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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2202618

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2202618

mardi 15 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2202618
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantGABON

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée, sous le n° 2202618, le 9 novembre 2022,

M. A B, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 8 novembre 2022, par lequel le préfet de la Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois mois ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée été familiale " sous astreinte de cent euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Il soutient que :

- l'arrêté en litige a été signée par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- l'arrêté attaqué méconnait l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ; il n'a pas été entendu et n'a pas été mis en mesure de présenter des observations avec l'assistance d'un interprète dans une langue qu'il comprend ;

- il n'a pas reçu les informations prévues aux articles L. 613-4 et L. 613-5 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile et il n'a pas bénéficié de l'assistance d'un interprète dans une langue qu'il comprend ;

- il n'est pas établi qu'il aurait reçu notification, dans une langue qu'il comprend, de la décision de la cour nationale du droit d'asile statuant sur sa demande d'asile ;

- il peut prétendre à un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et ne pouvait, par suite, faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire ;

- l'arrêté attaqué ne tient pas compte de l'intérêt supérieur de ses enfants et méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ses enfants ne pouvant faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;

- l'arrêté en litige méconnait l'article 8 et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- il craint pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine.

II. Par une requête, enregistrée, sous le n° 2202619, le 9 novembre 2022,

M. A B, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 8 novembre 2022, par lequel le préfet de la Marne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Il soutient que :

- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- l'arrêt contesté méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;

- il n'a pas bénéficié de l'assistance d'un interprète dans une langue qu'il comprend ;

- l'arrêté en litige méconnait l'article R. 732-5 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il n'entre pas dans les cas prévus par l'article L. 731-1 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lesquels une décision d'assignation à résidence peut être prise.

- le préfet de la Marne a entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation en exigeant qu'il se présente tous les jours entre 08h00 et 09h00 au commissariat.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Torrente, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Torrente, magistrat désigné,

- et les observations de M. B qui indique renoncer au bénéfice d'un interprète et reprend à l'oral les conclusions et moyens contenus dans ses écritures.

Le préfet n'étant ni présent ni représenté, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant géorgien né le 12 septembre 1989, déclare être entré sur le territoire français le 4 décembre 2018 et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile. Par une décision du 29 mars 2019, confirmée par une ordonnance du 30 juillet 2019 de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté cette demande. Par un arrêté du 25 février 2020, un premier arrêté portant obligation de quitter le territoire français a été édicté par le préfet de la Marne à l'encontre de l'intéressé. Par un jugement N°s 2000443 et 2000444 du 2 mars 2020, le magistrat désigné du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a prononcé l'annulation de cet arrêté. Par une décision du 5 août 2020, confirmée par une décision du 14 décembre 2020 de la CNDA, l'OFPRA a rejeté la demande de réexamen de M. B comme irrecevable. Par un arrêté du 18 mars 2021, confirmé par un jugement Nos 2100755 et 2100757 du 29 avril 2021, le préfet de la Marne a pris une nouvelle mesure d'éloignement à l'encontre de l'intéressé à laquelle il n'a pas déféré. M. B, qui a été pris en charge par les services de police de Châlons-en-Champagne le 7 novembre 2022 en vue d'examiner son droit à séjourner sur le territoire français, demande l'annulation des arrêtés du 8 novembre 2022 par lesquels le préfet de la Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois mois et l'a assigné à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours.

2. Les requêtes enregistrées sous les nos 2202618 et 2202619 sont relatives à la situation d'un même requérant, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard aux circonstances de l'espèce et à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les demandes du requérant, il y a lieu de lui accorder à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire :

4. Le préfet de la Marne a, par un arrêté du 30 août 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, donné à M. Emile Soumbo, secrétaire général de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, délégation à effet de signer toute décision relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Marne, à l'exception de certaines mesures restrictivement énumérées, dont ne font pas partie les décisions en litige. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit dès lors être écarté.

5. L'arrêté attaqué comporte les éléments de droit et de faits sur lesquels il repose et est, par suite, suffisamment motivé. En outre, il ressort des pièces du dossier que le préfet a procédé à un examen particulier de sa situation.

6. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".

7. Le requérant ne saurait utilement se prévaloir de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors que l'acte attaqué n'entre pas dans les prévisions des dispositions de l'article 51 de la charte.

8. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été convoqué le 7 novembre 2020 par les services de police de Châlons-en-Champagne et entendu le lendemain, en présence d'un interprète, en vue d'examiner son droit à séjourner sur le territoire français. Dès lors, il lui appartenait de fournir à cette occasion à l'administration tout élément utile relatif à sa situation de nature à faire obstacle à une mesure d'éloignement. Il n'établit pas avoir présenté de tels éléments. Il résulte d'ailleurs des termes de l'arrêté attaqué que l'intéressé a déclaré explicitement lors de son audition ne pas vouloir se conformer à la mesure d'éloignement qui lui serait notifié. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.

