mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202173 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | LEBAAD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2022 M. B A, représenté
par Me Lebaad, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2022 notifié le même jour par lequel le préfet de la Marne a décidé sa reconduite à destination de son pays d'origine
ou de tout pays où il serait légalement admissible.
Il soutient que :
- le Bénin n'est pas son pays d'origine ; en effet, il est né en Côte-d'Ivoire et y a toujours vécu avant de devoir s'enfuir pour rejoindre la France ; il a séjourné moins d'un mois en tout dans sa vie au Bénin et n'y aucune attache ; c'est en Côte-d'Ivoire qu'il souhaite retourner ;
- il a construit sa vie familiale en France où il réside depuis 10 ans, qu'il est le père d'un enfant de nationalité française, âgé de 6 ans et qu'il a travaillé de 2013 à 2018 en tant que veilleur de nuit puis dans le domaine de la sécurité.
La procédure a été communiquée au préfet de la Marne qui n'a produit aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code pénal,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cristille, vice-président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 28 septembre 202à 14h30 :
- le rapport de M. Cristille, vice-président,
- les observations de Me Lebaad représentant M. A, qui complète et précise les écritures de M. A en ajoutant que l'arrêté fixant le pays de destination est entaché d'un vice d'incompétence, qu'il est insuffisamment motivé, que le pays d'origine de M. A n'est pas le Bénin mais la Côte-d'Ivoire, que le centre de ses intérêts privés et matériels de M. A se situe désormais en France eu égard à la durée de son séjour et aux liens qu'il y a créés et que l'arrêté en litige méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que l'arrêté est entaché d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle, que cet arrêté méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La clôture de l'instruction a été différée au 28 septembre 2022 à 18h30.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 4 mars 1976 à Cocody (Bénin), demande l'annulation
de l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel le préfet de la Marne a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en exécution d'une interdiction judiciaire du territoire.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé, pour le préfet de la Marne
par M. Emile Soumbo, secrétaire général de la préfecture. Ce dernier disposait en vertu
de l'arrêté préfectoral du 30 août 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs
de la préfecture du même jour, d'une délégation à l'effet de signer les décisions relevant
des livres I et V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment toutes décisions d'éloignement et décisions accessoires s'y rapportant. Le moyen tiré
de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit dès lors être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit
et de fait qui en constituent le fondement. Il vise notamment les articles 131-30 et 131-30-du code pénal et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, en particulier celles des articles L. 722-2, L. 722-6 et L. 722-7. Cet arrêté indique que M. A a été condamné par jugement du 9 septembre 2022 du tribunal judiciaire
de Troyes à une peine de 30 mois d'emprisonnement assortie d'une interdiction du territoire
de 10 ans et qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation
de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du même code de l'entrée
et du séjour des étrangers et du droit d'asile : : L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :/ 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
5. M. A soutient qu'il n'est pas la nationalité béninoise mais qu'il est né en Côte- d'Ivoire où il a toujours vécu et où deux de ses enfants résident et qu'il ne peut être renvoyé vers le Bénin, pays qu'il ne connaît pas et où il n'a aucune attache. Toutefois, l'arrêté attaqué
n'a pas fixé le Bénin comme seul pays à destination duquel il pourra être renvoyé. Par suite,
le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu pour ce motif les dispositions
de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En quatrième lieu, si M. A se prévaut de la méconnaissance des stipulations
de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales il ne fait état d'aucun élément de nature à établir l'existence d'une menace
à son encontre telle que le retour dans son pays d'origine méconnaîtrait les stipulations
de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations ne peut qu'être écarté.
7. En dernier lieu, M. A conteste la mesure d'éloignement en faisant valoir
qu'il réside sur le territoire national depuis dix ans, qu'il y a travaillé et noué des liens forts
et qu'il a un fils de nationalité française qui est domicilié en Moselle. Cependant, l'atteinte
au droit au respect de la vie privée et familiale ainsi invoqué par le requérant résulte, en tout état de cause, non de la décision du préfet qui se borne à prévoir le renvoi de l'intéressé dans son pays d'origine, mais du prononcé par le juge pénal de la peine d'interdiction du territoire, qui fait obstacle à sa libre circulation sur le territoire de la République française et lui interdit d'y revenir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne
de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme inopérant. Compte tenu de ce qui vient d'être dit, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle doit être, en tout état de cause, écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 septembre 2022 par lequel le préfet de la Marne a fixé le pays à destination duquel il serait renvoyé en exécution d'une interdiction judiciaire du territoire.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
P. CRISTILLELe greffier,
signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026