un contrat, peut seulement, en principe, rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité. Toutefois, une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles. Cette exception relative aux décisions de résiliation ne s'étend pas aux décisions de la personne publique refusant de faire application de stipulations du contrat relatives à son renouvellement. Il s'agit alors de mesures d'exécution du contrat qui n'ont ni pour objet, ni pour effet de mettre unilatéralement un terme à une convention en cours.
3. Aux termes de l'article 2 de la convention de concession d'exploitation du camping conclue le 5 novembre 2012 : " La concession est consentie pour une durée de neuf années entières et consécutives qui commencera à courir le 1er janvier 2013. () ". Aux termes de l'article 5 de cette convention : " D'un commun accord entre les parties, la présente convention est renouvelable. Ce renouvellement s'effectue dans les conditions suivantes : - si la commune n'a formulé à l'encontre du concessionnaire aucune réclamation fondée ; - si aucune difficulté n'a opposé les parties au cours de l'exécution de la présente convention. () ".
4. Par un courrier du 8 juin 2021, notifiant la délibération du conseil municipal de la commune de Conflans-sur-Seine du 2 juin 2021, le maire a informé la SARL la Vallée de la Seine de la non-reconduction de la convention de concession au-delà du 31 décembre 2021, date de son terme, sur le fondement de l'article 5 du contrat, en raison d'un projet de création d'une base de loisirs. Par une seconde délibération du 28 septembre 2021, notifiée à la société par courrier du 20 octobre 2021, la commune confirme sa décision de non-renouvellement de la convention de concession au 31 décembre 2021, eu égard aux difficultés rencontrées au cours de l'exécution du contrat, en application de l'article 5 du contrat.
5. Les conclusions de la société requérante dirigées contre les délibérations des 2 juin et 28 septembre 2021, et le courrier du 8 juin 2021, alors même qu'elles ont été présentées sous la forme d'une requête pour excès de pouvoir, doivent être regardées comme contestant la décision portant non-renouvellement de la convention de concession du 5 novembre 2012, cette contestation entrant nécessairement dans l'office du juge du contrat. Ces décisions ne constituent pas une mesure de résiliation de la convention d'exploitation du camping, mais une décision de ne pas la reconduire lorsqu'elle serait parvenue à son terme initial, prise en vertu des stipulations de son article 5, clause qui ne comporte pas un droit au renouvellement automatique. Eu égard à la portée d'une telle décision, qui n'a ni pour objet, ni pour effet de mettre unilatéralement un terme à une convention en cours, le juge du contrat peut seulement rechercher si elle est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à une indemnité conformément aux principes rappelés au point 2.
6. En réponse au moyen relevé d'office, la SARL la vallée de la Seine s'est bornée à demander à ce qu'il soit constatée l'illégalité des décisions en cause et qu'il lui soit reconnu un droit à indemnisation qu'elle entend solliciter ultérieurement. Il s'ensuit que la société ne peut être regardée comme demandant, dans la présente instance, la condamnation de la commune de Conflans-sur-Seine à l'indemniser de ses préjudices résultant du non-renouvellement de la convention de concession en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que la SARL la vallée de la Seine est irrecevable à demander l'annulation, pour excès de pouvoir, des décisions en litige.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Conflans-sur-Seine, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SARL la vallée de la Seine demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la SARL la vallée de la Seine une somme de
1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Conflans-sur-Seine et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL la vallée de la Seine est rejetée.
Article 2 : La SARL la vallée de la Seine versera à la commune de Conflans-sur-Seine une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL La vallée de la Seine et à la commune de Conflans-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Nizet, président,
Mme Stéphanie Lambing, première conseillère,
M. Clemmy Friedrich, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2022.
La rapporteure,
Signé
S. A
Le président,
Signé
O. NIZET
La greffière,
Signé
N. MASSON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026