10. Les conditions de notification d'une décision administrative sont par elles-mêmes sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 613-3, L. 613-4 et L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui sont relatifs aux conditions de notification d'une mesure portant obligation de quitter le territoire français ou d'interdiction de retour ne peut être utilement invoqué.

11. Aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui demande l'asile a le droit de séjourner sur le territoire national à ce titre jusqu'à ce que la décision rejetant sa demande lui ait été notifiée régulièrement par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, si un recours a été formé devant elle, par la Cour nationale du droit d'asile et que, en l'absence d'une telle notification, l'autorité administrative ne peut regarder l'étranger à qui l'asile a été refusé comme ne bénéficiant plus de son droit provisoire au séjour ou comme se maintenant irrégulièrement sur le territoire. Selon l'article R. 532-54 de ce code, " Le secrétaire général de la Cour nationale du droit d'asile notifie la décision de la cour au requérant par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et l'informe dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend du caractère positif ou négatif de la décision prise. Il la notifie également au directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides ". Aux termes de l'article R. 532-57 du même code, " La date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui figure dans le système d'information de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire ".

12. Le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir que la décision de rejet par la CNDA de son recours dirigé contre le refus opposé à sa demande d'asile par l'OFPRA lui aurait été irrégulièrement notifiée, et n'est ainsi pas fondé à soutenir qu'il pourrait de ce fait se maintenir sur le territoire français.

13. M. B soutient qu'il réside en France depuis 2018 avec sa compagne et leurs trois enfants mineurs dont deux sont scolarisés. Il se prévaut également de la présence sur le territoire français de son frère et de l'épouse de ce dernier qui sont tous les deux en situation régulière. Toutefois, la présence en France du requérant et de sa famille est récente. Sa compagne, également en situation irrégulière, disposant de la même nationalité que lui, ils ont la possibilité d'emmener leurs enfants avec eux en Géorgie, pays où il n'est pas allégué qu'ils ne pourraient poursuivre leur scolarité, où l'intéressé a vécu jusqu'à l'âge de 29 ans et où il ne conteste pas disposer d'attaches familiales. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris et méconnaîtrait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ni qu'elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

14. Lorsque la loi prescrit qu'un ressortissant étranger doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Toutefois, d'une part, compte tenu de ce qui est dit au point précédent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que sa situation lui permet de prétendre à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de plein droit, mais laissent à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. Le législateur n'a ainsi pas entendu imposer au préfet d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article. Il en résulte que M. B ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, alors qu'il n'avait pas présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de cet article et que le préfet de la Marne n'a pas procédé à un examen d'un éventuel droit au séjour à ce titre.

15. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / 1° L'étranger mineur de dix-huit ans ; 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; () ". Contrairement à ce que soutient le requérant, ces dispositions ne font pas obstacle à ce que les enfants mineurs de M. B, dont la situation administrative dépend du droit au séjour de leurs parents, soient éloignés avec eux dans la mesure où, ainsi qu'il a été dit au point 13, rien ne s'oppose à la reconstitution de la cellule familiale en Géorgie. Par suite, l'arrêté en litige ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article L. 611-3.

16. M. B n'établit pas l'existence d'une menace pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit par suite, être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions susvisées de la requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté d'assignation à résidence :

19. Les moyens relatifs à la compétence de l'auteur de l'acte, à son insuffisante motivation, à la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne et tenant l'assistance d'un interprète, doivent être rejetées par les mêmes motifs que ceux retenus précédemment.

20. Si les dispositions de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient la remise à l'étranger auquel est notifiée une assignation à résidence lors de sa première présentation aux services de police ou de gendarmerie d'un formulaire l'informant de ses droits, cette obligation, à supposer qu'elle ait été méconnue, est postérieure à l'intervention de la décision attaquée, et, par suite, sans influence sur sa légalité.

21. La circonstance qu'un recours suspensif est pendant contre l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. B, ne fait pas obstacle à ce que le préfet assigne à résidence, sur le fondement des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, l'étranger qui en fait l'objet.

22. L'arrêté en litige fait l'obligation au requérant de se présenter tous les jours

entre 8 heures et 9 heures au commissariat de police de Châlons-en-Champagne excepté les dimanches et jours fériés. La seule allégation que les enfants de l'intéressé seraient scolarisée ne saurait suffire à démontrer que cette obligation porterait à sa liberté d'aller et venir une atteinte excessive au regard des buts en vue desquels elle a été adoptée.

23. Il résulte ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence doivent être rejetées.

24. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les requêtes de M. B sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Marne

et à Me Gabon.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

V. TORRENTELe greffier,

Signé

E. MOREUL

Nos 2202618 et 2202619

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