mercredi 3 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2201751 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET-MALBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 juillet 2022 et 2 août 2022, M. B C, représenté par Me Mathieu Malblanc, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté n° BE 2022-208-004 du 27 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Aube l'a obligé à quitter le territoire français sans délai ;
3°) d'annuler l'arrêté n° BE 2022-208-005 du 27 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Aube a prononcé son assignation à résidence dans ce département pour une durée de 45 jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Malblanc en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de
l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. C soutient que :
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision prononçant son assignation à résidence :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle;
- elle restreint sa liberté d'aller et venir sans motif valable compte tenu de sa plage horaire d'obligation de présence de 15 à 18 heures.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 août 2022, la préfète de l'Aube conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que la décision à intervenir est susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, tirée de l'irrecevabilité des conclusions de M. C dirigées contre l'arrêté du 27 juillet 2022 n° BE 2022-208-004 portant obligation de quitter le territoire français en application des dispositions des articles R. 776-1 à R. 776-4 du code de justice administrative compte tenu de leur tardiveté.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Herzog, magistrat désigné,
- et les observations de Me Malblanc, avocat de M. C, qui a admis la tardiveté des conclusions dirigées contre la décision du 27 juillet 2022 n° BE 2022-208-004 portant obligation de quitter le territoire français et a repris ses observations écrites.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2022
n°BE 2022-208-004 portant obligation de quitter le territoire français sans délai :
2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. ().".
3. Aux termes du II de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions du II de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. Cette notification fait courir ce même délai pour demander la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement dans les conditions prévues à l'article L. 743-3 du même code. ". Aux termes du I de l'article R 776-4 du même code : " Conformément aux dispositions du III de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le délai de recours contentieux contre les décisions mentionnées à l'article R. 776-1 en cas de placement en rétention administrative ou d'assignation à résidence en application de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est de quarante-huit heures. Ce délai court à compter de la notification de la décision par voie administrative. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 27 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Aube a obligé M. C à quitter sans délai le territoire français a été notifié à l'intéressé le 27 juillet 2022
à 17 heures 40. Cet arrêté portait mention des voies et délais de recours. Les conclusions du requérant tendant à l'annulation de cet arrêté n'ont été enregistrées au greffe du tribunal administratif que
le 2 août 2022, soit après l'expiration du délai de quarante-huit heures imparti par les dispositions citées ci-dessus. Par suite, les conclusions dirigées contre l'arrêté du 27 juillet 2022 n°BE 2022-208-004 ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions dirigées contre la décision d'assignation à résidence :
5. L'arrêté en litige vise les dispositions pertinentes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise, d'une manière qui n'est pas stéréotypée les motifs de fait qui fondent l'assignation à résidence prononcée, d'une durée de 45 jours. Dans ces conditions, il est suffisamment motivé et cette motivation ne révèle pas que la préfète de l'Aube aurait négligé de procéder à un examen de la situation particulière du requérant.
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision par laquelle la préfète de l'Aube l'a obligé à quitter le territoire français.
7. Aux termes de l'article L. 733-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " l'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures ".
8. La mesure d'assignation à résidence contestée indique que le requérant, d'une part, doit se présenter les lundis, mercredis et vendredis au commissariat de police de Troyes, rue des Gayettes
à 8 h 30, sauf les dimanches et jours fériés, d'autre part, lui interdit de sortir du département de l'Aube sans autorisation et enfin, lui impose de résider à son domicile tous les jours de 15 à 18 heures. S'il fait valoir que sa compagne, Mme A, également en situation irrégulière, est enceinte de quatre mois, il n'établit pas être dans l'impossibilité de se rendre au commissariat de Troyes trois jours par semaine. En outre, M. C ne justifie nullement qu'il serait contraint d'accompagner quotidiennement sa compagne à des rendez-vous médicaux et la préfecture laisse la possibilité au requérant de produire tout justificatif en cas d'urgence liée notamment à la grossesse de sa compagne. Pour les mêmes raisons, M. C ne justifie d'aucun impératif de la vie privée et familiale s'opposant à l'instauration d'une telle obligation de présence fixe prévue par les dispositions précitées de l'article L. 733-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en l'assignant à résidence selon les modalités précédemment décrites, la préfète aurait entaché d'une erreur manifeste son appréciation des conséquences de cette décision sur sa vie personnelle. Le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que l'arrêté en litige porterait une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir et à son droit de mener une vie familiale normale, au regard des buts en vue desquels il a été pris.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
DECIDE:
Article 1er : M. C est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Mathieu Malblanc et à la préfète de l'Aube.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 août 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
I. DLa greffière,
Signé
K-A.CLEDELIN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026