vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| Section | Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne |
| N° Dossier | TA51-2300088 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique - Eloignement |
| Avocat requérant | SELARL MAINNEVRET-MALBLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 janvier 2023, M. B C, représenté par Me Malblanc, demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 6 janvier 2023 par lequel la préfète du Bas-Rhin a prononcé son transfert aux autorités croates.
Il soutient que :
- il a été maltraité par les autorités croates ;
- il préfère rester en France où réside légalement son frère.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Torrente, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 572-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Torrente, magistrat désigné,
- les observations présentées pour M. C, par Me Malblanc, qui reprend à l'oral les moyens et conclusions contenus dans la requête, ajoute que la décision de transfert est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, que le préfet n'a pas procédé à un examen complet de la situation de M. C et que cette décision méconnaît les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) 604/2013 du 26 juin 2013 et demande en outre l'annulation de l'arrêté du 6 janvier 2023 par lequel la préfète du bas-Rhin l'a assigné à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours, lequel fixe des obligations de pointage quotidien disproportionnées,
- et les observations présentées par M. C qui, après avoir renoncé à être assisté par un interprète en langue kirundi, expriment ses craintes en cas de retour en Croatie où il n'avait pas l'intention de déposer une demande d'asile et où il a subi des violences de la part des forces de police, lesquelles l'ont enfermé, battu et ont refusé de le nourrir et de lui donner à boire ; il ajoute que son frère réside avec sa femme et ses enfants à A en France sous couvert d'un titre de séjour et l'héberge.
La préfète n'étant ni présente, ni représentée, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant burundais né le 26 février 1995, est entré en France afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. La consultation des données du fichier Eurodac lors de l'instruction de cette demande a révélé que l'intéressé avait sollicité l'asile auprès des autorités croates préalablement au dépôt de sa demande d'asile en France. Ces autorités, saisies d'une demande de reprise en charge, le 13 décembre 2022, ont donné leur accord explicite le 27 décembre suivant. Par des arrêtés du 6 janvier 2023, dont M. C demande l'annulation, la préfète du Bas-Rhin a prononcé son transfert aux autorités croates et l'a assigné à résidence dans le département de la Marne pour une durée de 45 jours.
Sur la décision de transfert :
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de la motivation de cet arrêté, que la préfète du Bas-Rhin n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. C, au vu de l'ensemble des éléments de sa situation portés à la connaissance de l'administration.
3. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Selon l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ". Il résulte de ces dispositions que si le préfet peut refuser l'admission au séjour d'un demandeur d'asile au motif que la responsabilité de l'examen de cette demande relève de la compétence d'un autre Etat membre, il n'est pas tenu de le faire et peut autoriser une telle admission au séjour en vue de permettre l'examen d'une demande d'asile présentée en France.
4. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article 3 du règlement (UE) n° 604-2013 du 26 juin 2013 : " 2. () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable. () ".
5. La Croatie est un Etat membre de l'Union Européenne et partie tant à la convention relative au statut des réfugiés qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet Etat membre est conforme aux exigences de ces deux conventions. Cette présomption est toutefois réfragable lorsqu'il y a lieu de craindre qu'il existe des défaillances systémiques de la procédure d'asile et des conditions d'accueil des demandeurs d'asile dans l'Etat membre responsable, impliquant un traitement inhumain ou dégradant. Il appartient à l'administration d'apprécier dans chaque cas, au vu des pièces qui lui sont soumises et sous le contrôle du juge, si les conditions dans lesquelles un dossier particulier est traité par les autorités croates répondent à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile.
6. Si M. C soutient avoir fait l'objet de violence de la part des autorités croates lors de son séjour dans ce pays, il ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. Il ne démontre pas davantage l'existence d'un motif humanitaire faisant obstacle à son transfert en Croatie en se prévalant de la présence en France de son frère qui l'hébergerait. Dans ces conditions, la préfète du Bas-Rhin n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de la faculté prévue par les dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 précitées et n'a pas davantage méconnu les dispositions du 2 de l'article 3 du même règlement ni les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur l'assignation à résidence :
7. La décision d'assignation à résidence prise à l'encontre de M. C lui interdit seulement de quitter le département de la Marne pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois, et lui prescrit de se présenter tous les jours de la semaine, y compris les jours fériés, excepté les dimanches au commissariat de A, entre 9 heures et 10 heures. L'intéressé, célibataire, sans enfant à charge, ne fait valoir aucune circonstance qui serait de nature à l'empêcher de respecter ces obligations. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée serait disproportionnée par rapport au but poursuivi. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Sa requête doit, ainsi, être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Bas-Rhin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
V. TORRENTELa greffière,
Signé
S. VICENTE
LA REPUBLIQUE MANDE ET ORDONNE
A la Préfète du Bas-Rhin
EN CE QUI LE CONCERNE ET A TOUS COMMISSAIRES DE JUSTICE
A CE QUE REQUIS EN CE QUI CONCERNE LES VOIES DE DROIT
COMMUN CONTRE LES PARTIES PRIVEES DE POURVOIR A
L'EXECUTION DE LA PRESENTE DECISION
POUR EXPEDITION
Le Greffier
Signé
S. VICENTE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026