jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP PELLETIER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2022, la commune de Courceroy (10), représentée par Me Juliette Sautereau, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue de constater les désordres affectant l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
Elle soutient que :
- en 2011, elle a lancé un important projet de rénovation de l'église Saint-Pierre-et- Saint-Paul située sur son territoire ;
- la maîtrise d'œuvre a été confiée au cabinet Talweg Architectes ;
- le lot n° 1 " maçonnerie ", réceptionné le 4 octobre 2018, a été confié à l'entreprise Léon Noël ;
- le lot n° 2 " charpente bois " a été confié à l'entreprise Les Charpentiers de Troyes ;
- le lot n° 3 " couverture ", réceptionné le 4 octobre 2018, a été confié à l'entreprise Marlot ;
- le lot n° 4 " menuiserie bois ", réceptionné le 19 octobre 2018 a été confié à l'entreprise Le Chêne du Marais ;
- le lot n° 5 " serrurerie " a été confié à l'entreprise Ancelin ;
- le lot n° 6 " électricité " a été confié à l'entreprise Usse ;
- le lot n° 7 " peinture " a été confié à l'entreprise JLD Peinture ;
- le lot n° 8 " vitraux " a été confié à l'entreprise Cécile Boel ;
- dans les mois qui ont suivi la réception des travaux, plusieurs désordres et malfaçons ont été constatés, notamment, d'une part, la pose de la cloche dans le mauvais sens, provoquant la chute des tuiles ainsi que, d'autre part, la présence d'une humidité importante au sol et sur les murs de l'église favorisant le développement d'un champignon de type mérule pleureuse ;
- face à l'inertie du maître d'œuvre et des entreprises de travaux et à leur réticence à résoudre le litige à l'amiable, la mérule s'est répandue dans toute l'église, bloquant l'expertise de l'ouvrage et de son clocher.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2022, la SARL Talweg Architectes Troyes, représentée par la SELARL Morel Thibaut, demande au tribunal de rejeter la demande présentée par la commune de Courceroy en ce qu'elle est dirigée à son encontre. Elle demande en outre de mettre à la charge de la commune de Courceroy la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'est signataire d'aucun acte d'engagement avec la commune de Courceroy.
Par un mémoire, enregistré le 16 septembre 2022, la commune de Courceroy, représentée par Me Sautereau, demande au tribunal de rejeter les conclusions de la SARL Talweg Architectes.
Elle fait valoir que la qualité de maître d'œuvre de la SARL Talweg Architectes est parfaitement établie par l'ensemble des pièces produites dans la présente instance.
Par des mémoires, enregistrés le 26 septembre, le 28 septembre et le 29 septembre 2022, Groupama Nord-Est, en qualité d'assureur de la commune de Courceroy et en qualité d'assureur de la SAS Les Charpentiers de Troyes, représenté par la SELARL Pelletier et Associés, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 621-1-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. ().
2. Les mesures d'expertise demandées par la commune de Courceroy entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions de la SARL Talweg Architectes tendant à sa mise hors de cause :
3. Si la SARL Talweg Architectes fait valoir qu'elle n'a signé aucun acte d'engagement avec la commune de Courceroy et que, par suite, elle demande sa mise hors de cause, il résulte de l'instruction qu'elle est intervenue en qualité de maître d'œuvre à l'occasion de la réalisation des travaux en litige. A supposer qu'elle ne soit pas liée contractuellement avec la commune de Courceroy, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que sa responsabilité soit recherchée sur un autre terrain que le terrain contractuel. Dans ces circonstances, sa présence aux opérations d'expertise n'est pas dénuée d'utilité. Ses conclusions tendant à ce qu'elle soit mise hors de cause doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux demandes formulées sur le fondement de ces dispositions, présentées par la SARL Talweg Architectes.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A C, exerçant au 20 chemin des prés à Thomery (77) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres qui affectent l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul située sur le territoire de la commune de Courceroy en indiquant leur date d'apparition ;
2°) décrire les malfaçons qui seraient constatées et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si elles sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination ;
3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
4°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ;
5°) donner son avis motivé sur la demande chiffrée présentée par la commune de Courceroy tendant à l'évaluation du coût des travaux ;
6°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : Mme E D, exerçant au 257 bis avenue Gabriel Peri à Sainte Geneviève (91) est désignée en qualité de sapiteur.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires avant le 31 mars 2023. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Les conclusions de la SARL Talweg Architectes tendant à sa mise hors de cause sont rejetées.
Article 9 : Les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Courceroy, à la société Groupama Nord-Est, à la SARL Talweg Architectes, à la Mutuelle des architectes français, à la société Léon Noël, à la SMABTP, à la société Le Chêne du Marais, à la SAS Les charpentiers de Troyes, à la SAS Marlot couverture, à la SARL Ancelin, à la SARL société Usse, à la SAS JLD Peinture, à l'entreprise Cécile Boel, à M. A C, expert et à Mme E D, sapiteur.
Fait à Châlons-en-Champagne, le 29 septembre 2022.
Le juge des référés,
signé
O. B
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026