jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2102690 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - 1ère chambre |
| Avocat requérant | LECARPENTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2021, la société civile immobilière Fernandes-Doucet, représentée par Me Lecarpentier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 octobre 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube a rejeté son recours administratif dirigé contre la décision du 4 août 2021 lui réclamant le remboursement d'un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 8 906 euros pour la période de novembre 2019 à avril 2021, ensemble la décision du 4 août 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Aube une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 6 octobre 2021 a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle n'a pas été créancière d'une somme de plus de deux fois le montant mensuel brut du loyer et des charges et que la somme de 1 322 euros due par le locataire ne constitue pas deux mois de loyers et charges impayés et que le locataire n'était pas débiteur du loyer du mois de novembre 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société Fernandes-Doucet ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mach en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mach, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière Fernandes-Doucet est propriétaire d'un appartement situé à Troyes, donné en location à Mme A du 30 août 2019 au 10 mai 2021, et a perçu en sa qualité de bailleur l'allocation de logement familiale. Le 4 août 2021, la société Fernandes-Doucet a été informée par la caisse d'allocations familiales de l'Aube de sa décision de récupérer un indu d'allocation de logement familiale perçue de novembre 2019 à avril 2021 pour un montant de 8 906 euros à raison de loyers impayés par le locataire. Par décision du 6 octobre 2021, le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube a, après avis de la commission de recours amiable, rejeté le recours dirigé contre cette décision. La société Fernandes-Doucet demande l'annulation de ces décisions.
2. Lorsque le juge administratif est saisi d'un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de logement familiale, il entre dans son office d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu.
3. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'allocation de logement est versée, sur leur demande, au prêteur ou au bailleur. / Le prêteur ou le bailleur déduit l'allocation du montant du loyer et des dépenses accessoires de logement ou de celui des charges de remboursement. () ".
4. Aux termes de l'article L. 824-1 du code de la construction et de l'habitation : " Si le bénéficiaire d'une aide personnelle au logement ne règle pas la part de la dépense de logement restant à sa charge, le bailleur ou le prêteur auprès duquel l'aide personnelle est versée signale la défaillance du bénéficiaire à l'organisme payeur, dans des conditions définies par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 824-2 du même code : " Lorsque le bénéficiaire de l'aide personnelle ne règle pas la dépense de logement, l'organisme payeur : / 1° Si le bénéficiaire est de bonne foi, maintient le versement de l'aide personnelle au logement ; / 2° Dans les autres cas, décide du maintien ou non du versement. / Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article R. 824-1 du même code : " Dans le secteur locatif, lorsque () l'aide personnelle au logement est versée entre les mains du bailleur, l'impayé est constitué quand le locataire est débiteur à l'égard du bailleur d'une somme au moins égale à deux fois le montant mensuel net du loyer et des charges. / Le montant mensuel brut du loyer correspond au loyer figurant dans le bail. / Le montant mensuel net du loyer correspond à ce même loyer, déduction faite du montant de l'aide personnelle au logement. ". Aux termes de l'article R. 824-4 du même code : " Lorsque le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement ne règle pas la part de dépense de logement restant à sa charge, sa situation est soumise à l'organisme payeur par le bailleur percevant l'aide personnelle au logement pour son compte, dans un délai de deux mois après la constitution de l'impayé défini à l'article R. 824-1, sauf si la somme due a été, entre-temps, réglée en totalité. / Le bailleur doit justifier qu'il poursuit par tous les moyens possibles le recouvrement de sa créance. ".
5. Il résulte de l'instruction que la société Fernandes-Doucet a perçu, en sa qualité de bailleur, l'allocation de logement familiale dont bénéficiait sa locataire à raison d'un logement situé à Troyes pour la période de septembre 2019 à avril 2021. En raison de l'existence d'impayés de loyers par la locataire dépassant le seuil fixé à l'article R. 824-1 du code de la construction et de l'habitation, la caisse d'allocations familiales a informé la société Fernandes-Doucet de son intention de récupérer un indu d'allocation de logement familiale perçue de novembre 2019 à avril 2021 pour un montant de 8 906 euros, par décision du 4 août 2021, confirmée par une décision du 6 octobre 2021. Si la caisse d'allocations familiales fait valoir que le montant cumulé des impayés de la locataire excède deux mois de loyers net et que l'absence d'information de ces impayés par la société Fernandes-Doucet a fait obstacle à la mise en place d'un plan d'apurement ainsi qu'à la possibilité de mettre un terme au versement de l'aide personnelle au logement, les dispositions des articles L. 824-2, R. 824-1 et R. 824-4 du code de la construction et de l'habitation invoquées par la caisse d'allocations familiales de l'Aube n'ont ni pour objet ni pour effet de permettre à l'organisme payeur d'obtenir du bailleur le remboursement de l'allocation de logement familiale versée depuis la défaillance de l'allocataire. Aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit, à la date des décisions contestées, la possibilité pour l'organisme payeur de réclamer au bailleur le remboursement de l'allocation de logement familiale versée en raison de la déclaration tardive des impayés. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que les décisions litigieuses sont dépourvues de base légale.
6. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la société Fernandes-Doucet est fondée à solliciter l'annulation des décisions du 4 août 2021 et du 6 octobre 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de l'Aube une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la société Fernandes-Doucet et non compris dans les dépens sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 4 août 2021 et du 6 octobre 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Aube sont annulées.
Article 2 : La caisse d'allocations familiales de l'Aube versera une somme de 1 200 euros à la société Fernandes-Doucet au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Fernandes-Doucet et à la caisse d'allocations familiales de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La magistrate désignée,
signé
A.-S. MACH
Le greffier,
signé
E. MOREUL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026