lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2202205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET-MALBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2022 M. A B C représenté
par la SELARL Mainnevret-Malblanc demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2022 par lequel le préfet de la Marne a ordonné son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département de la Marne et l'a obligé à se présenter tous les jours entre 8h00 et 9h00 au commissariat de Reims à l'exception des dimanches et jours fériés ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil,
au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision d'assignation à résidence n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation en ce qu'il s'est inscrit
à l'Université de Toulouse pour suivre une formation en psychologie alternant cours en présentiel et enseignements à distance ; son assignation dans la Marne, l'interdiction de sortir de ce département et l'obligation de pointage quotidien qui accompagne cette décision portent atteinte à son droit à l'instruction et à la formation.
La procédure a été communiquée au préfet de la Marne qui n'a produit aucun mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cristille, vice-président, pour statuer
sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles R. 776-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cristille, vice-président,
- et les observations de Me Malblanc représentant M. B C, qui reprend les faits, conclusions et moyens de la requête et fait, en outre, valoir que l'arrêté attaqué ne comporte aucun historique du parcours administratif en France de M. B C et qu'en particulier, il n'est pas fait mention de l'existence d'une précédente mesure d'assignation à résidence, que le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dans la fixation des modalités de présentation au regard des dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, étant donné que pointages qui sont imposés à M. B C ne lui permettent pas d'assister à ses cours, que le préfet a ainsi méconnu le droit à l'instruction, que les modalités de pointage présentent un caractère disproportionné, que le récépissé qui lui a été donné à la suite de la remise de son passeport ne mentionne pas le délai de départ accordé, en méconnaissance de l'article R. 733-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le préfet de la Marne n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14h30.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant congolais (République démocratique du Congo) né en avril 1987 est entré en France muni d'un visa étudiant le 30 septembre 2007. Il a bénéficié d'un renouvellement de son titre de séjour jusqu'au 17 novembre 2013. M. B qui s'est maintenu irrégulièrement en France au-delà de cette date a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français notifié le 8 décembre 2020 à laquelle il s'est soustrait. Le 4 janvier 202le préfet de la Marne a édicté à son encontre un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine et prononçant à son encontre
une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois. Le préfet
a également décidé le même jour une mesure d'assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Le recours contentieux exercé par M. B C à l'encontre de ces décisions a été rejeté par un jugement du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne du 11 janvier 2022. Par un autre arrêté du 20 septembre 2022, le préfet de la Marne a assigné à résidence M. B C pour une durée de quarante-cinq jours dans le département de la Marne. Par la présente requête, M. B C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
3. L'arrêté attaquée vise les textes dont il fait application, notamment les dispositions
et stipulations applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il mentionne l'arrêté du 4 janvier 2022 du préfet de la Marne faisant obligation au requérant de quitter le territoire français sans délai. L'arrêté comporte également
les considérations de fait qui en constituent le fondement. Par suite, cet arrêté est suffisamment motivé.
4. Aux termes des dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Les dispositions de l'article L. 732-8 du même
code ajoutent que : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. / Elle peut être renouvelée une fois, dans la même limite de durée. () ".
5. L'arrêté en litige portant assignation à résidence prévoit, à son article 2,
que M. B C devra se présenter une fois par jour entre 8h et 9h dans les locaux
du commissariat de police de Reims qu'il désigne et qu'il sera dispensé de s'y présenter
les dimanches et les jours fériés. En se bornant à faire état de la circonstance qu'il s'est inscrit
à l'université de Toulouse au titre de l'année universitaire 2022/2023 et que l'obligation
de pointage porte atteinte à son droit à l'instruction, sans apporter aucun élément prouvant
qu'il suit effectivement cette formation, le requérant n'invoque aucun élément de nature
à établir que les modalités de contrôle de l'assignation à résidence en litige lui imposeraient
des sujétions excessives au regard des buts en vue desquelles elles ont été édictées.
6. Selon l'article R. 733-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative prescrit à l'étranger la remise de son passeport ou de tout document d'identité ou de voyage en sa possession, en application de l'article L. 733-4, elle lui remet en échange un récépissé valant justification d'identité. La mention du délai accordé à l'étranger pour son départ est, le cas échéant, portée sur ce récépissé ".
7. M. B C ne peut utilement soutenir que le récépissé qui lui a été donné lors de la remise de son passeport ne comporterait pas la mention du délai consenti pour son départ en ce que, d'une part, la délivrance de ce récépissé est intervenue postérieurement à l'édiction de l'arrêté l'assignant à résidence et, d'autre part, le préfet de la Marne ne lui a pas accordé
de délai de départ volontaire.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 20 septembre 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction dont celles-ci sont assorties.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse
au conseil de M. B C la somme qu'il demande sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi
du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B C, au préfet de la Marne
et à Me Malblanc.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
P. CRISTILLE Le greffier,
Signé
A. PICOT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026