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AccueilJurisprudence administrativeN° TA51-2301258

Tribunal Administratif de Châlons-en-Champagne — Décision N° TA51-2301258

mardi 20 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
SectionTribunal Administratif de Châlons-en-Champagne
N° DossierTA51-2301258
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique - Eloignement
Avocat requérantOPYRCHAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 juin 2023 et le 19 juin 2023, M. D A, représenté par Me Opyrchal, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2023 par lequel la préfète de la région Grand-Est a décidé de sa remise aux autorités polonaises en vue de l'examen de sa demande d'asile ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la région Grand-Est de l'admettre au séjour en vue de demander l'asile ;

2°) de mettre à la charge de C une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- il n'a pas reçu l'information prévue par l'article 4 du règlement 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- il ne s'est pas vu remettre l'attestation de demandeur d'asile prévue à l'article L. 521-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la Pologne n'est pas C membre responsable de sa demande d'asile en application de l'article 13 du règlement du 26 juin 2013 ;

- il n'a pas bénéficié de l'entretien individuel prévu à l'article 5 de ce règlement ;

- les autorités allemandes et polonaises n'ont pas été régulièrement saisies d'une demande de reprise en charge et n'ont a fortiori pas donné leur accord ;

- le préfet s'est estimé en situation de compétence liée et n'a pas procédé à un examen des conséquences de sa décision de transfert vers les autorités polonaises, en méconnaissance de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2023, la préfète de la région Grand Est conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Castellani, première conseillère,

- et les observations de M. A, assisté de M. E, interprète en langue arabe, qui persiste dans ses conclusions et moyens et soutient en outre que les autorités néerlandaises ont refusé de lui octroyer l'asile.

M. A a présenté des pièces en délibéré, enregistrées le 20 juin 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant égyptien, a sollicité le 5 avril 2023 la reconnaissance de son statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire. La consultation du fichier Eurodac ayant révélé que l'intéressé avait préalablement sollicité l'asile auprès des autorités allemandes et des autorités polonaises, la préfète de la région Grand Est a saisi ces deux Etats d'une demande de reprise en charge. Les autorités polonaises y ayant répondu favorablement par une décision du 20 avril 2023, la préfète de la région Grand Est a alors décidé du transfert de M. A vers cet C, par un arrêté du 23 mai 2023, dont ce dernier demande l'annulation.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, par un arrêté du 6 avril 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, la préfète de la région Grand Est a donné délégation à M. B H, directeur des migrations et de l'intégration, à effet de signer tous actes relevant des attributions de sa direction, et subdélégation à Mme F G, cheffe du pôle régional Dublin et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer notamment les arrêtés de transfert. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit dès lors être écarté.

5. En deuxième lieu, en vertu du paragraphe 1 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de C membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, lorsqu'une telle demande est présentée, un seul C, parmi ceux auxquels s'applique ce règlement, est responsable de son examen. Cet C, dit C membre responsable, est déterminé en faisant application des critères énoncés aux articles 7 à 15 du chapitre III du règlement ou, lorsqu'aucun C membre ne peut être désigné sur la base de ces critères, du premier alinéa du paragraphe 2 de l'article 3 de son chapitre II. Si C membre responsable est différent de C membre dans lequel se trouve le demandeur, ce dernier peut être transféré vers cet C, qui a vocation à le prendre en charge. Lorsqu'une personne a antérieurement présenté une demande d'asile sur le territoire d'un autre C membre, elle peut être transférée vers cet C, à qui il incombe de la reprendre en charge, sur le fondement des b), c) et d) du paragraphe 1 de l'article 18 du chapitre V et du paragraphe 5 de l'article 20 du chapitre VI de ce même règlement.

6. En application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre C membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

7. Pour l'application de ces dispositions, et s'agissant d'un étranger ayant, dans les conditions posées par le règlement, présenté une demande d'asile dans un autre C membre et devant, en conséquence, faire l'objet d'une reprise en charge par cet C, doit être regardée comme suffisamment motivée la décision de transfert à fin de reprise en charge qui, après avoir visé le règlement, relève que le demandeur a antérieurement présenté une demande dans C en cause, une telle motivation faisant apparaître qu'il est fait application du b), c) ou d) du paragraphe 1 de l'article 18 ou du paragraphe 5 de l'article 20 du règlement.

