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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2201009

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2201009

vendredi 16 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2201009
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCHALOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 avril 2022 et 5 juillet 2022, la société Royal de la Marne, représentée par Me Chalot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge les contributions spéciales

et forfaitaires prévues par les articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la décision du 28 février 2022 mettant

à sa charge la somme de 73 000 euros s'agissant de la contribution spéciale et la somme

de 20 424 euros s'agissant de la contribution forfaitaire ;

2°) de prononcer la décharge des sommes de 73 000 et 20 424 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre des dispositions

de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées ont été édictées par une autorité incompétente ;

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;

- elle n'a fait l'objet d'aucune poursuite pénale, la décision en litige pourrait

se heurter au principe de l'autorité de chose jugée, en cas de classement sans suite ou de relaxe totale ou partielle qui pourrait être prononcée par la juridiction pénale ;

- les dix salariés qu'elle est accusée d'avoir embauchés en méconnaissance

des dispositions de L. 8251-1 du code du travail étaient dans une situation régulière et étaient autorisés à travailler en France ;

- elle est de bonne foi, elle n'a commis aucune fraude, elle a procédé

à la vérification des titres de ses salariés, qui ont fait l'objet d'une déclaration d'embauche et ont été rémunérés régulièrement ;

- les titres de ses salariés n'ont jamais été déclarés faux ou irréguliers ;

- aucune contribution forfaitaire ne peut être mise à sa charge au titre de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les salariés ayant tous un titre de séjour, ils n'engendreront donc pas de frais de réacheminement ;

- le directeur de l'OFII a commis une appréciation inexacte de la situation qui est également révélée par le fait qu'il se soit trompé en nommant l'un des salariés dans la décision du 28 février 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été fixée au 18 juillet 2022 par une ordonnance

du 25 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2009/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Henriot, conseiller ;

- et les conclusions de M. Friedrich, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société Royal de la Marne, qui a pour activité la réalisation de travaux agricoles et notamment de vendanges, a fait l'objet, le 27 août 2020, d'un contrôle des services de l'inspection du travail. Par une décision du 21 octobre 2021, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), considérant que ce contrôle avait révélé

la présence de dix salariés dépourvus d'autorisation de travail et de titre de séjour, a mis

à la charge de la société Royal de la Marne la somme de 73 000 euros au titre de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail ainsi que la somme de 25 530 euros

au titre de la contribution forfaitaire prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un courrier en date du 20 décembre 2021, la société Royal

de la Marne a exercé un recours gracieux contre cette décision. Par une décision

du 28 février 2022, le directeur de l'OFII à partiellement fait droit à cette demande en abaissant la contribution forfaitaire précitée à la somme de 20 424 euros. La société Royal de la Marne demande au tribunal d'annuler les décisions des 21 octobre 2021 et 28 février 202et de la décharger des contributions mises à sa charge.

Sur la régularité des décisions en litige :

2. Par une décision du 19 décembre 2019, régulièrement publié au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, le directeur général de l'OFII a donné délégation à Mme A, cheffe du service juridique et contentieux, à l'effet de signer notamment, les décisions relatives aux contributions spéciales et forfaitaires, ainsi que les décisions prises sur recours gracieux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.

3. Les décisions en litige comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, ces décisions sont suffisamment motivées.

Sur le bien-fondé des contributions mises à la charge de la société Royal de la Marne :

4. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code

du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. () ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat () ". Aux termes

de l'article L. 8271-17 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Outre les agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés à l'article L. 8112-1, les agents et officiers de police judiciaire, les agents de la direction générale des douanes sont compétents pour rechercher et constater, au moyen de procès-verbaux transmis directement au procureur de la République, les infractions aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler et de l'article L. 8251-2 interdisant le recours aux services d'un employeur d'un étranger non autorisé à travailler ()". Aux termes de l'article R. 8253-3 du même code : " Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 8253-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours ". Enfin, l'article R. 8253-4 de ce code dispose : " A l'expiration du délai fixé, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration décide, au vu des observations éventuelles de l'employeur, de l'application de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1, la liquide et émet le titre de perception correspondant. ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour

des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. / Le montant total des sanctions pécuniaires prévues, pour l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler, au premier alinéa du présent article et à l'article L. 8253-1 du code du travail ne peut excéder le montant des sanctions pénales prévues par les articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 du code du travail ou, si l'employeur entre dans le champ d'application de ces articles, le montant des sanctions pénales prévues par le chapitre II du présent titre. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de fixer le montant de cette contribution. () ". Selon l'article R. 822-5 du même code : " A l'expiration du délai de quinze jours fixé à l'article R. 822-4, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration décide, au vu des observations éventuelles de l'employeur, de l'application de la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 822-2. Le ministre chargé de l'immigration est l'autorité compétente pour la liquider et émettre le titre de perception correspondant. () ".

6. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail

et de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

que les contributions qu'ils prévoient ont pour objet de sanctionner les faits d'emploi

d'un travailleur étranger séjournant irrégulièrement sur le territoire français ou démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel ne soit nécessaire

à la caractérisation du manquement. Toutefois, un employeur ne saurait être sanctionné

sur le fondement de ces dispositions, qui assurent la transposition des articles 3, 4 et 5

de la directive 2009/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 prévoyant

des normes minimales concernant les sanctions et les mesures à l'encontre des employeurs

de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, lorsque tout à la fois, d'une part, et sauf

à ce que le salarié ait justifié avoir la nationalité française, il s'est acquitté des obligations qui

lui incombent en vertu de l'article L. 5221-8 du code du travail et que, d'autre part, il n'était pas en mesure de savoir que les documents qui lui étaient présentés revêtaient un caractère frauduleux ou procédaient d'une usurpation d'identité. En outre, lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de la nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un État pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait

d'une usurpation d'identité.

7. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision

de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier,

au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative,

au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières

à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant

du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions précitées, ou en décharger l'employeur.

8. En outre, aux termes des dispositions de l'article L. 5221-8 du code du travail : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence

du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article

L. 5312-1. ".

9. En premier lieu, il résulte des termes même des articles L. 8253-1 du code

du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précités que les contributions spéciales et forfaitaires peuvent être mises à la charge de l'employeur sans préjudice des poursuites pénales qui pourraient être engagées à son encontre. Par suite,

les moyens tirés de ce que la société requérante n'a fait l'objet d'aucune poursuite pénale

et de ce que les décisions attaquées pourraient se heurter à l'autorité de chose jugée par le juge pénal doivent être écartés.

10. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que si la société Royal de la Marne produit des cartes d'identité italiennes de trois de ses salariés, MM. Osayende, Ukpibor et Asuelimhen, de tels documents ne sont pas de nature à établir leur qualité de ressortissants italiens, un État pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée. En effet, le document dénommé " carte d'identité " délivré par les autorités italiennes n'est pas réservé aux ressortissants italiens, les documents produits dans le cadre de la présente instance mentionnant ainsi que MM. Osayende, Ukpibor et Asuelimhen sont de nationalité nigériane. Dès lors,

la société Royal de la Marne était tenue, s'agissant de ces trois salariés, de vérifier l'existence d'un titre de séjour et d'une autorisation de travail auprès des administrations territorialement compétentes, comme l'imposent les dispositions de l'article L. 5221-8 du code du travail.

11. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que si la société Royal de la Marne soutient que ses salariés disposaient d'un titre de séjour leur permettant de travailler en France, elle ne s'est pas adressée à l'administration compétente pour vérifier la réalité des autorisations de séjour et de travail, comme l'imposent les dispositions de l'article L. 5221-8 du code

du travail. Or, il résulte d'un message électronique émanant du chef du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture de la Marne du 3 février 2021, que MM. Enobakhare, Emwienghadev, Idahosa, Ukpibor et Mme B ne disposaient, au moment de leur embauche ni d'un titre de séjour ni d'une autorisation de travail. Dès lors, la contribution spéciale, définie par les dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail, et la contribution forfaitaire, définie par les dispositions de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pouvaient être mises à la charge de la société Royal de la Marne s'agissant de ces cinq salariés. Par ailleurs, MM. Osayende et Asuelimhen disposaient, du fait de leur qualité de demandeurs d'asile, d'un document leur permettant de se maintenir sur le territoire français, mais ils ne disposaient d'aucune autorisation de travail. Dès lors, la contribution spéciale, définie par les dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail, pouvait être mise à la charge

de la société Royal de la Marne s'agissant de ces deux salariés. Si la société requérante soutient être de bonne foi, concernant la situation de ces sept salariés qui lui auraient présenté

des documents leur permettant de travailler en France, elle ne conteste pas ne pas avoir vérifié

la réalité de cette situation comme le lui imposaient les dispositions de l'article L. 5221-8

du code du travail. Dès lors, le directeur général de l'OFII n'a ni commis d'erreur d'appréciation ni méconnu les dispositions précitées du code du travail et du code de l'entrée et du séjour

des étrangers et du droit d'asile en mettant à la charge de la société Royal de la Marne

une contribution spéciale pour ces sept salariés ainsi qu'une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement pour cinq d'entre eux.

12. En quatrième lieu, s'agissant de trois salariés, MM. Nwabueze, Ottarobo et Akhaguegbe, la société Royal de la Marne produit des copies de titres de séjour français

les autorisant à travailler. Si le directeur général de l'OFII fait valoir que ces ressortissants nigérians ne disposaient, en réalité, d'aucun titre, il résulte du message électronique émanant

du chef du service de l'immigration et de l'intégration de la préfecture de la Marne

du 3 février 2021 que la vérification de la régularité du séjour de ces trois salariés a été réalisée sur la base d'une retranscription erronée des noms de famille qui figurent sur les titres de séjour produits par la société requérante et sur les contrats de travail correspondants. En outre,

le directeur général de l'OFII ne fait pas valoir que les titres de séjours produits revêtiraient

un caractère frauduleux ou procéderaient d'une usurpation d'identité. Dès lors, MM. Nwabueze, Ottarobo et Akhaguegbe doivent être regardés comme étant titulaires d'un titre les autorisant à travailleur au sens des dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail. Par suite, il y a lieu de décharger la société Royal de la Marne de l'obligation de payer, d'une part, la somme

de 21 900 euros, mise à sa charge au titre de la contribution spéciale s'agissant des trois salariés en cause, et, d'autre part, la somme de 7 659 euros mise à sa charge au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de ces trois salariés.

13. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de décharger la société Royal

de la Marne du paiement de la somme de 29 559 euros et d'annuler la décision

du 21 octobre 2021 en litige uniquement en tant qu'elle excède la somme de 63 865 euros.

14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État

la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du directeur général de l'Office français de l'immigration

et de l'intégration du 21 octobre 2021 est annulée en tant qu'elle excède la somme

de 63 865 euros.

Article 2 : La société Royal de la Marne est déchargée du paiement de la somme

de 29 559 euros.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : L'État versera à la société Royal de la Marne la somme de 1 500 euros au titre

des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Royal de la Marne et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Deschamps, président,

M. Maleyre, premier conseiller,

M. Henriot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.

Le rapporteur,

signé

J. HENRIOTLe président,

signé

A. DESCHAMPS

Le greffier,

signé

A. PICOT

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