mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201442 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP PELLETIER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 juin et le 8 septembre 2022, la communauté de communes de la Moivre à la Coole (51), représentée par la SCP ACG et associés, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de constater les désordres affectant l'école de Nuisement-sur-Coole.
Elle soutient que :
- dans le cadre de la construction d'une école, la commune de Nuisement-sur-Coole a souscrit une assurance dommages-ouvrage auprès de la société SMACL ;
- en raison d'infiltrations, une déclaration de sinistre a été envoyée à la SMACL le 24 novembre 2015 ;
- une expertise diligentée par la SMACL a permis de constater deux séries d'infiltrations en toiture et de fixer le montant des réparations à la somme de 3 503,44 euros ;
- malgré les réparations effectuées, les infiltrations sont réapparues ;
- une nouvelle déclaration de sinistre a été envoyée à la SMACL et une nouvelle expertise a été réalisée, toutefois un refus de garantie a été opposé le 24 juillet 2020 par la SMACL ;
- la situation met en péril la continuité des cours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, la SA SMACL, représentée par la SCP Rahola Creusat Lefevre, demande au tribunal de prononcer sa mise hors de cause. Elle demande en outre de mettre à la charge de la communauté de communes de la Moivre à la Coole la somme de 1 200,00 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif.
Elle soutient que la mesure d'expertise sollicitée ne présente aucun intérêt dès lors que, en premier lieu, s'agissant des infiltrations de la classe n°4 et des infiltrations à proximité de la porte d'accès au hall d'accueil, l'expert a constaté que les nouveaux dommages déclarés par la communauté de communes l'ont été au-delà du délai décennal, et en second lieu, s'agissant des désordres déjà existants lors de la première expertise diligentée, il résulte du rapport d'expertise que ceux-ci ont déjà été indemnisés et n'ont pas ou ont été mal réparés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2022, la société Groupama Nord Est, représentée par la SELARL Pelletier et Associés, demande au tribunal :
- à titre principal, de lui donner acte de ce qu'elle sollicite sa mise hors de cause,
- à titre subsidiaire de compléter la mission de l'expert qui sera désigné conformément à ses suggestions.
Elle soutient que :
- la réception de l'ouvrage date du 22 juillet 2009 ;
- elle a assuré la société Driget du 1er juillet 2007 au 31 décembre 2008 ;
- lors de l'intervention de la société Driget selon devis du 7 septembre 2016 et facture du 2 mars 2017, elle n'était pas son assureur ;
- la déclaration de sinistre du 20 février 2020 est hors garantie décennale ;
- si une expertise était ordonnée, l'expert devra déterminer la date de survenance de chacun des dommages.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. Pour demander sa mise hors de cause, la SA SMACL fait valoir, d'une part, que la mesure d'expertise n'est pas utile dès lors qu'un recours indemnitaire sera voué à l'échec compte tenu de la prescription de l'action. Elle soutient d'autre part que, s'agissant des désordres existants lors de la première expertise diligentée, il résulte du rapport d'expertise que ceux-ci ont déjà été indemnisés. La SA SMACL soulève ainsi des considérations qu'elle pourra faire valoir au moment d'une éventuelle action au fond mais ne remettant pas en cause l'utilité d'une mesure d'expertise à son encontre.
3. La société Groupama Nord-Est fait valoir qu'elle n'était pas l'assureur de la société Driget lors de son intervention du 7 septembre 2016 pour les travaux de réparation. Elle soutient en outre que la déclaration de sinistre du 20 février 2020 est hors garantie décennale. Ces considérations sont sans incidence sur l'utilité de la mesure d'expertise sollicitée. Dans la mesure où il existait une relation contractuelle entre la société Driget et la société Groupama Nord-Est à la date des nouveaux désordres constatés, il paraît opportun que la société Groupama Nord-Est participe à la présente procédure.
4. Les mesures d'expertise demandées par la communauté de communes de la Moivre à la Coole entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux demandes formulées sur le fondement de ces dispositions, présentées par la SA SMACL.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B C, demeurant 1154 rue des Dahlias à Sommeval (10320) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres qui affectent la toiture de l'école de Nuisement-sur-Coole en indiquant leur date d'apparition ;
2°) décrire les malfaçons qui seraient constatées et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si elles sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination ;
3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
4°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ;
5°) donner son avis motivé sur la demande chiffrée présentée par les parties tendant à l'évaluation du coût des travaux ;
6°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires avant le 15 avril 2023. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 6 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 7 : Les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes de la Moivre à la Coole, à la SA SMACL, à la société Driget, à la société Groupama Nord-Est et à M. B C, expert.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 11 octobre 2022.
Le juge des référés,
signé
O. A
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026