8. Il ressort de l'arrêté attaqué que celui-ci indique que M. A a précédemment déposé une demande d'asile en Pologne et en Allemagne et que, interrogées en vue de sa reprise en charge, les autorités allemandes l'ont refusée en date du 18 avril 2023, tandis que les autorités polonaises ont accepté son transfert en date du 20 avril 2023, de sorte que, alors qu'aucune cause de cessation de responsabilité de cet C membre dans l'examen de sa demande d'asile n'est établie en application de l'article 19 du règlement du 26 juin 2013 et que le requérant n'est pas dans l'impossibilité, notamment eu égard à son état de santé ou à ses attaches familiales, de retourner en Pologne, sa remise aux autorités de cet C doit être ordonnée en application de l'article 18-1, c) du règlement du 26 juin 2013.

9. L'arrêté attaqué est dès lors suffisamment motivé, et cette motivation révèle que, contrairement à ce que soutient M. A, il a été procédé à un examen de la situation de M. A, sans que le préfet se sente en situation de compétence liée pour décider de sa remise aux autorités polonaises.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de C membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre () b) des critères de détermination de l'État membre responsable () c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 () d) de la possibilité de contester une décision de transfert () e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant () 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. (). ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tous les cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

11. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu remettre le 5 avril 2023, comme en atteste sa signature datée sur les pages de garde de ces documents, la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - Qu'est-ce que cela signifie ' ", toutes deux en langue arabe, qu'il comprend. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 doit dès lors être écarté.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de C membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride : " Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () . 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. ".

13. Il ressort des pièces du dossier que M. A a bénéficié d'un entretien individuel le 5 avril 2023, qui a été mené dans les locaux de la préfecture de l'Essonne Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 ne peut par suite qu'être écarté.

14. En cinquième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 5 du présent jugement, C membre auprès duquel une demande d'asile a été antérieurement présentée est tenu de reprendre en charge le demandeur, sur le fondement des b), c) et d) du paragraphe 1 de l'article 18 du chapitre V et du paragraphe 5 de l'article 20 du chapitre VI de ce même règlement.

15. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement aux allégations de M. A au soutien desquelles il ne présente aucun document, C membre auprès duquel il a en premier lieu sollicité l'asile est la Pologne, à laquelle il incombe de le reprendre en charge.

16. En sixième lieu, pour pouvoir procéder au transfert d'un demandeur d'asile vers un autre C membre en mettant en œuvre le 1 de l'article 26 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, et en l'absence de dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile organisant une procédure différente, l'autorité administrative doit obtenir l'accord de C responsable de l'examen de la demande d'asile avant de pouvoir prendre une décision de transfert du demandeur d'asile vers cet C. Une telle décision de transfert ne peut donc être prise, et a fortiori être notifiée à l'intéressé, qu'après l'acceptation de la prise en charge par C requis.

17. Il ressort des pièces du dossier que M. A a introduit une demande d'asile auprès des autorités allemandes en date du 7 mars 2023 et avait préalablement introduit, en date du 4 janvier 2023, une demande d'asile auprès des autorités polonaises. Ces dernières autorités, qui sont, ainsi qu'il résulte du point 14 du présent jugement, tenues, en application de l'article 18 du règlement du 604/2013 26 juin 2013, tenues de le reprendre en charge, ont donné leur accord le 20 avril 2023.

18. En septième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 2. () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. () ". L'article 17 du même règlement dispose : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

19. D'autre part, les dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, régissant la détermination de C membre responsable de l'examen d'une demande d'asile et le transfert des demandeurs, doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un C autre que la France, que cet C a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet C membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.

20. A supposer que M. A entende soutenir que sa remise aux autorités polonaises méconnaîtrait les stipulations et dispositions précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, et des articles 3 et 17 du règlement 604/2013 du 26 juin 2013, il ne fait valoir aucune crainte quant au défaut de protection dans cet C membre, de sorte que son moyen ne peut qu'être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation du requérant, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

23. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Opyrchal et à la préfète de la région Grand Est.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.

La magistrate désignée,

Signé

A.-C. CASTELLANI

La greffière,

Signé

S. VICENTE

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